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Politique - Gouvernement

Adib aujourd’hui à Baabda : Aoun signera-t-il le décret ?

Berry annonce qu’il ne fera pas partie du cabinet du Premier ministre désigné, qui aurait concocté sans l’avoir consulté une équipe de spécialistes indépendants.


Adib aujourd’hui à Baabda : Aoun signera-t-il le décret ?

Le président du Parlement Nabih Berry. Photo tirée du compte Flickr du Parlement

Le suspense a été en partie levé hier avec la déclaration frontale du président du Parlement Nabih Berry, qui a annoncé que le mouvement Amal et donc le Hezbollah ne participeront pas au prochain gouvernement. N’ayant pas obtenu gain de cause en ce qui concerne l’affectation d’un des leurs, ou du moins d’un candidat politiquement proche du tandem chiite au portefeuille des Finances, M. Berry, qui s’est entretenu samedi soir avec le président français Emmanuel Macron, a tranché et rejeté l’idée d’un « gouvernement de spécialistes sans loyauté partisane ».Aussitôt cette annonce rendue publique, on apprenait que le Premier ministre désigné Moustapha Adib se rendra à Baabda aujourd’hui même pour soumettre la composition de son gouvernement au président Michel Aoun. Une étape qui ouvre la voie à une série de possibilités et de scénarios alors que le délai « français » accordé à M. Adib expire aujourd’hui en principe.

Dans un communiqué laconique, M. Berry a finalement annoncé hier qu’il refusait de participer au gouvernement, s’engageant toutefois à coopérer au maximum avec la nouvelle équipe dans l’intérêt du pays.

« Le problème n’est pas avec les Français. Il s’agit d’un problème intérieur », a souligné un communiqué publié par son bureau de presse. « L’idée d’un gouvernement de spécialistes sans loyauté partisane, sans appartenance parlementaire, avec des veto sur certains portefeuilles ministériels, tout en misant sur des forces étrangères et sans concertation fait son chemin. Nous avons informé le Premier ministre désigné de notre volonté de ne pas participer à un gouvernement sur ces bases », est-il encore écrit.

Des propos qui ne sont pas dénués d’ambiguïté et qui ont été interprétés par certains dans le sens d’une menace d’obstruction, même si M. Berry a pris soin de souligner sa disposition « à coopérer au maximum pour assurer la stabilité du Liban et ses finances, pour appliquer les réformes et sauver notre économie ». Dans une déclaration à L’Orient-Le Jour, Kassem Hachem, un député du groupe parlementaire berriste, n’a pas écarté le scénario d’un pouvoir de blocage qu’exercerait le tandem chiite si la mouture présentée aujourd’hui par M. Adib ne lui convenait pas. « Tous les cas de figure sont possibles, y compris celui du boycott » par les deux groupes chiites lors de la séance parlementaire du vote de confiance pour « non-conformité au pacte national », a dit M. Hachem. « Il faudra d’abord savoir quelle sera la composition du gouvernement et si le Premier ministre a pris en compte l’idée d’une contribution des parties politiques, comme l’avait d’ailleurs souhaité Emmanuel Macron lui-même », a souligné le député, rappelant qu’une composante comme la communauté chiite, aussi importante au sein du tissu social libanais, ne saurait être ignorée. Un argument qui n’est pas sans rappeler les accusations d’illégitimité adressées en novembre 2006 au gouvernement de Fouad Siniora lorsque les ministres chiites avaient démissionné sur fond de conflit avec l’ancien Premier ministre.

Sauf que cette fois-ci, les parlementaires sunnites pro-haririens ne se laisseront pas faire. Selon notre correspondant Mounir Rabih, le groupe parlementaire du Futur notamment pourra à son tour manier cette arme pour rappeler au tandem chiite qu’il avait pourtant bel et bien ignoré la composante sunnite dans sa majorité lorsqu’il avait accordé sa bénédiction au gouvernement de Hassane Diab, perçu alors comme un cabinet politiquement monochrome. L’hypothèse d’une confrontation politique sunnito-chiite est d’ailleurs confirmée par une source proche du Hezbollah, qui estime que les positions risquent de se durcir de part et d’autre, menant le Liban vers l’inconnu, si M. Adib devait former un gouvernement sans la contribution du tandem chiite.

Un gouvernement de 14 membres

Pour l’heure, les yeux sont rivés sur Baabda et sur l’attitude qu’affichera aujourd’hui le chef de l’État une fois qu’il aura en main la mouture du cabinet. Rien n’a filtré, officiellement, au sujet du ministère des Finances, s’il a été assigné au final à un chiite, non partisan et non proche du tandem, ou si le principe de la rotation a fini par être adopté. Selon notre correspondante Hoda Chedid, Moustapha Adib devrait présenter un gouvernement de 14 membres, tous spécialistes indépendants, respectant le principe de la rotation des portefeuilles régaliens et de services. De deux choses l’une : le président pourra soit accepter et signer la proposition faite par le Premier ministre désigné, ce qui pourrait être interprété comme une véritable provocation en direction des deux formations chiites, notamment le Hezbollah que le Courant patriotique libre cherche encore à ménager ; soit il demande le report de l’échéance de quelques jours, histoire de gagner un peu plus de temps et de se concerter avec le tandem dans l’espoir de trouver une issue, voire peut-être de demander lui-même que des amendements soient apportés à la composition du cabinet. Si un compromis est entre-temps trouvé, le problème sera réglé et le gouvernement entamera sa mission après avoir reçu la confiance du Parlement. Autrement, le chef de l’État pourra toujours signer le décret après ce délai supplémentaire, en transposant la confrontation au sein du Parlement.

Dans le cas contraire, et si M. Aoun rejette toujours la proposition de M. Adib, ce dernier devrait jeter l’éponge, ce qui signifierait l’échec de l’initiative française.

Un cas de figure que le CPL ne souhaite pas, à en croire les propos de son chef, Gebran Bassil, qui a lancé hier une série de messages positifs à l’adresse de l’Occident. « Nous sommes attachés à la réussite de l’initiative du président Emmanuel Macron, avec lequel nous sommes d’accord sur les grandes lignes », a-t-il dit, laissant entendre que sa formation facilitera la naissance du cabinet. Une attitude qui se veut constructive et à travers laquelle le chef du courant aouniste souhaiterait renflouer la présidence de la République en pavant la voie à une sortie de crise dont le chef de l’État, et donc le CPL, tirerait crédit, comme le notait hier un observateur.

« Je ne comprends pas les parties locales qui veulent faire échouer pour différentes raisons une initiative réformatrice que les Libanais réclament, alors qu’il y va de l’intérêt du Liban », a enchaîné M. Bassil dans un message adressé au tandem chiite sur la rotation des portefeuilles.

M. Bassil a saisi l’occasion pour lancer autant de messages en direction des États-Unis, se prononçant en faveur d’un règlement sur la délimitation des frontières maritimes avec Israël et indiquant qu’il soutenait le retrait du Hezbollah de la Syrie. Autant de messages qu’il aurait justifiés auprès de son partenaire chiite, par son appréhension des sanctions américaines à venir, selon notre correspondant politique Mounir Rabih.

Le suspense a été en partie levé hier avec la déclaration frontale du président du Parlement Nabih Berry, qui a annoncé que le mouvement Amal et donc le Hezbollah ne participeront pas au prochain gouvernement. N’ayant pas obtenu gain de cause en ce qui concerne l’affectation d’un des leurs, ou du moins d’un candidat politiquement proche du tandem chiite au portefeuille des Finances, M. Berry, qui s’est entretenu samedi soir avec le président français Emmanuel Macron, a tranché et rejeté l’idée d’un « gouvernement de spécialistes sans loyauté partisane ».Aussitôt cette annonce rendue publique, on apprenait que le Premier ministre désigné Moustapha Adib se rendra à Baabda aujourd’hui même pour soumettre la composition de son gouvernement au président Michel Aoun. Une étape qui ouvre la voie...
commentaires (16)

Mais pourquoi notre cher Mr Berri ne veut pas lâcher le ministère des finances. Qu’il explique aux libanais?

PPZZ58

21 h 19, le 14 septembre 2020

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Commentaires (16)

  • Mais pourquoi notre cher Mr Berri ne veut pas lâcher le ministère des finances. Qu’il explique aux libanais?

    PPZZ58

    21 h 19, le 14 septembre 2020

  • Il joue avec le feu pour brûler le Liban, mais c’est lui et ses alliés qui vont être brûlés vifs. Leur fin n’est pas loin quoiqu'ils fassent et ils le savent tous. Ils jouent aux plus forts parce que la peur les terrasse.

    Sissi zayyat

    16 h 42, le 14 septembre 2020

  • Je ne vois pas un gouvernement " Anne ma chère Anne ou es tu " .

    Eleni Caridopoulou

    16 h 38, le 14 septembre 2020

  • Ainsi on peut former des gouvernements sans les Sunnites ,Chretiens, Druzes etc.. mais pas sans le tandem Chiite . Pourquoi ? Tout simplement parce qu'ils detiennent les armes. Mr Adib ne doit pas se mettre aux desiderata de Berri il vaut mieux qu'il se retire.

    EL KHALIL ABDALLAH

    11 h 45, le 14 septembre 2020

  • TANT QU'ON N'A PAS UNE JUSTICE SAINE, RIEN N E MARCHERA. SI LE NOM DE ME MALHEM KHALAF FIGURE SUR LA LISTE COMME MINISTRE DE LA JUSTICE, POUR CHASSER TOUS CES JUGES CORROMPUS LÀ ON PEUT ESPÉRER UN CHANGEMENT. SUIVI DE ISSAM KHALIFÉ POUR L'ÉDUCATION POUR SAUVER L'UL. SI NON ......

    Gebran Eid

    11 h 40, le 14 septembre 2020

  • Aujourd’hui les masques vont tomber, le père du peuple devra opter pour une des deux solutions... à savoir valider le projet à venir du premier ministre nommé, avec toutes les incertitudes que cela implique, ou rejeter ce programme (équipe ministérielle compacte et indépendante) ou recommencer à louvoyer ce qui entraînera de facto le blocage de toutes aides financières promises par la communauté internationale et nous permettra d’accéder plus facilement au rang de quart monde, en compagnie du vénézuela et autres.

    C…

    09 h 30, le 14 septembre 2020

  • Comme vous l’écrivez dans votre édition papier : Il signe ou Il se casse

    Lecteur excédé par la censure

    09 h 20, le 14 septembre 2020

  • Il lui reste la police du parlement pour tabasser les nouveaux ministres indépendants

    Lecteur excédé par la censure

    09 h 08, le 14 septembre 2020

  • Jugeons sur pièces....Et tant mieux si le tandem chiite n’a pas été consulté ! Et attention de mettre les bâtons dans les roues au parlement !

    LeRougeEtLeNoir

    09 h 00, le 14 septembre 2020

  • "...le problème n'est pas avec les Français...il s'agit d'un problème intérieur..." Exactement, Monsieur Berry ! Un problème intérieur d'arrogance et d'orgueil mal placé, amplifié par un manque total de patriotisme, de responsabilité...et un amour démésuré pour le fric !!! Irène Saïd

    Irene Said

    08 h 56, le 14 septembre 2020

  • Nous n’avons pas accédé au pouvoir pour le pouvoir, mais pour améliorer la vie des Dominicains et des Dominicaines... Il faut que nos hommes politiques s’inspirent de Luis Abinader d’origine libanaise et nouveau président de la Dominique, auteur de cette phrase. Nos hommes politiques continuent à se chamailler comme des gamins sur les ruines du pays au lieu de prendre de la hauteur. Berry, comme un vrai gamin qui boude parce qu’il n’a pas SON bonbon...quelle misère Intellectuelle

    mokpo

    07 h 59, le 14 septembre 2020

  • "Berry annonce qu’il ne fera pas partie du cabinet du Premier ministre désigné, qui aurait concocté sans l’avoir consulté une équipe de spécialistes indépendants."> Curieusement, il annonce comme une décision de sa part, ce qui est un état de fait qu'il a du mal à avaler: comment aurait-il pu faire partie d'une "équipe de spécialistes indépendants."? Nous allons voir si Aoun osera passer outre au veto Nasrallo=berryste. Pour le reste, il semble qu'on puisse attribuer un bon point à Adib.

    Yves Prevost

    06 h 49, le 14 septembre 2020

  • Berry annonce qu’il ne fera pas partie du cabinet du Premier ministre désigné, M. Berry a finalement annoncé hier qu’il refusait de participer au gouvernement, MAIS DANS QUEL PLANETE IL VIT CE PERSONNAGE: ? IL Y A UN ACCORD QU'AUCUN GROUPE POLITIQUE NE FERA PARTI DE CE GOUVERNEMENT NI LUI NI AUCUN AUTRE Moustapha Adib devrait présenter un gouvernement de 14 membres, tous spécialistes indépendants, respectant le principe de la rotation des portefeuilles régaliens et de services ENFIN UNE PERSONNE QUI N'ETANT PAS AU LIBAN DEPUIS DES ANNEES A COMPRIS IMMEDIATEMENT LES REVENDICATIONS DE LA REVOLUTION DU PEUPLE LA VERITE ATTENDONS VOIR SUR QUI SE PORTERONT LES NOMS ET FONCTIONS AU SEIN DU GOUVERNEMENT DE ADIB AVANT DE CRIER VICTOIRE MM DE LA THAWRA ESPERONS APRES LA VICTOIRE DE BISRI UNE DEUXIEME VICTOIRE RADICALE CETTE FOIS CI DU PEUPLE AVEC UN GOUVERNEMENT DE TECHNOCRATES INDEPENDANTS DES PARTIS AU POUVOIR

    LA VERITE

    03 h 43, le 14 septembre 2020

  • Dommage, effectivement le cabinet aurait eubesoin des kho-zaa-baléts de Berry et compagnie pour bien enfoncer le pieu et s'assurer de la mort finale du Liban...on se doute que sera partie remise... malheureusement

    Wlek Sanferlou

    02 h 44, le 14 septembre 2020

  • "... un gouvernement de 14 membres, tous spécialistes indépendants, respectant le principe de la rotation des portefeuilles régaliens et de services ..." -.- Comprends pas comment on peut concilier ces deux notions... prenons par exemple un docteur en finance nommé aux finances, et un ingénieur en électricité nommé à l’énergie. Ils vont donc passer leur temps à étudier la spécialité l’un de l’autre afin de pouvoir s’échanger leurs ministères?

    Gros Gnon

    01 h 10, le 14 septembre 2020

  • ILS SONT TOUS PRIS AU PIEGE. LA CAROTTE OU LE BATON. CORROMPUS. VOLEURS ET INCOMPETENTS ILS ONT TOUS PEUR DU BATON. LES MERCENAIRES PLUS QUE LES AUTRES. LA GLAS SONNE !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    00 h 20, le 14 septembre 2020

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