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Santé

Coronavirus : au Liban, les autorités jouent la transparence pour contrer une « infodémie »

Deux nouveaux cas ont été annoncés hier par le ministère de la Santé, l’un d’eux se trouvant à l’hôpital Notre-Dame des Secours, à Jbeil. Ce qui porte à quinze le nombre total des cas avérés.


Des employés de l’hôpital universitaire Rafic Hariri ont observé hier un sit-in devant le ministère de la Santé, réclamant davantage de matériel de protection contre le coronavirus, ainsi que l’application de la nouvelle grille des salaires en ce qui les concerne.

« Je suis une mère, je me fais du souci pour mes enfants. J’ai plus de 50 ans, donc j’appartiens au groupe de personnes à risque. Il n’en reste pas moins que je continue de vivre normalement, mais j’ai appris à bien me laver les mains et je le fais plus fréquemment, et ce pour me protéger du virus. Il n’y a aucune raison de paniquer. Il faut juste avoir recours à de simples mesures de protection. »

C’est un message clair que Yukie Mokuo, représentante de l’Unicef au Liban, a adressé hier à la population au Liban, dans une tentative de calmer la panique que suscite l’épidémie au nouveau coronavirus, Covid-19, qui sévit en Chine depuis fin décembre et qui s’est propagée à plus de 81 pays, dont le Liban, infectant plus de 94 000 personnes dont 3 200 sont mortes. Au cours d’une rencontre hier avec la presse au ministère de la Santé, elle a félicité le Liban pour « les efforts déployés » afin d’endiguer l’épidémie, affirmant que « jusqu’à présent, la transmission du virus est limitée ».

Il n’en demeure pas moins qu’une certaine panique règne, alimentée notamment par les fausses informations qui circulent, à l’échelle mondiale, sur les réseaux sociaux. Or « les faux messages peuvent mettre la vie des gens en danger », a insisté de son côté la représentante de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) au Liban, Iman Shankiti. C’est pour contrer certaines de ces fausses idées et répondre aux critiques qui lui sont adressées depuis la détection du premier cas d’infection au nouveau coronavirus (SARS-CoV-2) le 20 février dernier, que le ministère de la Santé a organisé hier cette rencontre au cours de laquelle ont été exposées les mesures prises par cette administration pour lutter contre l’épidémie au Liban où quinze cas confirmés ont été déclarés à ce jour, deux ayant été annoncés hier.


(Lire aussi : Comment la propagation du virus bouscule les habitudes au Liban)



« Le virus n’a pas besoin de visa ou de passeport »

« Selon l’Organisation mondiale de la santé, le Liban est toujours en phase d’endiguement du nouveau coronavirus, a affirmé le ministre de la Santé, Hamad Ali Hassan. Nous ne sommes pas encore entrés dans la phase de propagation. Nous poursuivrons le travail en toute transparence pour mettre en œuvre les mesures nécessaires telles que définies par l’OMS. » « Le virus n’a pas besoin de visa ou de passeport pour circuler, a encore insisté M. Hassan. À partir de là, il est de notre responsabilité de stopper sa propagation. La situation au Liban est sous contrôle, rassurante et sécurisée. » Il a salué « les soldats inconnus » qui « mettent en œuvre sur le terrain les mesures du ministère de la Santé », à commencer par les équipes du ministère, la Croix-Rouge libanaise, les corps médical et infirmier, ainsi que l’ensemble des employés de l’hôpital Rafic Hariri. Ces derniers ont néanmoins observé hier un sit-in devant le ministère, réclamant davantage de matériel de protection contre le coronavirus, ainsi que l’application de la nouvelle grille des salaires en ce qui les concerne. Les mesures prises par le ministère de la Santé ont été largement détaillées au cours de cette conférence. La directrice du programme de surveillance épidémiologique au ministère de la Santé, Nada Ghosn, a ainsi exposé le mécanisme de travail au sein de ce département qui identifie les cas et les isole, sachant que trois critères sont adoptés pour définir les cas suspects : avoir été dans un pays endémique ; une infection respiratoire aiguë dont les causes sont inconnues ; une infection respiratoire aiguë après avoir été en contact avec des personnes contaminées par le nouveau coronavirus. De son côté, la responsable du département de la médecine préventive, Atika Berry, a précisé que « bien avant le début de l’épidémie Covid-19, le ministère de la Santé contrôlait déjà toutes ses frontières, conformément aux dispositions des Règlements sanitaires internationaux que le Liban a signés en 1969 puis en 2010 ». « Il est donc de notre devoir de surveiller les frontières, même en l’absence d’épidémies », a-t-elle martelé, mettant l’accent sur la nécessité que chaque maillon de la chaîne de santé assume ses responsabilités, du ministère de la Santé, bien sûr, jusqu’au citoyen.


(Pour mémoire : Coronavirus : le Liban suspend l'entrée des voyageurs étrangers en provenance des pays les plus touchés)



La lutte contre l’épidémie en chiffres

Le directeur général du ministère de la Santé, Walid Ammar, a, quant à lui, exposé les procédures auxquelles a recours le ministère depuis l’annonce de l’épidémie en Iran, le 20 février dernier. Il a ainsi rappelé qu’à cette date, une équipe du ministère s’est rendue à l’aéroport où elle a examiné les passagers à bord de l’avion en provenance de la ville sainte chiite de Qom. C’est à bord de cet avion que le premier cas a été détecté. Le ministère a alors demandé à la Sûreté générale une liste des passagers rentrés d’Iran au cours des quatorze jours ayant précédé la déclaration de ce premier cas et dont le nombre s’est élevé à 942 passagers. « Ils ont été contactés et leur état de santé a été suivi de près jusqu’à la fin de la période d’incubation », a noté le Dr Ammar, signalant qu’aucun cas n’a été signalé parmi eux.

Six avions en provenance d’Iran ont atterri au Liban depuis le 20 février, avec à leur bord 1 230 passagers qui observent un isolement à domicile et sont également suivis par les équipes du ministère.

En ce qui concerne la Chine, le ministère a identifié les passagers rentrés au Liban depuis le 30 janvier. Au total, ils étaient 400 dont 78 sont toujours au Liban et suivis de près par le ministère de la Santé. Aucun cas n’a été détecté parmi eux.

L’Italie a annoncé ses premiers cas d’infection au nouveau coronavirus le 23 février. À partir de cette date, 276 personnes sont rentrées au Liban, réparties sur quatre vols. Elles sont suivies de près par les équipes du ministère.

Par ailleurs, 64 personnes sont entrées au Liban via les postes-frontières terrestres : 62 d’Iran, un d’Italie et un de Chine. Le Dr Ammar a signalé à ce niveau qu’un des patients déclarés a été contaminé par son fils qui est rentré d’Iran le 16 février à travers la Syrie.

Interrogé sur l’utilité de la fermeture des écoles, le médecin a précisé qu’une telle mesure a été prise pour réduire les rassemblements et, par conséquent, les chances d’exposition au virus. « Mais pour de nombreuses familles, cela a été une occasion pour aller skier », a-t-il critiqué.


« Ne pas se laisser aller à la peur »

Depuis la déclaration du premier cas au Liban, un numéro vert (76/592699) a été mis à la disposition des citoyens. Du 21 février au 3 mars, 735 appels ont été reçus, dont 62 ont été référés à l’hôpital universitaire Rafic Hariri. Cet établissement, qui a aménagé et équipé un bâtiment pour accueillir les cas d’infection au nouveau coronavirus, a effectué, jusqu’au 3 mars, 305 tests de dépistage dont 13 se sont avérés positifs. Huit de ces cas ont été infectés par le virus en dehors du Liban et les cinq autres ont été contaminés au Liban, après avoir été en contact avec des patients en provenance de l’étranger. Selon le bilan quotidien de l’hôpital, deux nouveaux cas ont été enregistrés hier, dont un qui se trouve actuellement dans un état critique à l’hôpital Notre-Dame des Secours, à Jbeil. C’est un quinquagénaire ayant récemment séjourné en Égypte. De plus, l’hôpital a annoncé avoir accueilli, au cours des 24 dernières heures, 45 personnes suspectées d’être atteintes du virus, dont quinze ont été mises en quarantaine.

Quant à T.S., la première patiente à avoir été détectée et dont la guérison a été annoncée mardi, elle se trouve toujours à l’isolement. Le test de dépistage de la charge virale était légèrement élevé hier. « Il faut avoir deux tests négatifs dans un intervalle de vingt-quatre heures pour qu’elle puisse quitter l’hôpital », a précisé le Dr Ammar à L’Orient-Le Jour. Tous les autres malades sont dans un état stable, à l’exception de l’Iranien, qui reste dans un état critique.

Dans la matinée, l’hôpital avait répondu à des rumeurs sur un cas suspect au sein de son équipe. Il a expliqué que les résultats des tests pratiqués sur l’un de ses employés administratifs se sont avérés négatifs, et que ce dernier, qui souffrait d’un rhume et qui avait été mis en congé temporaire, a regagné son poste et ne présente pas de risques.

Enfin, et pour limiter la propagation du nouveau coronavirus, les évêques maronites ont incité hier les fidèles à ne pas se serrer la main lors de l’échange de la paix durant la messe, et les prêtres à donner l’hostie aux fidèles dans la main, « uniquement durant cette période ». Ils ont appelé, à l’issue de leur réunion mensuelle à Bkerké, « à ne pas se laisser aller à la peur et à œuvrer à la prévention personnelle ».


Pour mémoire

La première patiente infectée au Covid-19 est guérie


« Je suis une mère, je me fais du souci pour mes enfants. J’ai plus de 50 ans, donc j’appartiens au groupe de personnes à risque. Il n’en reste pas moins que je continue de vivre normalement, mais j’ai appris à bien me laver les mains et je le fais plus fréquemment, et ce pour me protéger du virus. Il n’y a aucune raison de paniquer. Il faut juste avoir recours à de...

commentaires (2)

VENUE D,IRAN CETTE EPIDEMIE EST LA BIENVENUE POUR CERTAINS QUI LA JUGENT OU SAINTE OU PROPAGANDE TRUMPIENNE. ET LES CAS SE MULTIPLIENT...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

14 h 05, le 05 mars 2020

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Commentaires (2)

  • VENUE D,IRAN CETTE EPIDEMIE EST LA BIENVENUE POUR CERTAINS QUI LA JUGENT OU SAINTE OU PROPAGANDE TRUMPIENNE. ET LES CAS SE MULTIPLIENT...

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    14 h 05, le 05 mars 2020

  • Quon arrête de nous enfumer avec cette psychose orchestrée.

    FRIK-A-FRAK

    09 h 28, le 05 mars 2020