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Économie - Liban

Inflation : Nehmé plafonne les prix du pain

Samir Geagea transmet une note d'information à la Justice à propos d'un trafic de farine et de mazout vers la Syrie.

Le ministre de l’Économie, Raoul Nehmé, effectuant une tournée dans des boulangeries, le 21 avril 2020. Photo Twitter/@RaoulNehme

Les boulangeries du Liban devront désormais se soumettre à un nouveau barème des prix, le ministre de l'Economie et du Commerce Raoul Nehmé ayant décidé vendredi que le pain vendu dans le commerce doit désormais respecter un poids minimum et un prix maximum.

La grande "rabta" (paquet de pain) doit peser au minimum 1000 grammes et son prix ne peut excéder les 1500 livres, tandis que la la rabta moyenne doit avoir un poids d'au moins 400 grammes et ne peut coûter plus de 1000 livres.

Cette échelle des prix se fonde sur une étude menée par le ministère de l'Economie et du Commerce, en présence de représentants du syndicat des boulangers, et doit tenir compte des fluctuations auxquelles sont soumis les prix des matières premières qui entrent dans la fabrication du pain.

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De leur côté, les représentants du syndicat des boulangers ont assuré qu'ils recruteraient en priorité des Libanais, surtout dans les points de vente.

Le Liban traverse une crise économique profonde qui se caractérise notamment par un inflation galopante. Depuis la fin de l'été 2019, la monnaie locale, la libre libanaise, connaît un décrochage par rapport au dollar, monnaie dans laquelle le pays se fournit en matières premières, entraînant une hausse des prix à la vente. Toutefois, la Banque du Liban (banque centrale) a mis en place un mécanisme pour aider les minotiers à se fournir sur les marchés internationaux, tandis que le gouvernement, qui a exprimé plusieurs fois sa crainte d'une crise alimentaire, entend mettre en place une politique de contrôle des prix sur certaines denrées de base, et plusieurs boulangeries ont déjà été sanctionnées dans ce cadre. Depuis le début de la crise, deux présidents du syndicat ont démissionné pour signifier leur désaccord avec la politique du gouvernement.


Trafic de farine vers la Syrie
Le syndicat des minotiers a en outre publié jeudi un communiqué pour répondre à des accusations de trafic de farine vers la Syrie, sans pour autant démentir ces accusations.

"Des informations ont circulé sur les réseaux sociaux alléguant que d'importantes quantités de farine seraient acheminées vers la Syrie par des points de passage illégaux, rapporte le communiqué. Nous voulons affirmer clairement que tous les minotiers respectent les règles et lois en vigueur, et livrent la farine aux fournils et aux commerces pour qu'elle soit disponible dans toutes les régions du pays." Toutefois, le syndicat ne nie pas qu'un tel trafic puisse avoir lieu, même si les minoteries "s'efforcent d'empêcher les commerçants de s'adonner au trafic vers l'étranger", dans un souci notamment de préserver "l'argent public". "L'association n'est pas en mesure de surveiller tous les commerçants sur le territoire libanais", rappelle le communiqué, qui en appelle aux "organismes chargés de la surveillance des frontières et des points de passage illégaux" pour mettre un frein au trafic, en assurant le ministère de l'Economie et les commerçants de sa coopération pour approvisionner le pays en farine et lutter contre le trafic.

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Le président des Forces libanaises Samir Geagea s'est emparé lui aussi de la polémique autour du trafic de farine et de mazout vers la Syrie, déplorant dans un communiqué "l'effet négatif qu'ont sur l'argent public les points de passage illégaux".

"La chaîne de télévision MTV a diffusé le 7 mai un rapport tout à fait clair au sujet du trafic vers la Syrie de mazout et de farine, qui sont subventionnés, quoique de manière indirecte, par les citoyens libanais", a-t-il accusé, car "les informations indiquent que 85 % de leur coût en dollars est assumé par la BDL". "Cela montre une nouvelle fois les conséquences néfastes des passages frontaliers illégaux" entre le Liban et la Syrie, a affirmé le chef des FL.

Samir Geagea a indiqué qu'il transmettra ces informations "aux autorités judiciaires concernées, en particulier le parquet de cassation, ainsi que les ministères des Finances, de l'Energie et de l'Economie, pour qu'ils prennent les mesures qui s'imposent, afin d'éviter aux citoyens des pertes qui s'élèvent à plusieurs centaines de millions de dollars chaque année".


Les boulangeries du Liban devront désormais se soumettre à un nouveau barème des prix, le ministre de l'Economie et du Commerce Raoul Nehmé ayant décidé vendredi que le pain vendu dans le commerce doit désormais respecter un poids minimum et un prix maximum.La grande "rabta" (paquet de pain) doit peser au minimum 1000 grammes et son prix ne peut excéder les 1500 livres, tandis que la la...

commentaires (2)

Raoul Nehme,tu nous parle du Pain ?! et tout le reste qui a quadruplé sous vos yeux?? on n est pas des travailleurs syriens, on est des libanais de classe,des technocrates...et on n arrive plus à rien acheter!! OU EST VOTRE CONTRÔLE?? Niente!

Marie Claude

15 h 07, le 10 mai 2020

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Commentaires (2)

  • Raoul Nehme,tu nous parle du Pain ?! et tout le reste qui a quadruplé sous vos yeux?? on n est pas des travailleurs syriens, on est des libanais de classe,des technocrates...et on n arrive plus à rien acheter!! OU EST VOTRE CONTRÔLE?? Niente!

    Marie Claude

    15 h 07, le 10 mai 2020

  • Si le technocrate de l’économie pouvait regarder les prix des denrées dans les supermarchés dont les prix ont pratiquement multipliés par 3, il rentabiliserait peut être un peu plus son salaire. Quant au trafic vers la Syrie, il n’y a pas que la farine et les produits pétroliers, il y a surtout un trafic de dollars en bank notes

    Liberté de Penser

    18 h 46, le 08 mai 2020

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