Décès

L'ex-vice-président syrien Abdel Halim Khaddam est mort en exil en France

Durant la guerre civile libanaise (1975-1990), Abdel Halim Khaddam était l'une des figures principales du régime syrien et en charge du dossier libanais, jusqu'à ce que Hafez el-Assad délègue cette question à son fils Bachar.

Abdel Halim Khaddam reçu par Rafic Hariri à Koraytem en juin 2001. Photo d'archives L'OLJ

Abdel Halim Khaddam, ancien vice-président syrien devenu une figure de l'opposition en exil au régime, est mort mardi en France, rapporte l'agence Reuters, citant un de ses proches. Khaddam, qui était âgé de 88 ans, a succombé à une crise cardiaque, précise Salah Ayach.

Après trente années passées au service de Hafez el-Assad puis de son fils, Bachar, dans les instances du pouvoir syrien, Abdel Halim Khaddam avait fait défection et s'était réfugié à Paris en 2005. En 2011, en pleine contestation contre le régime Assad, avant que la crise ne se transforme en lutte armée, il avait tenté de fédérer les différents mouvements d'opposition en créant à Paris un Comité national de soutien à la révolution syrienne (CNSRS) et appelait à une intervention de la communauté internationale contre Damas. "Si la communauté internationale ne réagit pour stopper ces crimes et protéger les civils, les Syriens seront contraints de prendre les armes pour se défendre eux-mêmes", avait-il dit dans une interview accordée à Reuters en novembre 2011.

Aux opposants qui se méfiaient de son long passé au service du régime baassiste et pointaient ses richesses accumulées, il répondait ne pas avoir de sang sur les mains, son travail s'étant focalisé sur les affaires étrangères. Et ajoutait: "Il est vrai que j'étais avec Assad. Je m'opposais aux politiques intérieures, mais je ne me suis pas attaqué au régime parce que la sanction pour ceux qui s'opposaient à lui, c'était la prison à perpétuité ou la mort."


Khaddam et le dossier libanais
Le régime de Hafez el-Assad était intervenu militairement au Liban, au début de la guerre civile de 1975, à l'appel des milices chrétiennes qui luttaient contre les forces palestiniennes ainsi que leurs alliés musulmans et ceux des partis de gauche. Les troupes syriennes, tenues responsables de nombreuses exactions, sont restées au Liban jusqu'en 2005. Elles ont quitté le territoire libanais sous la pression de la communauté internationale, après l'assassinat, le 14 février 2005, de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, qui aurait été commandité par le régime syrien, selon de nombreux observateurs, et dont ont été accusés des membres du Hezbollah, proche allié de ce régime. 


De gauche à droite : Baha' Hariri (fils de Rafic Hariri), Abdel Halim Khaddam et le président du Parlement libanais Nabih Berry lors des condoléances après l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri en février 2005 à Beyrouth. Archives L'OLJ



Durant la guerre civile libanaise (1975-1990), Abdel Halim Khaddam était l'une des figures principales du régime syrien et en charge du dossier libanais, jusqu'à ce que Hafez el-Assad délègue cette question à son fils Bachar. En 2005, Khaddam avait critiqué l'assassinat de Rafic Hariri et la politique étrangère syrienne, avant d'annoncer sa démission du parti Baas en septembre de la même année.  "Ce sont des membres du Hezbollah ainsi que des éléments partisans du régime syrien qui sont derrière cet attentat politique", affirmait-il en mai 2015 dans un entretien publié sur le site Elaph, tout en soulignant que "le Hezbollah ne peut perpétrer un assassinat d'une telle envergure en l'absence d'une décision iranienne explicite dans ce sens". Il notait qu'il y avait une volonté iranienne d'éliminer Rafic Hariri car ce dernier, "étant prosaoudien, empêchait le Hezbollah d'avoir une emprise totale sur le pays".

En 1998, Abdel-Halim Khaddam affirmait qu’au Liban, il y a "une seule culture, la culture arabe". Il expliquait que les propos selon lesquels il y aurait une pluralité de cultures au Liban "ne repose pas sur des fondements scientifiques ou objectifs", même si ce sont des Libanais qui les tiennent.



Abdel Halim Khaddam reçu par le leader druze Walid Joumblatt en mai 2002 au Liban. Archives L'OLJ



Après l'annonce du décès de l'ancien responsable syrien, l'ancien ministre des Télécoms et membre du courant du Futur de Saad Hariri, Jamal Jarrah, a tweeté une photo de Abdel Halim Khaddam en compagnie de l'ancien Premier ministre Hariri.  "Que ton âme soit au paradis Abou Jamal (surnom de Abdel Halim Khaddam), toi l'ami fidèle de Rafic", a écrit M. Jarrah.






Abdel Halim Khaddam, ancien vice-président syrien devenu une figure de l'opposition en exil au régime, est mort mardi en France, rapporte l'agence Reuters, citant un de ses proches. Khaddam, qui était âgé de 88 ans, a succombé à une crise cardiaque, précise Salah Ayach.

Après trente années passées au service de Hafez el-Assad puis de son fils, Bachar, dans les instances du...

commentaires (5)

Il est en train de passer le test ultime en ce moment. A-t-il fait le bien, a-t-il fait le mal? J’espère sincèrement qu’il passera son test, mais je crains que ce soit difficile...

Gros Gnon

18 h 22, le 31 mars 2020

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Commentaires (5)

  • Il est en train de passer le test ultime en ce moment. A-t-il fait le bien, a-t-il fait le mal? J’espère sincèrement qu’il passera son test, mais je crains que ce soit difficile...

    Gros Gnon

    18 h 22, le 31 mars 2020

  • Un de ceux que l'histoire doit oublier, ou s'en rappeler pour les malheurs qu'il a amené!!

    Wlek Sanferlou

    18 h 13, le 31 mars 2020

  • Quel désastre ce type et tous ceux de son acabit

    M.E

    16 h 58, le 31 mars 2020

  • Mourir à Paris à 88 ans victime d'une crise cardiaque, que de mourir... à Damas à 73 ans.

    Honneur et Patrie

    14 h 30, le 31 mars 2020

  • Le moins qu'on puisse dire c'est qu'il n'est pas mort pour sa patrie .

    FRIK-A-FRAK

    14 h 00, le 31 mars 2020