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Tribune

Nous devons lutter ensemble contre le terrorisme

Nous devons lutter ensemble contre le terrorisme

Josep Borrell, haut représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité. Yves Herman/Pool/AFP

Il n’existe aucune justification à des exécutions cruelles telles que celles qui ont eu lieu récemment en France et en Autriche. Cette fois, c’était en Europe. À de nombreuses autres occasions, les citoyens d’autres régions du monde étaient visés. Tous les dirigeants à travers les continents et les régions doivent continuer à unir leurs forces pour lutter contre le discours de haine et contre le terrorisme.

Les récents attentats terroristes perpétrés en Europe visaient les fondements de nos sociétés. Ce n’est pas la première fois que les terroristes ont cherché à déchirer des sociétés. Comme par le passé, nous voulons unir nos forces avec tous nos partenaires pour lutter contre cette menace avec unité et détermination. La liberté d’expression est un pilier de nos valeurs, nous la protégerons et la respecterons, tout en réfutant les discours de haine et l’incitation à la violence.

La place et le rôle de la religion peuvent varier d’une région du monde à une autre et nous devons être attentifs là où les gens se sentent blessés. Mais quiconque apprécie et protège la vie humaine est d’accord sur le fait que le meurtre ne peut jamais être justifié, quelle que soit la gravité de l’offense ou du désaccord avec autrui.

Au lendemain des attentats, de nombreuses discussions ont eu lieu sur les origines de cette violence inouïe et il est nécessaire d’identifier avec précision le type de terrorisme auquel nous sommes confrontés. Les auteurs et les défenseurs de ces actes prétendent qu’ils ont été commis au nom de la religion et, de fait, celle-ci leur est souvent associée. Toutefois, cette identification est visiblement erronée : de tels attentats ne reflètent que l’extrémisme violent de quelques radicaux qui cherchent de fausses justifications à leur folie en matière de religion.

Nous vivons dans un monde où l’identité est souvent utilisée à des fins politiques pour créer des antagonismes entre groupes et communautés, y compris au sein des sociétés musulmanes. Comme on le sait, la majorité des victimes du terrorisme sont musulmanes, tuées par des terroristes odieux qui violent les principes mêmes de la religion à laquelle ils prétendent appartenir, alors qu’ils servent en réalité une idéologie politique nihiliste. Nous devons continuer à promouvoir des sociétés inclusives, exemptes de discrimination et de stéréotypes, de haine et de stigmatisation fondés sur la religion et la croyance.

Cela a été clairement exprimé par les nombreux gouvernements, responsables politiques et religieux qui, de vive voix, ont condamné ces attentats terroristes meurtriers, tout en soulignant l’importance de la coexistence pacifique.

Au cours des siècles écoulés, l’Europe a vécu des guerres religieuses et a énormément souffert de différentes formes d’extrémisme violent. Aujourd’hui, l’UE protège et continuera de protéger toutes les religions ainsi que la liberté de chacun de croire et de pratiquer sa foi, ou de choisir de ne pas le faire. Nous défendons cela pour les musulmans, pour les croyants d’autres confessions et pour les athées.

Les récents attentats ne sont pas nécessairement le fait de réseaux terroristes très organisés, comme ce fut le cas par le passé. Avec la coopération de tous les pays, en particulier du monde musulman, la lutte contre el-Qaëda ou Daech a considérablement progressé. La vague terroriste actuelle en Europe semble être davantage le fait d’individus qui se sont radicalisés en ligne.

Beaucoup d’informations erronées ont été diffusées dans le monde entier sur la situation de l’islam et des musulmans en Europe. Certains groupes ont mené des campagnes sur les médias sociaux, en particulier contre la France et ses dirigeants, appelant au boycott des produits français. Certains ont même appelé à ou exprimé leur compréhension de la violence et du meurtre.

Cela est inacceptable. Comme l’ont exprimé de nombreuses voix dans le monde, cela ne fait qu’exacerber la violence et la haine, en Europe et dans le monde. La forte résistance à cette instrumentalisation reflète encore une fois cette volonté de travailler ensemble.

Soyons très clairs : le conflit n’est pas entre l’islam, une foi partagée également par des millions de citoyens européens, et les autres croyances. Il ne s’agit pas d’un « choc des civilisations », mais d’un conflit entre civilisation et barbarisme, entre le respect de la vie et le terrorisme nihiliste.

Pour relever les défis meurtriers que constituent le terrorisme, l’extrémisme violent et le discours de la haine, nous ne pouvons réussir seuls. Nous devons travailler main dans la main avec nos partenaires dans le monde entier. Partout.

Nous avons besoin d’un sentiment de responsabilité partagée pour lutter contre la haine et la terreur. C’est là un combat que nous devons gagner ensemble, car nous en sommes tous victimes.

Haut représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité


Il n’existe aucune justification à des exécutions cruelles telles que celles qui ont eu lieu récemment en France et en Autriche. Cette fois, c’était en Europe. À de nombreuses autres occasions, les citoyens d’autres régions du monde étaient visés. Tous les dirigeants à travers les continents et les régions doivent continuer à unir leurs forces pour lutter contre le discours...

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