Le clin d'œil

Corona Myths, Part II

Et vous qui pensiez qu’il s’agissait juste d’une brève « pause » comme sur le magnétophone de votre jeunesse. Une sorte de parenthèse paresseuse durant laquelle vous pourriez dormir à votre guise, vous passer de maquillage et lâcher au naturel vos cheveux habituellement brushés à la Farah Fawcett. Un cataclysme mondial venu, l’espace d’un moment, tout balayer, comme un rêve de cancre à la veille d’un examen de maths redouté.

Eh bien, non. Rebelote. Cette affaire-là, ça s’éternise. Et il vous faut peut-être pour de longs mois encore :

- vous déshabiller sur le palier de votre appartement pour cause de désinfection de vos vêtements et vous étonner du regard concupiscent que vous lance votre voisin lorsque vous le croisez dans l’ascenseur ;

- vous jeter avidement sur votre journal du matin pour y découvrir la recette du jour d’un grand chef… avant de vous apercevoir qu’il s’agit tout bêtement d’un ragoût – peu ragoûtant – de courgettes à la tomate et à la viande hachée, une tambouille que vous détestiez déjà au réfectoire de votre vénérable collège.

- tenter encore et encore de fabriquer du pain maison et obtenir pour la énième fois une galette noirâtre et dure, digne des geôles irakiennes. Une obsession freudienne cette histoire de « pain maison » ayant rapport, avez-vous cru comprendre, avec votre obscur rôle de mère nourricière. Sachant que votre mari ne mange que des toasts et que votre fils se nourrit exclusivement de cornflakes, cette tentative ne peut avoir pour effet que de vous faire passer le goût du pain…

- subir les entretiens pseudo-confidentiels de vos amies intellos dans les magazines culturels de la ville qui prétendent profiter du confinement pour (enfin ! disent-elles)… relire tout Kierkegaard et « approfondir » leur connaissance du monde grâce au jovial M. Schopenhauer. Cela alors que vous venez de découvrir avec ravissement une chaîne de télé qui diffuse en permanence Baywatch. Oui, oui Alerte à Malibu avec le sublime David Hasselhoff courant, à foulées souples, sur le sable chaud d’une plage californienne de rêve entouré de naïades au corps parfait en maillot rouge échancré. Ce que vous adorez dans cette série très nineties, c’est qu’on est sûrs d’être sauvés du méchant requin grâce au courage téméraire de notre héros musculeux préféré, juste avant le générique de fin à la musique sirupeuse.

Pour votre pauvre Liban, rien de moins sûr. Waiting for Mister Hero.


Et vous qui pensiez qu’il s’agissait juste d’une brève « pause » comme sur le magnétophone de votre jeunesse. Une sorte de parenthèse paresseuse durant laquelle vous pourriez dormir à votre guise, vous passer de maquillage et lâcher au naturel vos cheveux habituellement brushés à la Farah Fawcett. Un cataclysme mondial venu, l’espace d’un moment, tout balayer, comme un...

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