Liban

Marche à Tripoli : "Ne nous confinez pas, nourrissez-nous"

A Hay el-Sellom, dans la banlieue sud de Beyrouth, des habitants du quartier sont descendus dans la rue pour crier : "Nous voulons manger, nous voulons vivre".

Capture d'écran d'une vidéo prise à Hay el-Sellom, dans la banlieue-sud de Beyrouth.

Des dizaines des personnes ont marché dans les rues de Tripoli, au Liban-Nord, en criant "nous voulons manger, nous avons faim" et "ne nous confinez pas, nourrissez-nous", rapportait dimanche soir l'Agence nationale d'information (Ani, officielle). Alors que le Liban traverse une crise économique sans précédent, le pays doit également affronter la pandémie du nouveau coronavirus.

A Hay el-Sellom, dans la banlieue sud de Beyrouth, des habitants du quartier sont également descendus dans la rue pour crier : "Nous voulons manger, nous voulons vivre". Selon Kassem Kassir, un analyste proche des milieux du Hezbollah interrogé par l'OLJ, "des personnes, opposées à la fermeture de certains commerces ont tenté de les rouvrir par la force" à Hay el-Sellom dimanche soir. Il précise toutefois qu'il n'y a pas eu de dérapages violents. "Le Hezbollah essaie autant que possible de contenir ce mouvement de colère en mobilisant toutes les ressources à sa disposition, comme les associations caritatives ou les ONG", poursuit-il. "Le Hezbollah ne peut pas se substituer à l’État et nourrir tout le monde", estime toutefois Ghassan Jawad, un autre journaliste proche du parti chiite interrogé par l'OLJ.

Le Liban est plongé depuis des mois dans une crise économique et financière, fruit de décennies de gestion hasardeuse, de tensions politiques et de chocs régionaux qui ont fragilisé tous les fondements de son modèle économique. Pour lutter contre la propagation du virus, le Liban a imposé des mesures de confinement à toute la population jusqu'au 12 avril, pour le moment du moins, et un couvre-feu quotidien qui s'étend de 19h à 5h. Ecoles et universités, mais aussi restaurants et bars ont été fermés. Les Libanais font, en outre, face depuis des mois à des restrictions bancaires draconiennes sur fond de crise des liquidités.


(Reportage : Dans les bidonvilles de Tripoli)


Dans ce contexte, les entreprises libanaises, déjà malmenées par la crise, ont presque littéralement la tête sous l’eau depuis le 15 mars, date à laquelle les autorités libanaises ont décrété l’état d’urgence sanitaire. La gravité de la situation a poussé une partie des représentants des filières locales à réclamer la mise en place de mesures de soutien à l’économie, sur le modèle de celles qui ont été adoptées dans d’autres pays. En réponse, la Banque du Liban a publié, la semaine dernière, une nouvelle circulaire (n° 547) proposant une solution temporaire afin de limiter pour trois mois au moins les problèmes de liquidités rencontrés par les entreprises locales.

Le gouvernement a par ailleurs lancé, également la semaine dernière, un plan "d’aide sociale durable" de 12 milliards de livres (environ 6 millions de dollars, au taux de 2.000LL/dollar), pour venir en aide aux catégories sociales les plus lésées par les mesures de confinement.

A Tripoli, 60 % des familles vivent en deçà de l’indice citadin de pauvreté, selon Adib Nehmé, consultant en développement et expert en lutte contre la pauvreté.

Dimanche, le ministère de la Santé a annoncé que deux nouvelles personnes contaminées au Liban par le nouveau coronavirus sont décédées au cours des dernières 24 heures, portant à 10 le nombre total des morts dues au Covid-19. De plus, 26 nouveaux cas ont été enregistrés. Ainsi, le nombre total de cas enregistrés depuis que la pandémie a atteint le pays du Cèdre, le 21 février, s'établit à 438 cas, dont 10 décès, quatre cas critiques et 32 guérisons. Le nombre actuel de personnes contaminées s'élève donc à 396.


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