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Brexit : entre l'UE et le Royaume-Uni, le divorce est officiellement prononcé

Après trois ans et demi de déchirements, le Royaume-uni aborde une nouvelle page incertaine de son histoire.

Fin du compte à rebours, vendredi 31 janvier, à 23h, heure de Londres, au 10 Downing Street. AFP / Tolga AKMEN

Cette fois, c'est fini. Après 47 ans de vie commune houleuse, le divorce est prononcé. Le Royaume-Uni est sorti vendredi soir de l'Union européenne, mettant fin à 47 ans de mariage houleux et ouvrant une nouvelle page incertaine de son histoire. Reporté trois fois, le grand départ historique est devenu effectif à 23h à Londres et GMT, minuit à Bruxelles. Le Royaume-Uni est devenu vendredi le premier pays à quitter l'Union européenne.

Il aura fallu trois ans et demi de déchirements dans les familles et d'invectives au Parlement pour que le grand saut dans l'inconnu, voté à 52% par les Britanniques en 2016, se concrétise. Le Royaume-Uni doit désormais s'atteler à la tâche difficile de rebâtir des relations avec le bloc réduit à 27 mais aussi les grandes puissances comme les Etats-Unis de Donald Trump qui lui font des appels du pied. Juste après le Brexit, Washington a d'ailleurs promis, par la voix du secrétaire d'Etat Mike Pompeo, à Londres de renforcer les relations bilatérales. "Nous allons continuer à renforcer nos relations déjà fortes, productives et prospères avec le Royaume-Uni au moment où ils ouvrent un nouveau chapitre", a-t-il tweeté quelques minutes après la sortie officielle du pays de l'Union européenne.


(Repère : Brexit: ce qui change au 1er février)


Aux abords du Parlement de Westminster où fourmillaient les drapeaux britanniques, une foule de milliers de personnes exultait, criant: "Liberté !" Peu avant l'heure fatidique, 23h à Londres, le Premier ministre Boris Johnson a prédit que le Brexit, dont il a été un promoteur acharné, serait un "succès retentissant", "quels que soient les obstacles". "La chose la plus importante à dire ce soir, c'est que ce n'est pas la fin, mais le début, le moment où l'aube pointe et le rideau se lève sur un nouvel acte", a-t-il ajouté, lyrique, promettant "le début d'une nouvelle ère de coopération amicale" avec l'Union européenne.

Commerce, sécurité, pêche... Avec Bruxelles, les termes de la coopération doivent être définis d'ici à la fin de l'année. Dès les semaines à venir, des négociations qui s'annoncent âpres vont s'ouvrir et leur issue reste très incertaine.

Dans le nord de l'Angleterre, dans la ville de Morley, qui a voté à 60% pour le Brexit, une grande fête a été organisée dans une salle ornée aux couleurs du Royaume-Uni. "J'attendais ça depuis 2016", jubile Joshua Spencer, étudiant de 25 ans.


"Perdre des droits"

L'événement marque un nouvel épisode où tout reste à écrire mais pas la fin des divisions qui ont fracturé le Royaume-Uni. Les Remainers gardent un goût amer, notamment dans les provinces britanniques qui ont voté majoritairement pour rester dans l'UE, en Écosse et Irlande du Nord.

A Edimbourg, le drapeau continuera de flotter après le Brexit devant l'assemblée locale, où des centaines de personnes se sont réunies vendredi soir pour dire leur opposition au départ de l'UE. La Première ministre Nicola Sturgeon a répété sa détermination à lutter contre le refus de Londres d'autoriser un référendum sur l'indépendance. "C'est une honte" que l’Écosse quitte l'UE contre sa volonté, pestait Joe Harrow, guide touristique de 62 ans. "Nombre d'entre nous s'identifient comme écossais et européens."

A 55 ans, Boris Johnson peut savourer comme une victoire la concrétisation du brexit, après avoir été élu à une large majorité en décembre sur la promesse de le réaliser. Il a réussi là où la précédente locataire de Downing Street, Theresa May, avait échoué. Se posant en rassembleur, le Premier ministre, qui a tout misé sur le brexit, veille à se garder de tout triomphalisme. Devant ses ministres réunis dans la ville pro-Brexit de Sunderland, il insisté sur sa volonté de "tourner la page des divisions" et "travailler à toute vapeur" pour rassembler le pays.

De Bruxelles à Berlin en passant par Paris, les dirigeants européens ont exprimé leurs regrets et leur détermination à trouver "le meilleur partenariat" possible" pour le Brexit qui porte un coup au rêve européen. "Un signal d'alarme historique" qui doit "nous faire réfléchir", a averti le président français Emmanuel Macron.

Le jour a beau être historique, il n'entraîne pas de grand changement concret dans l'immédiat. Pour que la séparation se fasse en douceur, le Royaume-Uni continuera d'appliquer les règles européennes jusqu'au 31 décembre.

- Promesses de Trump -

Le plus difficile reste à faire. Les complexes négociations sur les liens qui uniront Londres et Bruxelles en matière commerciale, de sécurité ou de pêche après la transition s'annoncent disputées. Londres souhaite aboutir en un temps record, avant la fin de l'année, et exclut toute prolongation de la transition au-delà de 2020. Un calendrier jugé très serré à Bruxelles.

Boris Johnson, qui détaillera sa vision en début de semaine prochaine, a déjà clairement annoncé qu'il visait un accord de libre-échange du même type que celui signé par l'UE avec le Canada, sans alignement sur les règles communautaires, quitte à accepter des contrôles douaniers.

Bruxelles, qui craint une concurrence déloyale, a d'ores et déjà prévenu: sans "conditions équitables" en matière d'environnement, de travail ou de fiscalité, pas de "large accès au marché unique".

Le gouvernement britannique compte profiter de ce qu'il présente comme sa liberté retrouvée pour contrôler plus strictement l'immigration et se rapprocher d'autres grandes puissances, au premier rang desquelles les Etats-Unis de Donald Trump, qui fait miroiter à Londres un accord "magnifique".


Voici les dates clés des étapes à venir


- 1er février: début de la phase de transition

Avec la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, le pays est entré dans une phase de transition au cours de laquelle ses relations resteront inchangées avec les 27 jusqu'au 31 décembre 2020. Par contre, il ne pourra ni siéger dans les institutions européennes ni avoir son mot à dire sur leurs décisions. Ce délai doit permettre aux deux parties de nouer une nouvelle relation dans les domaines du commerce et de la sécurité.


- Février/mars: début des négociations commerciales

Londres se dit prêt à lancer ses négociations commerciales dès le 1er février mais les membres de l'UE discutent toujours pour déterminer leurs objectifs pour ces négociations.

Dans un discours attendu lundi, le Premier ministre Boris Johnson doit présenter ses ambitions d'arriver à un accord de libre-échange du même type que celui signé par l'UE avec le Canada récemment, sans alignement avec les règles européennes.

Le mandat européen devrait être approuvé au niveau ministériel d'ici au 25 février, selon des responsables européens, permettant aux pourparlers de démarrer autour du 1er mars.

Outre le commerce, le Royaume-Uni et les 27 ne manquent pas de sujets sur lesquels ils devront s'accorder: la sécurité, la coopération judiciaire, l'éducation, l'énergie... Parallèlement, Londres compte lancer des négociations avec d'autres pays, Etats-Unis en tête, pour arriver à des accords de libre-échange.


- 1er juillet: date butoir pour prolonger la période de transition

Le Royaume-Uni peut prolonger la période de transition au-delà de fin 2020 pour un ou deux ans, mais doit informer l'UE de sa demande avant le 1er juillet. Boris Johnson insiste: il ne compte pas demander d'extension. Mais la Commission européenne juge le délai de la période transitoire très serré. Sa présidente Ursula von der Leyen a averti qu'il serait impossible de s'accorder sur "tous les aspects" et qu'il faudrait choisir des "priorités".

 

- 31 décembre: fin de la période de transition

C'est en l'état la fin des liens entre l'Union européenne et le Royaume-Uni tels qu'ils auront existé pendant 47 ans. Sans nouvel accord ou extension de la période de transition, commerce et transports, entre autres, risquent des perturbations majeures.

Cette fois, c'est fini. Après 47 ans de vie commune houleuse, le divorce est prononcé. Le Royaume-Uni est sorti vendredi soir de l'Union européenne, mettant fin à 47 ans de mariage houleux et ouvrant une nouvelle page incertaine de son histoire. Reporté trois fois, le grand départ historique est devenu effectif à 23h à Londres et GMT, minuit à Bruxelles. Le Royaume-Uni est devenu...
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