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Société - Épidémie

La première patiente infectée au Covid-19 est guérie

Une deuxième patiente ne présente plus aucun symptôme, mais son test de dépistage reste positif. Elle ne sortira de l’hôpital que lorsque deux tests effectués dans un intervalle de vingt-quatre heures s’avéreront négatifs.

Chambre d’isolement à l’hôpital universitaire Rafic Hariri. Photo Nabil Ismaïl

Enfin une bonne nouvelle. T.S., une Libanaise de 45 ans, la première à avoir été diagnostiquée avec une infection au nouveau coronavirus Covid-19 est guérie. T.S. était à bord de l’avion en provenance de la ville sainte chiite de Qom, en Iran, qui a atterri à Beyrouth le 20 février. « Cela fait plusieurs jours qu’elle ne présentait plus aucun symptôme de la maladie, mais ce n’est qu’aujourd’hui (hier) que son test s’est avéré négatif », explique à L’Orient-Le Jour le Dr Walid Ammar, directeur général du ministère de la Santé. « Un autre test lui sera effectué demain (aujourd’hui). S’il s’avère négatif, elle pourra quitter l’hôpital, poursuit-il.

Une autre patiente, deuxième cas à avoir été détecté le 25 février et épidémiologiquement lié à celui de T.S., « est aussi cliniquement guérie », annonce le Dr Ammar. « Elle ne présente plus aucun symptôme et par conséquent, elle n’est plus contagieuse, explique-t-il. Son test PCR (test de dépistage du génome d’un micro-organisme) reste toujours positif. Elle ne sortira de l’hôpital que lorsque deux tests effectués dans un intervalle de vingt-quatre heures s’avéreront négatifs. »

Si ces guérisons étaient confirmées, le nombre de cas avérés au Liban passerait de 13 à 11, le ministère de la Santé n’ayant annoncé aucun nouveau cas d’infection hier. « Nous maîtrisons la situation », se félicite le Dr Ammar, soulignant que le risque que représentaient les avions ayant atterri au Liban avant le 20 février, date à laquelle l’Iran avait annoncé des cas d’infection au Covid-19, a été réduit, la période d’incubation du virus, qui s’étend jusqu’à quatorze jours, ayant été dépassée. « Nous sommes toujours en phase d’endiguement du virus », affirme-t-il. Cela ne signifie pas pour autant que « la vigilance doit baisser », ajoute le Dr Ammar, mettant l’accent sur la nécessité de se conformer aux recommandations du ministère de la Santé, principalement pour ce qui est de l’isolement volontaire à domicile et des règles d’hygiène. « C’est une responsabilité civique », insiste-t-il encore.

Le virus se transmettant par gouttelettes respiratoires au même titre que les virus de la grippe, ou par le contact avec des mains contaminées ou encore un objet contaminé, il est recommandé de garder une distance d’au moins deux mètres avec une personne présentant un syndrome respiratoire aigu, c’est-à-dire qui tousse ou éternue. Il est aussi conseillé de se laver les mains fréquemment, de se couvrir le nez et la bouche avec un mouchoir jetable lorsqu’on tousse ou éternue ou de le faire dans le coude, et d’éviter de se toucher les yeux ou les muqueuses si on ne s’est pas lavé les mains. Dans les milieux hospitaliers, il est conseillé de porter un masque.



(Lire aussi : Comment la propagation du virus bouscule les habitudes au Liban)



Un milliard de livres
Dans son bilan quotidien, l’hôpital universitaire Rafic Hariri a annoncé qu’entre lundi et mardi, 47 personnes ont été admises aux urgences du bâtiment consacré à l’épidémie du nouveau coronavirus, « douze d’entre elles ont été placées en quarantaine, les autres devant observer un isolement à domicile ». « Des tests ont été effectués sur 59 personnes et se sont avérés tous négatifs » , au nombre desquels T.S., a ajouté l’établissement. En outre, « 25 personnes qui étaient mises en quarantaine ont quitté l’hôpital » hier, mais « doivent observer l’isolement chez elles ». Elles ont été munies des recommandations nécessaires à cet effet. Au total donc, neuf patients se trouvent actuellement en quarantaine et treize en chambres d’isolement. Quant au patient iranien, « il se trouve toujours dans un état critique », a précisé l’hôpital dans un communiqué, soulignant que « l’état de santé de tous les autres patients est stable ».

Plus tôt dans la journée, le président de la commission parlementaire de la Santé, le député Assem Araji, avait affirmé que le Liban se trouve en phase d’« endiguement du virus, mais nous devons être préparés au cas où les cas d’infection augmenteraient ». Il a souligné dans ce cadre la nécessité d’équiper d’autres hôpitaux gouvernementaux, sachant que si l’épidémie devait s’intensifier au Liban, « il faudrait dans ce cas s’adresser également aux hôpitaux privés ».

M. Araji a noté que l’un des problèmes rencontrés reste la pénurie de certaines fournitures médicales, comme les masques. « L’État doit soutenir l’hôpital Hariri », a-t-il encore insisté, notant que le Haut Comité des secours a consacré, avec l’accord du Conseil des ministres, la somme d’un milliard de livres pour les fournitures médicales. « L’argent doit être débloqué dans les plus brefs délais », a-t-il précisé. Et M. Araji de faire valoir que « le test du coronavirus est uniquement disponible au sein de l’hôpital Rafic Hariri et non dans les laboratoires », affirmant que celui-ci est « gratuit ».



(Pour mémoire : Coronavirus : le Liban suspend l'entrée des voyageurs étrangers en provenance des pays les plus touchés)



Les rues de Beyrouth bientôt désinfectées
Par ailleurs, le député de Beyrouth Hagop Terzian (Tachnag) a signalé sur son compte Twitter que toutes les rues, routes, lieux publics et voisinages des hôpitaux de Beyrouth allaient être désinfectés par les services de la municipalité « dans l’intérêt des citoyens et dans le but de prévenir le risque que pose le coronavirus ». Selon lui, cette décision a été prise en coordination avec le mohafez de Beyrouth, Ziad Chbib.Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) a de son côté annoncé la suspension des audiences judiciaires dans les tribunaux et instances judiciaires sur l’ensemble du territoire, à partir d’aujourd’hui et jusqu’à vendredi. Cette décision, prise en concertation avec le ministère de la Justice, est temporaire, précise le CSM, notant que les instances pénales pourront continuer à statuer sur les demandes de libération.

Sur un autre plan, le ministère de la Santé a lancé hier, en coordination avec l’Unicef et la Direction générale de la Sûreté générale, une session de formation sur les moyens de se protéger du coronavirus aux postes-frontières du Liban-Nord.

De plus, l’ambassade du Liban à Rome a appelé les ressortissants libanais en Italie à suivre les recommandations du ministère italien de la Santé. Elle leur a en outre déconseillé de rentrer au Liban, « sauf pour des cas d’urgence, et ce pour éviter de transporter le virus ». Dans un communiqué, l’ambassade a aussi appelé les ressortissants libanais à « éviter de se déplacer en cette période critique, de se faire tester avant de se rendre au Liban » et « de se diriger vers un hôpital dès l’apparition du moindre symptôme ». Elle a mis aussi à leur disposition des numéros verts pour plus d’informations ou pour signaler une urgence : 93382133083 ; 93383362015, ainsi que le 93393093659 pour ceux qui habitent le nord de l’Italie.

De son côté, le Koweït a demandé aux voyageurs venus de dix pays, dont le Liban, de fournir la preuve auprès des services consulaires koweïtiens de leur non-contamination au Covid-19.

Il convient de noter que le groupe parlementaire du courant du Futur a critiqué hier la « légèreté » avec laquelle le gouvernement gère l’épidémie du nouveau coronavirus, estimant que ce dossier est traité « avec des considérations politiques qui sont incompatibles avec le souci le plus élémentaire de la sécurité sanitaire publique ». « Les autorités compétentes auraient dû créer un pont aérien sanitaire pour rapatrier les Libanais souhaitant revenir dans leur pays », a estimé le groupe dans un communiqué publié à l’issue de sa réunion hebdomadaire. Il a appelé le gouvernement à « distancier les Libanais du danger du coronavirus, que ce danger vienne d’Iran ou d’ailleurs ».


Enfin une bonne nouvelle. T.S., une Libanaise de 45 ans, la première à avoir été diagnostiquée avec une infection au nouveau coronavirus Covid-19 est guérie. T.S. était à bord de l’avion en provenance de la ville sainte chiite de Qom, en Iran, qui a atterri à Beyrouth le 20 février. « Cela fait plusieurs jours qu’elle ne présentait plus aucun symptôme de la maladie, mais ce...
commentaires (3)

"...la première à avoir été diagnostiquée avec une infection au nouveau coronavirus Covid-19 est guérie." Il est à noter que Covid-19 est le nom donné à la maladie(COrona VIrus Disease-19), et non au virus, qui, lui, se nomme "coronavirus-2", pour le distinguer du précédent, qui a causé l'épidémie du SARS...

Georges MELKI

16 h 52, le 05 mars 2020

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Commentaires (3)

  • "...la première à avoir été diagnostiquée avec une infection au nouveau coronavirus Covid-19 est guérie." Il est à noter que Covid-19 est le nom donné à la maladie(COrona VIrus Disease-19), et non au virus, qui, lui, se nomme "coronavirus-2", pour le distinguer du précédent, qui a causé l'épidémie du SARS...

    Georges MELKI

    16 h 52, le 05 mars 2020

  • PUIS INFECTEE DE NOUVEAU !

    LA LIBRE EXPRESSION

    19 h 15, le 04 mars 2020

  • Si dans cinq jours ,on ne détecte aucun nouveau cas parmi les proches, on pourrait espérer un arrêt des contaminations survenues aux premiers jours. Mais,il faut rester vigilant sur toutes les frontières terrestres et aériennes en plus des maritimes.

    Esber

    05 h 04, le 04 mars 2020

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