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Société - Focus

Incendie dans un entrepôt des Télécoms à Dékouané : les spéculations vont bon train

Le fournisseur public Ogero appelle à s’abstenir de diffuser « des accusations non fondées » sur l'enquête en cours.

Incendie dans un entrepôt des Télécoms à Dékouané : les spéculations vont bon train

Les équipes de la Défense civile mobilisées sur le site de l'incendie d'un entrepôt du ministère des Télécommunications à Dékouané. Photo publiée le 24 juin 2026 par la Défense civile sur les réseaux sociaux

Les spéculations se multiplient sur l'origine de l’incendie qui s’est déclaré mardi après-midi dans un entrepôt du ministère des Télécommunications à Dékouané, dans la banlieue est de Beyrouth, où étaient notamment stockés des câbles appartenant à l’opérateur public Ogero. En visite sur les lieux mercredi matin, le ministre des Télécoms, Charles Hajj, a insisté sur « la nécessité de poursuivre les investigations afin de déterminer les causes de l’incendie et de prendre les mesures nécessaires ».

À l’entrée du site, deux soldats montent la garde. L’un d’eux estime qu’il est difficile de déterminer si un vol a eu lieu. « Tout a été détruit. Si il y a eu un vol, les preuves ont sans doute disparu », affirme-t-il à L'Orient-Le Jour. Non loin, un policier municipal dit attendre les résultats de l’enquête : « Personne ne sait exactement ce qu’il y avait dans l’entrepôt. C’est une zone fermée. » Dans un communiqué publié mercredi, Ogero a appelé à faire preuve de « la plus grande responsabilité » et à s’abstenir de diffuser « des conclusions, hypothèses ou accusations non fondées sur des données officielles ou sur les résultats des enquêtes en cours ».

Vol présumé de câbles de fibre optique utilisés par le Hezbollah pour ses drones d’attaque FPV qui ont récemment causé des pertes dans les rangs israéliens au Liban-Sud ; incendie volontaire destiné à détruire des équipements sensibles ; parallèle avec l’explosion au port de Beyrouth en 2020 : moins de 24 heures après l'incendie, les théories ont circulé, alors que les autorités n’ont encore communiqué aucun élément sur les causes du sinistre.

Contactée par L’OLJ, une source au sein du ministère des Télécommunications appelle à la prudence. « Il n’existe aucun fondement à ces spéculations. Nous devons attendre les conclusions de l’enquête menée par les parties concernées », affirme-t-elle. Un membre de la Défense civile, qui refuse de partager toute information relative à l’enquête en cours, invoque quant à lui la « sensibilité de l’affaire ».

« Ce que les gens disent »

Dans un café de Dékouané, un serveur dit ne pas avoir d’avis tranché sur les causes de l’incendie, mais rapporte avoir entendu une rumeur selon laquelle des individus liés au Hezbollah seraient entrés sur le site pour voler des câbles avant d’y mettre le feu afin d’effacer toute trace. « C’est ce que les gens disent. » Sur X, les internautes n'y vont pas par quatre chemins : si ce scénario s’avérait exact, il confirmerait l’existence d’un « État profond » lié au Hezbollah, qui utiliserait des institutions publiques pour servir ses intérêts.

Contactée par notre publication, une source au sein du parti chiite rejette catégoriquement ces allégations. « Cela ne nous concerne ni de près ni de loin. Ce ne sont que des rumeurs. Quoi qu’il se passe dans le pays, certains cherchent à nous y associer, surtout qu'à Dékouané et dans ces régions en particulier, nous n’avons aucune présence », affirme-t-elle.

Un habitant du quartier appelle, lui, à la retenue. « Cela ne sert à rien d’accuser qui que ce soit sans preuve », dit-il. Tout en se gardant de tirer des conclusions, il peine toutefois à croire qu’un simple câble électrique ait pu provoquer un incendie d’une telle ampleur. « On parle d’une grande entreprise qui est censée respecter des normes de sécurité », ajoute-t-il. « Le soudeur est passé du port de Beyrouth aux entrepôts du ministère des Télécoms à Dékouané... (en référence aux rumeurs de travaux de soudure à l'origine du 4-Août, NDLR). Un incendie qui n’a rien d’innocent », a jugé un autre internaute.

L’incendie était d'une telle ampleur qu'il a nécessité plus de cinq heures d’intervention, avant que les équipes de la Défense civile ne poursuivent les opérations de refroidissement tout au long de la nuit de mardi à mercredi, selon le communiqué de l'organisme. Mercredi en début d’après-midi, des panaches de fumée blanche s’élevaient encore du site, et l’air demeurait difficilement respirable. Huit pompiers ont été blessés lors des opérations. Le feu a consumé d’importantes quantités de câbles électriques et téléphoniques ainsi que de matières plastiques, précise le texte. Au total, 65 équipes de la Défense civile, appuyées par quelque 500 des services d'incendie, 98 véhicules spécialisés et des hélicoptères de l’armée, ont été mobilisées pour maîtriser l’incendie et empêcher sa propagation, toujours selon la même source.

Les spéculations se multiplient sur l'origine de l’incendie qui s’est déclaré mardi après-midi dans un entrepôt du ministère des Télécommunications à Dékouané, dans la banlieue est de Beyrouth, où étaient notamment stockés des câbles appartenant à l’opérateur public Ogero. En visite sur les lieux mercredi matin, le ministre des Télécoms, Charles Hajj, a insisté sur « la nécessité de poursuivre les investigations afin de déterminer les causes de l’incendie et de prendre les mesures nécessaires ». À l’entrée du site, deux soldats montent la garde. L’un d’eux estime qu’il est difficile de déterminer si un vol a eu lieu. « Tout a été détruit. Si il y a eu un vol, les preuves ont sans doute disparu », affirme-t-il à L'Orient-Le Jour. Non loin, un policier municipal dit attendre les...
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