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Société - Fin D'études Scolaires

Après des semaines de polémique, le gouvernement annule les épreuves du bac libanais édition 2025-2026

Le baccalauréat libanais est remplacé par les notes du contrôle continu délivrées par les écoles.

Après des semaines de polémique, le gouvernement annule les épreuves du bac libanais édition 2025-2026

La ministre de l'Education Rima Karamé, en mai 2025 au ministère, à Beyrouth, lors d'une interview accordée à L'Orient-Le Jour. Photo Anne-Marie El-Hage/ L'Orient-Le Jour

Le Conseil des ministres a annulé jeudi les épreuves du baccalauréat libanais, dont les différentes sessions devaient initialement commencer les 29 juin, 27 juillet et 7 septembre 2026, sur fond d'incertitudes concernant le cessez-le-feu précaire en vigueur depuis le week-end dernier après plus de trois mois de guerre entre Israël et le Hezbollah au Liban-Sud. L'annulation des épreuves faisait, depuis plusieurs semaines, l'objet d'une polémique, certaines parties réclamant que les examens n'aient pas lieux arguant du manque de préparation des élèves en raison de la guerre et des conditions sécuritaires ne permettant pas un accès facile aux centres d'examen, tandis que la ministre de l’Education, Rima Karamé, campait sur son refus d'une annulation.

La décision a été annoncée en début d'après-midi par Mme Karamé, alors que se poursuivait le Conseil des ministres au palais présidentiel de Baabda, sous la présidence du chef de l’Etat, Joseph Aoun. « Le Conseil des ministres a annulé les épreuves d’examens du baccalauréat officiel général et technique pour l’année scolaire 2025-2026 », a déclaré la ministre, précisant que les notes du contrôle continu seront appliquées pour l’obtention d’une attestation de réussite des études secondaire.

Les épreuves du baccalauréat libanais, qui clôturent le parcours scolaire des élèves, permettent l’obtention d’un diplôme officiel libanais de fin d’études scolaires et l’entrée à l’université. Le brevet libanais avait déjà été annulé plus tôt par Rima Karamé, tandis que le baccalauréat français, organisé dans de nombreux établissements privés, avait été annulé au Liban et dans d'autres pays de la région par Paris et remplacé par le contrôle continu.

« Les élèves en paient le prix », déplore Karamé

Dans une conférence de presse, la ministre a estimé qu'il est « clair dans les circonstances exceptionnelles du pays que les instances sécuritaires et militaires ne peuvent garantir les examens officiels de manière sûre sur l’ensemble du territoire ». « Nous ne pouvions plus reporter davantage ni attendre encore plus, car les élèves, leurs parents et les universités ont besoin de clarté », a-t-elle souligné. Rima Karamé, qui paraissait visiblement contrariée par la décision du Conseil des ministres, a déploré que l’annulation des épreuves du bac ait pu être influencée par « la mobilisation populiste de certaines parties qui ont tourné le débat pédagogique en polémique politique, déclenchant une vague de sympathie » pour l’annulation des épreuves. « Les élèves en paient le prix », a-t-elle déploré, dans une critique acerbe contre ses détracteurs, notamment des membres de la Commission parlementaire de l’éducation. La ministre de l’Education a enfin rappelé que les « examens officiels sont le moyen le plus sûr d’évaluer les élèves dans des circonstances normales ».

Selon une source de l’éducation à L’Orient-Le Jour, « les notes du contrôle continu de l’année scolaire jusqu’au 1er mars 2026 seront prises en considération pour l’obtention de l’attestation de fin d’études scolaires, sachant que la moyenne requise pour réussir est de 9,5/20 ».

La décision du gouvernement intervient après plusieurs drames qui ont endeuillé des familles du Liban-sud. Parmi les plus récents, la mort de trois membres d’une même famille du village chrétien de Qlayaa (caza de Marjeyoun) le 2 juin dernier, par une frappe de drone israélien sur leur voiture. Théodossia, Tony et James Karam circulaient sur la route entre Nabatiyé et le pont de Khardali en direction de leur village de Qlayaa, au Liban-Sud. La jeune femme de 20 ans rentrait tout juste de la Faculté des Sciences à l’Université libanaise de Beyrouth où elle venait de passer ses examens de fin d’année.

Alors que se tenait le Conseil des ministres, des centaines d’étudiants manifestaient dans les rues pour réclamer l’annulation exceptionnelle des épreuves cette année.

A l’issue de la décision ministérielle, le député Edgard Traboulsi, membre de la Commission parlementaire de l’Education et du Courant patriotique libre, qui était l’un des fervents militants de l’annulation des épreuves, a estimé qu’il ne s’agit « pas d’une défaite de la ministre de l’Éducation, ni une défaite de l’éducation, ni du niveau du diplôme libanais, mais plutôt une défaite d’un projet de fragmentation du système éducatif, porté par une obstination sans précédent ». Il n'a pas manqué de critiquer la détermination de la ministre de l'Education à maintenir les épreuves, l'accusant d'avoir « ignoré les conseils des sages, les recommandations de la Commission parlementaire et les souffrances de la population ».

Le Conseil des ministres a annulé jeudi les épreuves du baccalauréat libanais, dont les différentes sessions devaient initialement commencer les 29 juin, 27 juillet et 7 septembre 2026, sur fond d'incertitudes concernant le cessez-le-feu précaire en vigueur depuis le week-end dernier après plus de trois mois de guerre entre Israël et le Hezbollah au Liban-Sud. L'annulation des épreuves faisait, depuis plusieurs semaines, l'objet d'une polémique, certaines parties réclamant que les examens n'aient pas lieux arguant du manque de préparation des élèves en raison de la guerre et des conditions sécuritaires ne permettant pas un accès facile aux centres d'examen, tandis que la ministre de l’Education, Rima Karamé, campait sur son refus d'une annulation. La décision a été annoncée en début...
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