Rechercher
Rechercher

Confinés en cuisine

La « frikeh » d’agneau « facile et traditionnelle » de Youssef Akiki

En ces derniers jours de confinement, alors que les heures s’étirent encore dans nos intérieurs, continuons à investir notre cuisine, histoire de nous faire du bien, de passer le temps, de redécouvrir le plaisir du fait maison. Pour vous accompagner dans cette savoureuse aventure, « L’Orient-Le Jour » vous propose, deux fois par semaine, des recettes faciles et rapides, des recettes « bonne humeur » confiées par des chefs libanais établis au pays ou dans un autre coin de ce monde à l’arrêt. Entre une pincée de sel et de poivre, ils nous confient, aussi, comment cette épidémie a bouleversé leur vie, leur travail, leurs rêves et ce qu’ils pensent faire à partir du 4 mai, date officielle fixée au Liban pour la réouverture des restaurants. Aujourd’hui, Youssef Akiki nous accompagne aux fourneaux.

Youssef Akiki cuisinant la « frikeh » en plein air.

« Je suis rentré à Beyrouth le 5 mars dernier, quelques jours avant le début du confinement. J’étais en voyage d’affaires au Canada, à Montréal et à Ottawa plus précisément. Les premiers jours à Beyrouth, j’en ai profité pour faire du rangement. J’avais beaucoup de paperasses qui traînaient… Mais au bout de deux semaines, c’était réglé. Il a donc fallu trouver autre chose à faire. Ce n’est pas facile, mais on s’adapte.

J’ai surtout passé du temps en famille. J’ai trois garçons âgés de sept, quatre et deux ans. Nous sommes entre Zouk Mikael et mon village natal de Hrajel où nous allons souvent. Cette parenthèse m’a permis d’être plus proche de la nature. J’ai également pris de nombreux cours en ligne de comptabilité et de gestion.


La « frikeh » de Youssef Akiki, traditionnelle et naturelle. Photos DR

Quand je suis à Hrajel et qu’il fait beau, je cuisine au feu de bois dans mon jardin. Deux à trois fois par semaine, je prépare des plats pour des associations caritatives. J’empaquette les portions dans des barquettes et la livraison se fait d’une façon très stricte pour éviter toute transmission du coronavirus.

Cet arrêt dans nos vies m’a appris que dans la spirale de notre quotidien, nous avons oublié l’essentiel, pris que nous étions dans un engrenage où de nombreuses activités peuvent sembler à présent futiles. Et que le plus important est d’être vraiment à l’écoute de la famille et des proches, et de soutenir les personnes dans le besoin. Cet exercice ne prend pas beaucoup de temps et est indispensable en ces temps que traverse le Liban.

Lire aussi

Les légumes farcis au quinoa de Joanna Debbas, « un goût réconfortant »

J’ai quitté le Burgundy le 15 février dernier et j’ai créé ma propre entreprise de conseil, Kitchen Backstage. J’ai repris cette semaine le travail dans mon restaurant Paname. Nous avons ouvert hier, pour la première fois depuis deux mois.

Pour être conformes aux nouvelles mesures sanitaires, nous testons le personnel et désinfectons les lieux en permanence. Nous avons moins de tables, bien sûr, pour respecter la distance entre les convives et tous les jours, avant d’entamer le travail, la température du personnel sera prise. Les livreurs respecteront aussi les règles strictes d’hygiène.

Quant aux prix, il va falloir se renseigner auprès des fournisseurs pour pouvoir instaurer une carte logique. Les ingrédients seront plus chers et surtout les tarifs risquent de changer au quotidien.

Nous devons faire preuve de créativité, tester de nouveaux produits et miser sur les produits locaux. J’espère que dans six mois, nous aurons assez de produits locaux pour arrêter les importations. De plus, j’ai toujours ramené de mes voyages à l’étranger des graines que je donnais à un groupe d’agriculteurs qui les plantaient au Liban et que je réutilisais dans ma cuisine.

Nous sommes un peuple créatif. Je n’ai pas peur de l’avenir, même si les jours à venir sont incertains. Nous ne savons pas encore si les gens reprendront l’habitude de venir au restaurant et si la crise économique le permettra.

Mais en dépit de tout, je garde espoir dans ce pays. J’ai encore des projets à monter et tellement de choses à faire. Je veux que mes enfants grandissent ici. Je ne veux pas émigrer et Dieu sait si j’ai le choix à l’étranger où de nombreuses propositions me sont faites. Les mois à venir seront certes difficiles, mais ça ira mieux, peut-être même que nous connaîtrons un boom. Je suis confiant, nous sommes courageux et entrepreneurs. Nous nous en sortirons.

J’ai choisi la frikeh parce que c’est un plat que j’aime et qui est facile à préparer. Je l’ai d’ailleurs fait en plein air… C’est un plat ancien qui reste méconnu de beaucoup. »

FRIKEH

Pour 4 personnes

Pour le bouillon :

Ingrédients

2 pièces de jarret d’agneau

100 g d’oignon

100 g de carotte

100 g d’ail

100 g de céleri

2 litres d’eau

50 g d’huile d’olive

Préparation

Faites cuire la viande pendant 4 heures à feu doux jusqu’à ce qu’elle soit tendre et se détache facilement de l’os.

Pour la « frikeh » :

Ingrédients

200 g d’oignon

50 g d’ail

100 g d’huile d’olive

100 g de « frikeh» lavée

2 feuilles de laurier

2 bâtons de cannelle

2 anis étoilés

1 litre de bouillon de jarret d’agneau

Sel au goût

2 pièces de jarret d’agneau

Préparation

Lavez la « frikeh » dans de l’eau et laissez tremper 10 minutes.

Faites sauter l’échalote dans l’huile d’olive.

Ajoutez la « frikeh » et laissez dorer.

Ajoutez le bouillon d’agneau et tous les autres ingrédients et faites cuire 20 minutes.

Mettez la « frikeh » dans une assiette et déposez dessus les morceaux de jarret d’agneau cuits avec le bouillon.


« Je suis rentré à Beyrouth le 5 mars dernier, quelques jours avant le début du confinement. J’étais en voyage d’affaires au Canada, à Montréal et à Ottawa plus précisément. Les premiers jours à Beyrouth, j’en ai profité pour faire du rangement. J’avais beaucoup de paperasses qui traînaient… Mais au bout de deux semaines, c’était réglé. Il a donc fallu trouver...

commentaires (1)

Ce qui est bon ce n est pas que la frike de mrAkiki mais sa positivé !

Bardawil dany

11 h 35, le 08 mai 2020

Tous les commentaires

Commentaires (1)

  • Ce qui est bon ce n est pas que la frike de mrAkiki mais sa positivé !

    Bardawil dany

    11 h 35, le 08 mai 2020