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Société - Palestiniens

À Aïn el-Héloué, on lutte contre le coronavirus avec les moyens du bord

Aucun cas de Covid-19 n’a jusqu’à présent été signalé dans les camps de réfugiés du Liban, mais les responsables craignent une propagation de la pandémie et lancent un appel à l’aide.

Un sas de décontamination bricolé par les jeunes volontaires du camp de Aïn el-Héloué. Photo DR

À l’entrée du camp de réfugiés palestiniens de Aïn el-Héloué, dans la région de Saïda, un sas de décontamination bricolé par de jeunes volontaires accueille désormais les personnes voulant entrer dans le camp. Ce sas en plastique, qui ressemble un peu à une cabine téléphonique, a été construit à l’initiative de membres de la Défense civile du camp pour tenter de se protéger contre le coronavirus.

« Il s’agit d’une initiative des habitants du camp, qui ont bricolé cette installation avec les moyens du bord », explique le responsable de la Défense civile palestinienne dans le camp, Naïm Zeidan, à L’Orient-Le Jour. « Une personne à la fois peut entrer dans le sas. Il fonctionne à la vapeur : de l’eau et des produits de désinfection sont placés à l’extérieur du caisson dans un récipient, et un tuyau qui y est relié diffuse la vapeur dans l’habitacle. Ainsi, toute personne qui y entre est décontaminée, tout comme ses vêtements, les affaires qu’elle transporte… »

Les jeunes du camp ont également mis en place un arrosoir mobile qui désinfecte les voitures entrant à Aïn el-Héloué.

« Nous sommes un groupe d’habitants volontaires, dit Saïd, l’un de ces jeunes gens. Nous nous relayons pour désinfecter les personnes qui entrent au camp et prenons leur température également. »

Jusqu’à présent, aucun cas de Covid-19 n’a été signalé à Aïn el-Héloué, le plus grand camp palestinien du Liban, ni dans les autres camps, mais la crainte d’une propagation du virus est grande parmi les habitants et les responsables palestiniens. Surtout que, soulignent les responsables palestiniens, même si les gens tentent au possible de respecter les mesures de confinement, il est extrêmement difficile de faire respecter les distances de sécurité dans les ruelles étroites du camp et ses habitations exiguës, où s’entassent 80 000 à 90 000 personnes selon les estimations.

(Lire aussi : « Il a fallu une épidémie de cette ampleur pour que notre travail soit reconnu à sa juste valeur »)


« Comment demander à une famille de dix de respecter le confinement ? »

« Nous avons proclamé l’état d’urgence dans les camps du Liban et avons commencé dès le début de la crise à agir selon nos moyens, notamment en désinfectant les quartiers et les ruelles du camp de Aïn el-Héloué », affirme Mounir Maqdah, un dirigeant du Fateh au Liban. « Mais nous sommes seuls ! Depuis le début de la propagation du virus, les organisations humanitaires internationales ne mettent plus les pieds dans le camp et l’Office de secours des Nations unies pour les réfugiés de Palestine au Proche-Orient (Unrwa) est totalement absent, que ce soit sur le plan humanitaire ou médical », ajoute-t-il, soulignant que l’organisme de l’ONU n’a même pas fourni de matériel de désinfection ou de protection. « La situation dans le camp est difficile, ajoute le responsable. Comment demander à une famille de dix personnes qui s’entassent dans une habitation précaire de deux pièces de respecter le confinement ? »

Dans ce contexte, les formations membres de l’Organisation de libération de la Palestine ont lancé un appel pressant à l’Unrwa, lui demandant d’intervenir rapidement pour aider les réfugiés palestiniens en mettant en place un plan de secours d’urgence et en apportant une aide matérielle aux habitants, qui ont arrêté de travailler dans le camp ou à l’extérieur depuis le début de la crise.

Les « Forces islamiques » à Aïn el-Héloué (les organisations palestiniennes ne faisant pas partie de l’OLP, comme le Hamas) ont également lancé de leur côté un appel à l’aide à l’Unrwa, lui demandant « d’assumer ses responsabilités ».

Le camp ne compte que trois dispensaires, mais l’hôpital Hamchari à Saïda, situé juste à l’entrée du camp, a annoncé qu’« à la suite des efforts de l’ambassade de Palestine au Liban, il est désormais possible d’effectuer le test PCR de dépistage, pris en charge par le Croissant-Rouge palestinien, dans cet établissement.



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À l’entrée du camp de réfugiés palestiniens de Aïn el-Héloué, dans la région de Saïda, un sas de décontamination bricolé par de jeunes volontaires accueille désormais les personnes voulant entrer dans le camp. Ce sas en plastique, qui ressemble un peu à une cabine téléphonique, a été construit à l’initiative de membres de la Défense civile du camp pour tenter de se...

commentaires (2)

UNE BOMBE A RETARDEMENT !

LA LIBRE EXPRESSION DEFIE LA CENSURE

10 h 23, le 16 avril 2020

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Commentaires (2)

  • UNE BOMBE A RETARDEMENT !

    LA LIBRE EXPRESSION DEFIE LA CENSURE

    10 h 23, le 16 avril 2020

  • Bien maallem Mounir, déjà commencer par être une famille de trois ou quatre serait un bon début?

    Mago1

    00 h 54, le 16 avril 2020

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