Le patriarche Béchara Raï reçu au palais présidentiel par le chef de l’État. Photo ANI
Après avoir critiqué les attaques contre le gouverneur de la BDL Riad Salamé par le Premier ministre Hassane Diab la semaine dernière, le patriarche maronite, le cardinal Béchara Raï, a réitéré son appui au gouvernement et affirmé que ce qu’il considère être un incident de parcours est désormais « affaire classée ». Il l’a fait à l’issue d’une visite au palais présidentiel de Baabda, où il a eu un entretien substantiel avec le chef de l’État Michel Aoun. « J’ai appuyé le gouvernement, et cela n’a pas plu à certains. Mais je ne l’ai pas fait par complaisance. Nous soutenons le gouvernement car nous ne pouvons pas vivre dans le vide et l’instabilité. Le Liban ne supporte aujourd’hui aucune déstabilisation ou vide. Un pays ne peut pas exister sans institutions », a-t-il déclaré aux journalistes, avant d’appeler à une sorte d’union sacrée pour permettre au Liban de franchir « une grande épreuve à laquelle personne ne peut assister passivement ».
« J’ai assuré au président que nous sommes à ses côtés, avec le gouvernement, avec le Parlement, avec toutes les institutions constitutionnelles. Nous les appuyons toutes », a encore dit Mgr Raï avant d’affirmer, toujours en réponse aux journalistes, son appui à la convocation d’une « table de dialogue national ».
Le chef de l’Église maronite a par ailleurs affirmé qu’il n’avait pas abordé avec le chef de l’État l’affaire Riad Salamé. Se référant aux positions affichées par le Premier ministre et aux propos tenus mercredi par le gouverneur de la Banque du Liban, le patriarche maronite s’est contenté de considérer « l’affaire comme étant classée, maintenant que les deux hommes se sont exprimés ».
Répondant aux questions de la presse, Béchara Raï a souligné qu’en défendant le gouverneur de la Banque du Liban, ce n’était pas la fibre confessionnelle maronite qui s’était exprimée, mais le sens des institutions. « Ce que j’ai dit lors de mon homélie, dimanche, était un appel à nous écouter les uns les autres, et cette question est désormais classée pour moi. Notre but était de défendre les institutions de l’État et non de prendre la défense de quelqu’un sur une base confessionnelle », a-t-il affirmé.
Le patriarche maronite s’était indigné dans son homélie qu’un grand commis de l’État soit publiquement repris par le Premier ministre sur certains aspects de sa gestion, sans qu’il ne soit entendu ni qu’il puisse se défendre. Il avait jugé cette façon de faire « sans précédent » dans le Liban des institutions fondées sous le mandat du président Fouad Chéhab (1958-1964) et en avait fait une affaire de dignité.
Condamnation des violences
Par ailleurs, tout en réitérant son appui aux revendications exprimées dans la rue par la population, le patriarche a condamné sans nuance les violences qui les ont marquées depuis quelques jours. « Nous avons toujours soutenu les demandes de la révolution, a-t-il dit, mais ce que nous voyons est inacceptable, à savoir les attaques contre des biens privés et publics, et surtout contre l’armée et les forces de sécurité. »
De violentes manifestations contre le pouvoir enflamment depuis quatre jours plusieurs régions du pays, notamment à Tripoli et Saïda, faisant jusque-là un mort parmi les contestataires et une centaine de blessés.
Enfin, Béchara Raï a annoncé au chef de l’État que l’Église maronite, toutes instances religieuses et laïques confondues, allait mettre en place prochainement un grand filet social. Le coup d’envoi de cette initiative sera donné mercredi prochain, à l’occasion de la réunion mensuelle des évêques et supérieurs généraux maronites, a précisé le chef de l’Église maronite.


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J’ai assuré au président que nous sommes à ses côtés, avec le gouvernement, avec le Parlement, avec toutes les institutions constitutionnelles. Nous les appuyons toutes », a encore dit Mgr Raï avant d’affirmer, toujours en réponse aux journalistes, son appui à la convocation d’une « table de dialogue national ». encore une commission de plus j aurai bien voulu entendre Mgr dire il faut dissoudre ce parlement boiteux illégal, confessionnel, illégitime , corrompu, le faire élire un autre parlement sur des bases saines laic , Mgs ne chercher plus, le redressement du Liban passera par des reformes qui ne coutent pas chère et qui n ont pas besoin de l aide de l étranger ou du FMI il suffit d écouter le peuple et répondre à ses revendications d ailleurs vous l avez dit vous meme sans entrer dans les détailles.
13 h 28, le 03 mai 2020