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Économie - Coronavirus

Les voyagistes reprochent aux compagnies aériennes de ne pas rembourser les annulations

L’entrée d’une agence de voyages au Kesrouan pendant le confinement. Photo P.H.B.

La mise à l’arrêt quasiment complet des vols de passagers dans le monde en plein contexte de pandémie de coronavirus a été à l’origine de nombreuses annulations de billets et de séjours dans le monde. Une tendance qui n’a pas épargné le Liban où une écrasante majorité d’agents ont logiquement plus annulé de ventes qu’ils n’en ont réalisés ces deux derniers mois, selon l’Association des agences de voyages et de tourisme au Liban (Attal).

Or, selon plusieurs acteurs de la profession, beaucoup de compagnies aériennes – à l’exception de la compagnie nationale Middle East Airlines – ne remboursent plus les voyagistes et se contentent d’émettre des avoirs valables pendant une certaine période – généralement un an. « Le système de compensation automatique qui existe et à travers lequel les montants des sommes que les compagnies aériennes devaient rembourser aux voyagistes auraient été retranchés de celles qu’ils devaient eux-même payer a été suspendu », a confirmé à L’Orient-Le Jour le président de l’Attal, Jean Abboud. La plateforme de compensation est pilotée par l’Association internationale du transport aérien (IATA), qui regroupe plus de 80 % du trafic mondial, et elle est utilisée par les voyagistes agréés par cette dernière.

« Les voyagistes se retrouvent obligés de rembourser les clients qui ne veulent pas d’avoir, souvent en dollars, en avançant des fonds qu’ils ne sont pas sûrs de récupérer », rapporte un voyagiste sous couvert d’anonymat. Il ajoute que certaines compagnies encaissent malgré tout les pénalités dues en cas d’annulation. « Le phénomène ne touche pas uniquement le Liban car la majorité des compagnies aériennes ont des problèmes de trésorerie à cause de la pandémie », nuance-t-il, avant de rappeler que les voyagistes ne sont pas autorisés à ouvrir pendant l’état d’urgence sanitaire décrété le 15 mars pour contenir l’épidémie de Covid-19. « Tout ou presque se fait par téléphone », indique-t-il.


(Lire aussi : Coronavirus au Liban : lancement d’une pétition pour sauver les professionnels du tourisme)


Polémique concernant les rapatriements
C’est par exemple le cas en Europe où beaucoup de transporteurs enfreignent la réglementation en vigueur en proposant des avoirs en lieu et place de remboursements. En France, l’État est intervenu via une ordonnance publiée fin mars et mise à jour hier, qui organise la « résolution de certains contrats de voyages touristiques et de séjours en cas de circonstances exceptionnelles et inévitables ou de force majeure ». Au Liban, les autorités n’ont pas encore pris de mesures à ce sujet, et les voyagistes envisagent de suspendre les remboursements aux clients jusqu’à ce qu’un mécanisme clair soit mis en place avec les compagnies aériennes.

Les voyagistes libanais ont enchaîné les coups durs ces derniers mois entre la baisse de leur activité due à la crise économique et financière que le pays traverse depuis fin août, les répercussions des restrictions bancaires sur les mécanismes de compensation de l’IATA et enfin l’impact de la pandémie. Certains d’entre eux pointent également le fait que seule la MEA soit habilitée par l’État à organiser les rapatriements de citoyens libanais. « Nous nous sommes coordonnés avec nos partenaires en Europe pour tenter de proposer des solutions alternatives moins coûteuses pour les expatriés désireux de rentrer au Liban. Mais les autorités ont refusé toutes les solutions proposées en invoquant des arguments d’ordre sanitaire ou sécuritaire pas franchement convaincants », dénonce un des voyagistes interrogés. Les rapatriements organisés ces derniers jours par la MEA ont été au centre d’une polémique concernant les prix très élevés des billets pratiqués par la compagnie nationale.



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