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À La Une - Liban

Contre le gouvernement et la crise économique, la rue mobilisée à Beyrouth et Antélias

Les manifestants réclament notamment des élections anticipées. 

Des manifestants marchant du quartier de Hamra jusqu'au centre-ville de Beyrouth, au niveau de Kantari, le 5 mars 2020. Photo Matthieu Karam

Plusieurs centaines de personnes se sont mobilisées jeudi soir dans différentes régions du Liban, notamment à Beyrouth devant la Banque centrale, afin de crier leur colère contre les répercussions sur la population de la crise économique et financière que traverse le pays. Cette crise est la pire de ces trente dernières années au Liban, dont une partie de la population se soulève contre les dirigeants depuis près de cinq mois. 

Devant la BDL, une centaine de personnes ont commencé à se rassembler en fin de journée, criant des slogans contre le capitalisme, les banques libanaises, le gouverneur Riad Salamé, et les forces armées. Les contestataires doivent ensuite se mettre en route vers le centre-ville, dans une marche symbolique contre la cherté de la vie et la situation économique. 

Lors de cette marche, les participants ont notamment appelé à une grève générale et une journée de désobéissance civile vendredi. Ils ont copieusement insulté Riad Salamé et appelé à "faire tomber le gouvernement", rapporte notre journaliste sur place, Matthieu Karam. 

"Aujourd'hui, il est essentiel que nous soyons dans les rues, ce n'est pas un choix", affirme à L'Orient-Le Jour Charif, qui se décrit comme "activiste de la contestation depuis le 17 octobre". "Si nous ne nous mobilisons pas, rien ne changera", affirme-t-il. Il se dit "très optimiste" quant à l'impact qu'aura le mouvement sur l'avenir du pays. "Même si de temps en temps, la mobilisation est moins forte, les jeunes sont là et la volonté est là, parce que les souffrances sont là et grandissent de jour en jour !", estime ce jeune homme de 25 ans, qui cite dans ce cadre une phrase de Gandhi : "Aucun pays ne s'est jamais élevé sans s'être purifié au feu de la souffrance".

Au niveau du bâtiment de Starco, à quelques centaines de mètres de la place Riad el-Solh, des échauffourées ont brièvement éclaté entre les contestataires et les forces de l'ordre, mais ont rapidement été contenues. 

A Antélias, au nord de Beyrouth, plusieurs centaines de personnes ont marché dans les rues de la localité côtière, clamant leur manque de confiance dans le gouvernement de Hassane Diab. Les protestataires ont notamment scandé des slogans réclamant des élections législatives anticipées, une des grandes revendications du mouvement de contestation. 


(Lire aussi : Au cœur de la révolution libanaise, le réveil des gauches)


Eurobonds, taux de change et politiques monétaires
Plus tôt dans la journée, une poignée de personnes s'étaient rassemblées devant le palais de Justice de Beyrouth afin d'affirmer son refus du remboursement des prochaines échéances des titres de dettes publiques en devises émises par le gouvernement, dont une première de 1,2 milliard de dollars à solder le 9 mars. 

En province, des manifestations avaient eu lieu à Saïda et à Kfar Remmane (Nabatiyé), au Liban-Sud, ainsi qu'a Baalbeck dans la Békaa, contre la flambée du dollar face à la livre libanaise et pour protester contre les politiques monétaires en place.

Ces nouvelles mobilisations interviennent alors qu'au cours des dernières semaines, les principaux rassemblements avaient lieu le samedi, notamment dans le centre-ville de Beyrouth. Mercredi soir, de nombreux grands axes routiers de tout le pays avaient été bloqués par les contestataires.

Entretemps, le taux de change entre la livre libanaise et le dollar continue de grimper pour atteindre quelque 2.675 livres pour un dollar, alors que le taux officiel stabilisé par la Banque du Liban est toujours de 1.507,5 livres. Cette hausse est probablement liée à l’incertitude du marché alors que le gouvernement n’a toujours pas rendu sa décision de rembourser ou pas une série d’eurobonds d’une valeur de 1,2 milliard de dollars arrivant à échéance lundi. Depuis la fin de l’été 2019, et face à un creusement continu de la balance des paiements (flux de biens, de services et de capitaux entre le pays et le reste du monde) que la BDL a dû couvrir en puisant dans ses réserves, les banques ont vu leurs quotas journaliers de devises réduits. En conséquence, elles ont décidé de limiter fortement les retraits de dollars à travers les distributeurs automatiques et les guichets, entraînant l’apparition en septembre d’un taux de change parallèle.



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Plusieurs centaines de personnes se sont mobilisées jeudi soir dans différentes régions du Liban, notamment à Beyrouth devant la Banque centrale, afin de crier leur colère contre les répercussions sur la population de la crise économique et financière que traverse le pays. Cette crise est la pire de ces trente dernières années au Liban, dont une partie de la population se soulève...

commentaires (2)

SANS COMITE DE SUIVI ET SANS GOUVERNEMENT DE L,OMBRE PLUS DE RUE OU PLUTOT DES SEQUELLES PAR CI ET PAR LA.

LA LIBRE EXPRESSION DEFIE LA CENSURE

10 h 36, le 06 mars 2020

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Commentaires (2)

  • SANS COMITE DE SUIVI ET SANS GOUVERNEMENT DE L,OMBRE PLUS DE RUE OU PLUTOT DES SEQUELLES PAR CI ET PAR LA.

    LA LIBRE EXPRESSION DEFIE LA CENSURE

    10 h 36, le 06 mars 2020

  • Les élections anticipées n 'auront aucun effet positif tant que les contestataires n 'ont pas un leader ou un seul programme qui les unit avec un gouvenement dans l 'ombre .

    Antoine Sabbagha

    08 h 23, le 06 mars 2020

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