« L’appel de la Turquie à la France : Rendez les œuvres que vous avez volées à Sainte-Sophie ! », titrait récemment le quotidien progouvernemental turc Sabah.
En cause, des faïences originaires des tombeaux des sultans Selim II, Murat III et de la bibliothèque de Mahmut Ier, qui se trouvaient dans le jardin de Sainte-Sophie, la basilique orthodoxe convertie en mosquée lors de la prise de la ville par les Ottomans en 1453, puis en musée par Atatürk en 1934, avant d’être reconvertie en mosquée par Erdogan en 2020.
Selon le quotidien turc, ces pièces, actuellement exposées au musée du Louvre, auraient été dérobées par un collectionneur français en 1880. Version contestée par les autorités françaises qui citent une acquisition légitime auprès de vendeurs d’art à Istanbul.
Les appels à la restitution de ces biens culturels vont être renouvelés par le ministère de la Culture et des Affaires étrangères turc dans le cadre de la présentation à l’Assemblée nationale française du texte de loi sur les restitutions de biens culturels au Bénin et au Sénégal.
Et si nous nous mettions à rêver d’une démarche similaire des autorités libanaises ?
Imaginons nos quotidiens titrer : « L’appel du Liban à la Turquie : Rendez-nous le sarcophage d’Alexandre le Grand que vous avez volé dans une nécropole près de Saïda ».
Cet ouvrage, très bien préservé et considéré parmi les œuvres les plus importantes exposées au musée archéologique d’Istanbul, est l’un des quatre sarcophages sculptés qui ont été découverts par Osman Hamdi Bey, archéologue turc et fondateur du musée d’Istanbul, au cours des fouilles menées en 1887 à Saïda.
Hamdi Bey est l’artisan d’une loi adoptée en 1884 sur la protection du patrimoine culturel (Asar-ı Atika Nizamnamesi) : tous les vestiges découverts sur le territoire de l’Empire ottoman, mis au jour lors de fouilles, doivent impérativement rejoindre les collections du musée archéologique.
Cette initiative libanaise serait tout aussi légitime que celle entreprise par les autorités turques et s’appuierait sur la même logique de restitution des biens culturels spoliés par les États colonisateurs, encouragée et accompagnée par un comité intergouvernemental de l’Unesco, sous l’égide de l’ONU.
Elle contribuerait aussi à rétablir la crédibilité d’un gouvernement libanais qui, une fois n’est pas coutume, se battrait pour une cause qui pourrait cimenter l’identité nationale libanaise : ramener au Liban ce sarcophage décoré de hauts-reliefs représentant deux scènes à forte portée symbolique.
La première, la scène de bataille, illustre les combats des Grecs contre les Perses et rend hommage à Alexandre le Grand, glorieux et victorieux à côté du roi Abdalonymos, dernier roi de Sidon. La seconde, la scène de chasse, représente la paix apportée par Alexandre : Alexandre et Abdalonymos chassent le lion avec leurs ennemis, les Perses.
Un symbole important, nous rappelant que grandeur et paix peuvent aussi faire bon ménage…
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la turquie devrait alors restituer au liban tout les sarcophage vole de tyr au 19 em siecle
06 h 51, le 07 octobre 2020