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Diaspora

En France, les Libanais multiplient les initiatives solidaires

Distributions de repas, soutien psychologique, récolte de fonds… En cette période de confinement, ils sont nombreux, au sein de la diaspora libanaise en France, à agir, à aider les autres, dans des initiatives individuelles ou collectives.


La préparation des repas livrés par Claude el-Hage et son ami le restaurateur Nader el-Bacha aux soignants de l'hôpital d'Antibes début avril avec son ami Nader el-Bacha du restaurant Diwan el Bacha.

« Je voulais nous faire entendre autrement qu’avec les applaudissements quotidiens de 20h pour remercier les soignants. » Début avril, Claude el-Hage et son ami le restaurateur Nader el-Bacha décident de faire quelque chose pour le personnel hospitalier de leur ville d’adoption, Antibes, sur la côte d’Azur. Ils appellent le directeur de l’hôpital de la Fontonne pour lui proposer de livrer des repas aux soignants qui luttent contre le Covid-19, le restaurant Diwan el-Bacha étant fermé à cause de la situation sanitaire. Quelques jours plus tard, les voici qui livrent 250 plateaux repas au personnel hospitalier. Au menu, mouttabal, kefta avec des pommes de terre et du riz, fèves, et mohallabieh en dessert. « On voulait leur apporter des saveurs libanaises et les faire voyager hors de leur quotidien, se rappelle Claude el-Hage, installé en France depuis 30 ans. On s’est fait applaudir à notre arrivée, on était très gênés, mais ça m’a fait chaud au cœur de voir les soignants sourire. »

Quelques jours plus tôt, c’était un autre restaurant libanais, le Socrate, qui offrait des repas aux soignants du CHU de Nice, et aux ambulanciers, policiers et pompiers de la ville, tandis que le restaurant Askini à Paris livrait des plateaux repas à des étudiants libanais confinés dans leur chambre universitaire.



(Lire aussi : Au confinement s'ajoutent les difficultés financières pour les étudiants libanais à Paris)



Près de Melun, en région parisienne, Joëlle Guibert a décidé d'ouvrir les portes de son hôtel aux soignants. « Quand on m’a demandé d’accueillir des médecins et infirmiers venus du sud de la France prêter main forte à l’hôpital de Melun submergé de patients Covid, ou faisant des gardes à rallonge et dans l’incapacité de rentrer chez eux, j’ai tout de suite dit oui, explique l’hôtelière franco-libanaise. Ils viennent se reposer une nuit ou quelques heures après leur garde, à l’écart. Beaucoup nous remercient, même si nous ne faisons que notre travail, rien de plus que d’habitude. Au contraire, on a la chance de pouvoir continuer à travailler, alors que la majorité des hôtels ont dû fermer, faute de clients. » Le séjour des personnels soignants à l’hôtel est pris en charge par l’État.

En Normandie, à Bayeux, Rima Raad Hebert, propriétaire de l’hôtel cinq étoiles La Villa Lara, a décidé de donner ses draps de satin de coton remisés à des couturières qui souhaiteraient en faire des masques et des surblouses.

D’autres encore lancent des cagnottes pour récolter des fonds pour les soignants. « 20h, j’applaudis, 20h05, je donne », explique ainsi Kareen Nohra, secrétaire générale d’Energis libani, une association qui a monté une cagnotte solidaire en ligne pour aider le personnel médical en France et au Liban et pour envoyer des denrées alimentaires au pays du Cèdre. Plus que des paroles, il faut des actes », dit-elle.


Aider les Libanais en difficulté
Si beaucoup d’initiatives pour aider les soignants ont été mises en place, la solidarité s’organise aussi pour venir en aide aux Libanais en difficulté, en France et au Liban. Ainsi, de nombreuses associations d’amitié franco-libanaises, à Paris, Toulouse, Lyon, Strasbourg ou Grenoble... organisent des collectes de fonds pour aider les personnes en difficulté dans leur région, notamment les étudiants. « Privé(e)s de stages rémunérés, arrivé(e)s en fin de CDD non renouvelés, soumis-es à du chômage partiel ou plus généralement confronté(e)s à la dévaluation de la livre libanaise, plusieurs (résidents de la Maison du Liban à la Cité Internationale Universitaire de Paris) font face à des difficultés inédites et sévères. Pour venir en aide à celles et ceux qui en ont le plus besoin, mobilisons-nous ! » écrit ainsi la Maison du Liban sur sa page Facebook.

L’ambassade du Liban a recensé 280 étudiants libanais dans le besoin en France. Pour pouvoir leur donner 200 euros à chacun, elle lance un appel aux dons pour réunir 100 000 euros. « La générosité et la solidarité des Libanais ne sont plus à démontrer. En 10 jours, nous avons déjà récolté 50 000 euros, et les premiers versements aux étudiants ont eu lieu il y a quelques jours », déclare Rami Adwan, l’ambassadeur du Liban en France, qui s’inquiète néanmoins aussi pour les restaurateurs, les chauffeurs de taxi, les coiffeurs, dont l’activité s’est arrêtée en raison du confinement.


Soutien psychologique
Pour aider les Libanais de France à surmonter le stress du confinement et traverser cette période difficile, Yara Paradis Bsaibes a mis en place une cellule de soutien psychologique. « Le but est de travailler sur l’ici et le maintenant, et pas de mettre en place une démarche thérapeutique, précise la psychologue clinicienne de 31 ans. Pour cela, on donne des stratégies et des outils pour aider la personne à s’adapter dans le moment présent. » Sept psychologues franco-libanais bénévoles offrent ainsi des consultations individuelles en ligne à qui ressent de l’angoisse, de l’isolement, de l’insécurité. « S’exprimer dans sa langue maternelle permet aux Libanais de verbaliser plus facilement leurs émotions et leur souffrance, explique Yara Paradis Bsaibes, arrivée en France en 2016. Les études montrent que lorsque nous nous exprimons dans une deuxième langue, nous pensons deux fois avant de parler. Durant cette période, le Libanais qui vient d'arriver en France a une double adaptation à faire : adaptation à la société, mais aussi adaptation au confinement. Nous remarquons ainsi chez certains étudiants une perte de repères, une insécurité, une méfiance, une inquiétude vis-à-vis de leur avenir et de leurs années scolaires, une peur, une angoisse liée parfois à des anciennes blessures », poursuit la psychologue clinicienne qui invite également les soignants libanais à exprimer leurs émotions en cette période traumatisante.



« Je voulais nous faire entendre autrement qu’avec les applaudissements quotidiens de 20h pour remercier les soignants. » Début avril, Claude el-Hage et son ami le restaurateur Nader el-Bacha décident de faire quelque chose pour le personnel hospitalier de leur ville d’adoption, Antibes, sur la côte d’Azur. Ils appellent le directeur de l’hôpital de la Fontonne pour lui proposer...

commentaires (3)

Chapeau!! Et bon courage et bonne continuation!

Wlek Sanferlou

14 h 50, le 19 avril 2020

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Commentaires (3)

  • Chapeau!! Et bon courage et bonne continuation!

    Wlek Sanferlou

    14 h 50, le 19 avril 2020

  • excellente initiative,bravo

    issa louis

    13 h 39, le 19 avril 2020

  • Mille Bravos.

    RadioSatellite.co

    01 h 31, le 19 avril 2020