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Coronavirus au Liban

Six décès et 592 nouveaux cas de contamination

"Le nombre réel de contaminations est plus élevé" que les chiffres officiels, selon le docteur Firas Abiad, directeur de l'hôpital Rafic Hariri.

Six décès et 592 nouveaux cas de contamination

Des proches de détenus dans la prison de Roumieh portant des masques sanitaires lors d'un sit-in devant le Palais de Justice de Beyrouth, le 14 septembre 2020. AFP / ANWAR AMRO

Le Liban a enregistré six décès et 592 nouveaux cas de contamination au coronavirus au cours des dernières 24 heures, selon le bilan du ministère de la Santé publié mardi. Cette hausse quotidienne du nombre de patients atteints du Covid-19 fait grimper à 25.449 le nombre de cas cumulés depuis l’apparition de la pandémie dans le pays en février, dont 252 décès. Dans les détails, 125 cas on été détectés dans le caza du Metn, 63 à Baabda, 55 à Beyrouth, 47 à Tripoli et 34 dans le Chouf. Soixante-huit cas sont en cours d’investigation. Au total, 9.216 patients se sont rétablis, alors que 436 personnes sont encore hospitalisées, dont 115 en soins intensifs.

"Nombre réel plus élevé"
Dans ce contexte, le docteur Firas Abiad, directeur de l'hôpital Rafic Hariri de Beyrouth, en première ligne dans la lutte contre le coronavirus, a noté que "durant les derniers jours, la moyenne des tests de dépistage positifs parmi les locaux a augmenté. Elle était hier de 12,8%. Cela montre que le virus circule en société et que le nombre réel de contaminations est plus élevé" que les chiffres officiels.

Ces derniers jours, les proches de détenus de la prison de Roumieh, la plus grande du pays, se sont mobilisés pour réclamer une amnistie et la mise en place de mesures de protection au sein de l'établissement pénitencier dans lequel plusieurs cas ont été confirmés durant le week-end dernier. Cette annonce avait provoqué une série de réactions, alors que les établissements pénitentiaires du Liban souffrent de surpopulation carcérale. Plusieurs parties ont mis en garde contre les risques de "catastrophe" sanitaire et sociale.

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Dans les prisons, « la situation est toujours contrôlable, mais il faut agir vite »

"On savait que le coronavirus allait potentiellement entrer dans les prisons du Liban, mais il fallait se préparer et prendre les mesures adéquates", affirme à L'Orient-Le Jour Suzanne Jabbour, directrice exécutive de Restart (Centre pour la réhabilitation des victimes de torture et de violence) et vice-présidente du sous-comité pour la prévention de la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (SPT) des Nations Unies. "La situation est toujours contrôlable, mais il faut agir vite pour éviter qu’elle ne se dégrade", affirmait pour sa part Omar Nachabé, spécialiste des prisons au Liban et auteur de trois ouvrages sur cette question.

Les hôpitaux privés
Lundi, le ministre sortant de la Santé, Hamad Hassan, avait affirmé que le pays se préparait "en vue d'éviter le pire à l'automne", ajoutant que l'augmentation du nombre de cas de contaminations était "naturelle" et qu'elle était prévue après la réouverture du pays. Il avait à nouveau critiqué les hôpitaux privés dans leur gestion de la pandémie, alors que ces établissements sont sous forte pression, l'État leur devant plusieurs milliards de livres libanaises d'impayés. "Sept mois après l'arrivée de la pandémie au Liban, aucun montant dû aux hôpitaux privés sur le plan du coronavirus n'a été réglé", a pour sa part déploré mardi le Dr Abiad.

Il y a deux semaines, le gouvernement sortant avait décidé de rouvrir quasiment l'ensemble des secteurs du pays, alors même que les nouveaux cas et le nombre de décès s'envolent depuis plusieurs semaines. Interrogé par L'Orient-Le Jour, Salim Adib, professeur d’épidémiologie et de santé publique à l’Université américaine de Beyrouth, a estimé que "les bases scientifiques pour la fermeture et la réouverture du pays ne sont pas claires". Conformément à la décision du ministère de l'Intérieur, les boîtes de nuit, les cinémas et les théâtres, ainsi que les marchés en plein air, les jardins publics, les salles des fêtes, le Casino du Liban, les cybercafés et les salles de jeux électroniques ont pu rouvrir. Cependant, les piscines et les terrains de sport couverts, ainsi que les parcs d'attraction en intérieur restent fermés. Quant au couvre-feu, il s'étend désormais de 1h à 6h.

Le Liban a enregistré six décès et 592 nouveaux cas de contamination au coronavirus au cours des dernières 24 heures, selon le bilan du ministère de la Santé publié mardi. Cette hausse quotidienne du nombre de patients atteints du Covid-19 fait grimper à 25.449 le nombre de cas cumulés depuis l’apparition de la pandémie dans le pays en février,...

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