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Moyen Orient et Monde

Attaque contre le destroyer USS Cole : Khartoum signe un accord avec les proches des victimes

Soudan

Les nouvelles autorités espèrent que les États-Unis retireront leur pays de la liste des pays soutenant le terrorisme.

OLJ
14/02/2020

Le Soudan a annoncé hier avoir signé un accord avec les proches de marins américains tués dans l’attentat contre le navire de guerre USS Cole au Yémen en 2000, un préalable au retrait de Khartoum de la liste américaine des États « soutenant le terrorisme ».

Cette attaque, revendiquée par el-Qaëda et qui avait tué 17 soldats américains, avait été perpétrée par deux kamikazes qui s’étaient entraînés au Soudan, où le fondateur de la nébuleuse jihadiste Oussama Ben Laden avait vécu de 1992 à 1996.

Le Soudan était à l’époque dirigé par Omar al-Bachir, renversé par l’armée en avril dernier sous la pression d’une révolte populaire. L’actuel gouvernement civil, formé quelque mois après cette destitution, a fait du retrait de la liste noire américaine une priorité pour le pays.

Khartoum figure dans cette liste depuis 1993, sur des accusations de soutien à des groupes extrémistes islamistes, et, depuis plusieurs mois, les autorités soudanaises de transition négocient avec Washington la fin de cette mise à l’index, dont l’indemnisation des victimes de l’attaque contre l’USS Cole est une condition sine qua non.

« Dans le cadre des efforts du gouvernement de transition pour retirer le Soudan de la liste (des États soutenant) le terrorisme, un accord a été signé le 7 février avec les familles des victimes de l’USS Cole », a indiqué hier le ministère de la Justice soudanais, sans fournir d’autres détails, notamment le montant des compensations.

Conclu à Washington, l’accord « précise clairement que le gouvernement soudanais n’était pas responsable de l’attaque ou d’aucune attaque terroriste de la sorte et qu’il n’a conclu cet accord que pour (...) remplir la condition émise par l’administration américaine afin d’être retiré de la liste », a-t-il ajouté.

Le 12 octobre 2000, le canot manœuvré par les deux kamikazes avait explosé contre le destroyer américain USS Cole, qui s’approvisionnait en carburant dans la rade de Aden, éventrant le flanc du bâtiment. L’attaque avait tué 17 marins américains ainsi que les deux assaillants.

La justice américaine avait ensuite jugé que le Soudan, où les deux kamikazes s’étaient entraînés, avait une responsabilité dans l’attaque, ce que Khartoum a toujours nié.

Frein économique

En 2012, un juge de Washington avait ordonné au Soudan de verser plus de 300 millions de dollars aux familles des victimes. D’autres magistrats avaient ensuite demandé à des banques de débloquer des avoirs soudanais pour commencer à payer cette somme. Mais, en mars 2019, la Cour suprême américaine avait annulé ce jugement pour des raisons de procédure.

Les relations entre Washington et Khartoum s’étaient détériorées peu après l’arrivée au pouvoir de M. Bachir, lors d’un coup d’État soutenu par des islamistes en 1989. Outre le placement du Soudan sur leur liste noire, les États-Unis ont imposé un embargo économique au pays à partir de 1997, finalement levé 20 ans plus tard. Selon des responsables et hommes d’affaires soudanais, le maintien du pays sur cette liste rend les transactions financières internationales impossibles et barre la route aux investissements étrangers, freinant toute reprise de l’économie.

Le Soudan est frappé par une grave crise, avec une inflation annuelle de 60 %, selon les chiffres officiels, et des réserves de devises quasi inexistantes. Les difficultés économiques chroniques ont été l’élément déclencheur de la vague de protestation en décembre 2018 qui a fini par emporter Omar al-Bachir en avril 2019.

Le Soudan s’est doté en août d’un Conseil souverain, une instance à majorité civile appelée à superviser la transition, selon les termes d’un accord entre le Conseil militaire, qui avait succédé à M. Bachir, et les meneurs de la contestation.

Le 2 février, le Soudan a annoncé que le chef de ce Conseil, le général Abdel Fattah el-Burhane, avait été convié à une visite officielle à

Washington, la première invitation d’un haut responsable soudanais par les États-Unis depuis plus de 30 ans.

Source : AFP

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