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Société - Crise économique et financière

Pour la "Journée de la colère", les travailleurs libanais mobilisés dans tout le pays

Le patron de la CGTL appelle à "un changement rapide de gouvernement afin que le nouveau cabinet puisse résoudre la crise économique".

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Une entrée de Baalbeck bloquée par des minibus, lors de la "Journée de la colère" contre la crise et toute levée des subventions au Liban, le 14 octobre 2020. Photo ANI

Des centaines de travailleurs, notamment de nombreux conducteurs de transports en commun et camionneurs, ont répondu présent mercredi matin à l'appel au débrayage lancé par la Confédération générale des travailleurs au Liban (CGTL) afin de protester contre les répercussions de la crise économique et financière et de rejeter toute levée des subventions sur les produits de première nécessité, particulièrement le carburant. Afin de marquer leur colère, les contestataires ont bloqué une série d'axes routiers à travers le pays au moyen de véhicules et organisé plusieurs sit-in devant des lieux considérés comme stratégiques. 

Cette "journée de la colère" avait été annoncée alors que Liban s'enfonce depuis un an dans une grave crise socio-économique et que la monnaie nationale continue de s'effondrer. Dans ce contexte, la Banque centrale a commencé, peu après le début de la crise il y a plus d’un an, à subventionner une série de biens de première nécessité. Mais l'on craint une fin proche de ces subventions alors que les réserves de la BDL s'amenuisent, ce qui suscite la panique au sein de la population.

"Nous rejetons toute politique visant à affamer les gens et à supprimer les subventions sur les biens essentiels, notamment le carburant, les médicaments et le blé", ont dans ce cadre lancé des protestataires rassemblés devant l'entrée du port de Tripoli (Nord). L'un d'entre eux a rejeté "toute abolition des droits les plus élémentaires des travailleurs".

Non loin, au niveau de l'hôtel Palma, des chauffeurs de transports en commun et camionneurs ont fermé les voies de l'autoroute reliant Tripoli à Beyrouth, dans les deux sens de la circulation. Le président de la CGTL, Béchara el-Asmar, présent sur les lieux, a déclaré qu'il était "inadmissible" que les autorités ne parviennent pas à mettre un terme à l'effondrement de la livre libanaise et du pouvoir d'achat. Il a appelé à "un changement rapide de gouvernement afin que le nouveau cabinet puisse résoudre la crise économique", mettant en garde contre toute levée des subventions qui risque de "multiplier exponentiellement les prix alors que les gens s'enfoncent dans la pauvreté et ne parviennent pas à se soigner ni à envoyer leurs enfants à l'école".

Lors d'un sit-in devant l'Aéroport international de Beyrouth, M. Asmar a encore déclaré que cette journée de débrayage avait pour objectif de "lancer un cri d'avertissement et de dire : ça suffit !" Il a en outre mis en garde contre les "mafias" de contrebande des médicaments et carburants. Ayant ensuite rejoint une manifestation organisée par les employés du port de Beyrouth, le syndicaliste a déclaré que la mobilisation de ce mercredi était "une première étape et qu'à l'issue de la journée, des mesures d'escalade seront décidées".

"Première étape"
A Beyrouth, la route était également coupée devant le siège de la BDL, dans le quartier de Hamra. Lors de ce rassemblement devant la BDL, le chef du syndicat des transporteurs terrestres, Bassam Tleiss, a déclaré que la responsabilité de la crise "incombe au gouvernement". La politique envisagée de levée des subventions "ne passera pas", a-t-il averti. Une manifestation a également été organisée quelques rues plus loin, devant l'hôpital de l'Université américaine de Beyrouth, qui avait licencié il y a plusieurs mois des centaines de membres de son personnel en raison de la crise.

Dans le Commerce du Levant

Entre la misère et l’effondrement financier : le dilemme de la levée des subventions

A Dora, des dizaines de taxis, bus et camions se sont rassemblés autour du rond-point de cet axe routier reliant la capitale au nord du pays, avant de démarrer en convoi en direction de la Banque du Liban.
Dans la Békaa, à Baalbeck, des chauffeurs de minibus ont fermé l'entrée-sud de la ville dans un "sit-in d'avertissement". "Il s'agit d'une première étape de notre contestation, qui vise à exprimer les souffrances des citoyens", a lancé lors de ce mouvement un représentant du syndicat des conducteurs de transports publics. Un sit-in s'est également tenu devant la branche de la Banque du Liban à Baalbeck, selon notre correspondante dans la Békaa, Sarah Abdallah.
A Saïda (Sud), les contestataires se sont rassemblés dès le matin sur la place de l'Etoile, qui était bloquée à la circulation, avant qu'un convoi de taxis et de camions ne sillonne les rues de la ville, selon notre correspondant sur place Mountasser Abdallah. Les employés de l'hôpital gouvernemental de Saïda se sont joints à ce mouvement de contestation, afin de réclamer qu'une solution soit trouvée au non-paiement de leurs salaires et d'appeler à un meilleur soutien de l'Etat aux hôpitaux publics. Des revendications similaires ont été exprimées lors de sit-in des employés des hôpitaux gouvernementaux de Nabatiyé et Baabda. 

A Zahrani (Sud), les employés et ouvriers des installations pétrolières ont organisé, eux aussi, un sit-in devant l'infrastructure. Un représentant de ces employés a appelé les responsables politiques à "se tenir aux côtés de gens contre les velléités de la BDL de lever les subventions, qui risque de provoquer une catastrophe comme on n'en a jamais vu avant au Liban".

Plusieurs autres grands axes ont en outre été fermés à la circulation, notamment la route principale de Chtaura et le rond-point de Manara à Zahlé (Békaa), le rond-point d'el-Bass-Tyr (Sud), le rond-point de Aley et une voie de l'autoroute de Sarba dans le Kesrouan, selon le Centre de contrôle du trafic routier.


Des centaines de travailleurs, notamment de nombreux conducteurs de transports en commun et camionneurs, ont répondu présent mercredi matin à l'appel au débrayage lancé par la Confédération générale des travailleurs au Liban (CGTL) afin de protester contre les répercussions de la crise économique et financière et de rejeter toute levée des subventions sur les produits de première...

commentaires (3)

Suite à l'observation des récents événements, la seul solution pour tout nos problèmes dans ce pays serait que le pouvoir organise une réunion de tout les politiciens et décideurs de grande echelle de ce pays pour pallabrer une fois pour toute du devenir de notre pays... Oh! Et j'ai oublié, il faudra inclure un ou deux soudeurs qualifiés! You get the drift Hein!?

Wlek Sanferlou

13 h 47, le 14 octobre 2020

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Commentaires (3)

  • Suite à l'observation des récents événements, la seul solution pour tout nos problèmes dans ce pays serait que le pouvoir organise une réunion de tout les politiciens et décideurs de grande echelle de ce pays pour pallabrer une fois pour toute du devenir de notre pays... Oh! Et j'ai oublié, il faudra inclure un ou deux soudeurs qualifiés! You get the drift Hein!?

    Wlek Sanferlou

    13 h 47, le 14 octobre 2020

  • THAWRA ! S,ILS NE DEGAGENT PAS DE BONGRE IL FAUT LES DEGAGER DE MALGRE !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    13 h 13, le 14 octobre 2020

  • Nos dirigeant n'en ont que faire. Croyez vous que du jour au lendemain ils se découvrent des humains compatissants avec ce peuple? Ils sont sourds et le resteront tellement ils vivent confortablement dans un abris en verre insonore et empêchant toute vue sur ce qui se passe dehors. Ces gens là travaillent dur pour former un nouveau cabinet avec les mêmes têtes pourries pour sauver le Liban. Des comiques sans foi ni loi.

    Citoyen

    10 h 25, le 14 octobre 2020

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