Le clin d'œil

Corona Myths & Blues

Déjà que vous êtes enfermée, « confinée » pour utiliser un terme en vogue, depuis près de deux semaines avec un mari bougon et hypocondriaque, un fils claustrophobe et une Soma terrorisée qui menace tous les deux jours, à votre grande terreur, de « go Sri-Lanka » (avouons-le tout de suite, le départ de Soma vous terrorise bien plus que le coronavirus !). Déjà que vous avez dû vous mettre, vous la sous-douée technologique bien connue, à un E-enseignement universitaire à travers un programme dit « Zoom » qui n’a pas fait « boum » dans votre cœur. Déjà que vous devez faire vos petites courses au supermarché du coin parée comme Neil Armstrong sur la lune.

Il vous faut encore subir les nombreux aphorismes, adages et pensées pseudo-profondes véhiculés sur des réseaux sociaux maléfiques tantôt par des poètes africains inconnus tantôt par des sages hindous au nom imprononçable :

« La Terre respire, le ciel est plus bleu, les oiseaux gazouillent » : la Terre respire peut-être, mais vous, vous étouffez. D’ailleurs, de votre TV room, on ne voit aucune portion de ciel, bleu ou pas. Et vous n’avez jamais remarqué d’oiseaux à Achrafieh, ni avant, ni après le méchant virus. Et ce n’est pas votre pauvre petit sac-poubelle bleu qui a pu faire tous ces dégâts quand même !

« C’est le moment de revenir sur soi (?), de retourner aux vraies valeurs (?), d’être en harmonie avec la nature » : euh… vous ne vous rappelez pas avoir détroussé la veuve et l’orphelin avant le coronavirus. Et le retour sur soi, la méditation, la zénitude et autres recherches de « chakras » ont toujours eu pour effet de… vous faire bailler d’ennui. Quant à l’harmonie avec la nature, elle se manifeste surtout par des cheveux qui pendouillent lamentablement, des racines grisâtres, des ongles pas faits et un teint plombé par le non-bronzage.

« C’est le moment de faire des petits plats pour ceux qu’on aime, de passer du temps en famille, loin des mondanités et des plaisirs vains » : votre petite famille a déclaré forfait après le premier plat que vous avez essayé de lui concocter. Manque cruel de pratique. Quant au temps qu’on passe ensemble, il consiste surtout à se disputer le zappeur et à se rappeler ses vieux griefs. Et oui, oui, les cocktails mondains délicieux, les déjeuners à potins avec les copines et les dîners grandioses où on « s’habillait » vous manquent beaucoup.

Y a pas à dire, vous devez être vaine. Et tous ces Myths vous donnent les Blues…


Déjà que vous êtes enfermée, « confinée » pour utiliser un terme en vogue, depuis près de deux semaines avec un mari bougon et hypocondriaque, un fils claustrophobe et une Soma terrorisée qui menace tous les deux jours, à votre grande terreur, de « go Sri-Lanka » (avouons-le tout de suite, le départ de Soma vous terrorise bien plus que le coronavirus !). Déjà que vous...

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