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Nos Lecteurs ont la Parole

Avons-nous une justice au Liban ?

La révolution du 17 octobre 2019 a brandi comme principales revendications la lutte contre la corruption et la restitution de l’argent spolié durant les dernières décennies par des gouvernants qui ont mené le Liban à sa ruine. La loi n° 38 du 18 février 1953 sur l’enrichissement illicite, mise à jour et modernisée en vertu de la loi n° 154 du 27 février 1999, plus connue selon la formule populaire « Min eina laka haza – D’où détiens-tu cela ? » est en vigueur depuis plus de 67 ans et force est de constater que durant toute cette longue période, aucun dirigeant libanais n’a eu affaire à la justice pour motif de corruption et ce texte est resté lettre morte.

À qui la faute ? Qui est responsable de cet état de fait ?

Une réponse nous est clairement fournie par notre voisin du Sud. Israël est certes un pays ennemi, mais il serait utile de constater ce qui se passe là-bas dans ce domaine.

En 2000, le président d’Israël Ezer Weizman, accusé de fraudes durant son mandat, quitte ses fonctions pour éviter une procédure de destitution.

En 2007, le président Moshe Katzav, impliqué dans un scandale sexuel également durant son mandat, démissionne. Il a été condamné à 7 ans de prison pour viols en 2010.

En 2008, le Premier ministre Ehud Olmert, qui était en poste durant la guerre de juillet-août 2006 contre le Liban, démissionne après des accusations de corruption. Il est condamné en 2015 à une peine totale de 27 mois de prison et libéré en 2017 après un an et quatre mois de détention.

L’actuel Premier ministre Benjamin Netanyahu est poursuivi en ce moment même devant un tribunal à Jérusalem pour fraude, abus de confiance et corruption. Ce dernier chef est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à 10 ans de prison.

Et chez nous ? À qui la faute ? se demande-t-on... La réponse nous est fournie par une question lancinante, devenue finalement existentielle : avons-nous au fond une justice au Liban ?

Fady ZIADÉ

Avocat

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


La révolution du 17 octobre 2019 a brandi comme principales revendications la lutte contre la corruption et la restitution de l’argent spolié durant les dernières décennies par des gouvernants qui ont mené le Liban à sa ruine. La loi n° 38 du 18 février 1953 sur l’enrichissement illicite, mise à jour et modernisée en vertu de la loi n° 154 du 27 février 1999, plus connue selon...

commentaires (1)

Cher ami, I feel your pain.Avant d'avoir une justice, il faudrait avoir un état. Nous avons un pays, mais on a omis de l'investir d'un etat. Le simulacre d'etat avait éclaté en 1969. Bientot, il n'y aura plus de pays, du moins le pays dont tu rêvais.

SATURNE

21 h 55, le 04 juillet 2020

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Commentaires (1)

  • Cher ami, I feel your pain.Avant d'avoir une justice, il faudrait avoir un état. Nous avons un pays, mais on a omis de l'investir d'un etat. Le simulacre d'etat avait éclaté en 1969. Bientot, il n'y aura plus de pays, du moins le pays dont tu rêvais.

    SATURNE

    21 h 55, le 04 juillet 2020