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Nos Lecteurs ont la Parole

Revenez fêter Noël avec nous !

Dans un mois, c’est Noël. Dire que c’est la joie, c’est vous mentir et nous mentir. Dire que nous nous préparons à le célébrer gaiement, c’est encore vous mentir, la fatigue et la lassitude nous empêchant de le faire. Car, depuis un an, au Liban, nous ne vivons plus. Nous survivons. Entre joie et déception, rêve et désillusion, colère et humiliation, et cerise sur le gâteau, ce 4 août qui a emporté notre dernier souffle.

Nous sommes des morts-vivants portés par une rage qui ne nous quitte plus. Et, pourtant, le lendemain de cet horrible moment, nous avons pansé nos plaies, retroussé nos manches, fait taire notre colère, et nous avons nettoyé, déblayé, reconstruit, encore et toujours. Et, depuis, nous luttons, pour les autres. Nous luttons pour ceux qui ont tout perdu, nous luttons pour ceux qui pleurent leurs morts, ceux qui ne comprennent pas, ceux qui n’arrivent plus à se relever, ceux qui meurent de faim ! Nous luttons pour les aider, les consoler, soulager leur tristesse et leur peine.

Nous luttons pour rebooster l’économie, empêcher l’agonie de ces petits commerces, redonner espoir à nos artistes, à nos jeunes, désespérés face à leur avenir. Mais, aujourd’hui, nous sommes épuisés de lutter. Nous sommes fatigués d’être ce peuple résilient, fort, qui lutte, rit, se relève et poursuit. Et surtout nous sommes enragés, car rien n’a changé, tout a continué, comme avant, pire qu’avant, comme si le 17 octobre n’avait jamais eu lieu, comme si ce 4 août n’avait jamais existé. Et nous devons célébrer Noël ! Alors aujourd’hui, pour nous, pour ceux qui luttent et continuent de croire, pour ceux qui ont refusé de baisser les bras malgré leur lassitude, pour ces jeunes qui continuent de bâtir et de rêver, revenez au Liban fêter Noël avec nous. Revenez nous insuffler un brin de courage et de force. Revenez nous soutenir et nous encourager (vous l’avez fait même de loin, et nous ne l’oublierons jamais), revenez faire revivre l’économie et relancer ces petits commerces qui agonisent.

Revenez semer un peu de joie, même si le cœur n’y est pas, même si la ville ne brille pas de mille feux, même si la joie n’est pas au rendez-vous. Faites-le pour ces jeunes. Faites-le pour vos proches qui se languissent de vous. Faites-le pour nous, qui continuerons à aller de l’avant. Faites-le surtout pour ce pays, que vous portez dans votre cœur même de loin. Ne nous laissez pas tomber ! Revenez fêter Noël avec nous ! Nous avons besoin de vous !

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


Dans un mois, c’est Noël. Dire que c’est la joie, c’est vous mentir et nous mentir. Dire que nous nous préparons à le célébrer gaiement, c’est encore vous mentir, la fatigue et la lassitude nous empêchant de le faire. Car, depuis un an, au Liban, nous ne vivons plus. Nous survivons. Entre joie et déception, rêve et désillusion, colère et humiliation, et cerise sur le...

commentaires (1)

""Faites-le surtout pour ce pays, que vous portez dans votre cœur même de loin"". C’est très touchant. Laissons un peu les longs sanglots, et revenons sur terre. Le cœur n’est plus à la fête, même pour le temps de Noël. Vous avez raison de ne parler ici d’ETAT, comme dans l’autre texte ""Je défie…"", mais comment faire appel à la générosité des émigrés ou autres pour subvenir aux besoins de la population, quand la confiance n’est pas restaurée même pour ""faire revivre l’économie et relancer ces petits commerces"". Aider, voilà le maître mot, ou plutôt s’entraider, mais quand on est par terre depuis un demi-siècle attendant le salut d’ailleurs. C’est sûr, nous portons le Liban dans notre cœur même de loin, car il est de ces pays qu’on ne quitte pas. Et cet ""horrible moment"" est pour moi une éternité.

L'ARCHIPEL LIBANAIS

02 h 00, le 17 novembre 2020

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Commentaires (1)

  • ""Faites-le surtout pour ce pays, que vous portez dans votre cœur même de loin"". C’est très touchant. Laissons un peu les longs sanglots, et revenons sur terre. Le cœur n’est plus à la fête, même pour le temps de Noël. Vous avez raison de ne parler ici d’ETAT, comme dans l’autre texte ""Je défie…"", mais comment faire appel à la générosité des émigrés ou autres pour subvenir aux besoins de la population, quand la confiance n’est pas restaurée même pour ""faire revivre l’économie et relancer ces petits commerces"". Aider, voilà le maître mot, ou plutôt s’entraider, mais quand on est par terre depuis un demi-siècle attendant le salut d’ailleurs. C’est sûr, nous portons le Liban dans notre cœur même de loin, car il est de ces pays qu’on ne quitte pas. Et cet ""horrible moment"" est pour moi une éternité.

    L'ARCHIPEL LIBANAIS

    02 h 00, le 17 novembre 2020