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Politique - Décryptage

Pourquoi les Israéliens pourraient élargir leur champ d’attaque au Liban


Des informations peu rassurantes sont en train de parvenir aux autorités libanaises sur la possibilité pour Israël d’élargir de nouveau le champ de confrontation au Liban. Des sources diplomatiques arabes auraient ainsi alerté sur une détermination israélienne à prendre rapidement le contrôle de la colline de Ali Taher à n’importe quel prix, d’abord parce qu’elle permet de surveiller une zone stratégique au Sud et même au Sud-Est, et ensuite à cause de son symbolisme. Pour y parvenir, les Israéliens seraient aussi prêts à frapper des zones jusque-là relativement épargnées, profitant du fait que le président américain a annoncé lui-même que le mémorandum d’entente signé entre les États-Unis et l’Iran était terminé. Autrement dit, le point évoquant un cessez-le-feu au Liban, qui avait d’ailleurs poussé Donald Trump à demander aux Israéliens de ne plus frapper Beyrouth et sa banlieue, n’a plus aucun effet.

En attendant de voir comment va évoluer la situation entre les États-Unis et l’Iran, le Premier ministre israélien chercherait à profiter de cette période floue pour mélanger les cartes. Selon les sources diplomatiques précitées, Benjamin Netanyahu n’avait pas caché son hostilité au mémorandum d’entente irano-américain, et le voir aujourd’hui en difficulté, si ce n’est relégué aux oubliettes, ne peut que servir ses intérêts. Il compterait donc profiter de cette occasion pour marquer des points au Liban, y imposer son influence sur le cours des événements, adressant également directement un message de force aux Syriens et aux Turcs qui sont, eux aussi, en train d’y augmenter leur influence.

En effet, selon les sources diplomatiques arabes, ce qui se passe au Liban ne peut pas être dissocié du tableau régional général. Dans ce contexte, les derniers développements, notamment dans le cadre de la participation de Donald Trump au dernier sommet de l’OTAN en Turquie, suscitent une certaine inquiétude chez les Israéliens. Depuis quelque temps, les Israéliens ne cessent d’attirer l’attention des Américains sur la politique actuelle du président turc et sur son hostilité déclarée à Israël, ainsi que sur son rapprochement avec l’Iran. Ce qu’on appelle actuellement « l’axe sunnite » – qui est en train de se constituer avec la Turquie, le Pakistan, l’Égypte et l’Arabie saoudite – représente en effet une grande source d’inquiétude pour les Israéliens, surtout que cet axe, s’il se confirme, représente près d’un milliard d’êtres humains, possède en plus la bombe atomique et, pour couronner le tout, cherche à tisser des liens solides avec l’Iran. Du point de vue israélien, il faudrait donc faire tout ce qui est possible pour le défaire ou le paralyser. D’ailleurs, les Israéliens voient dans la participation du président américain en personne au sommet de l’OTAN le signe de sa volonté d’éloigner la Turquie de cet axe, pour la rapprocher des États-Unis. Le président américain serait même prêt à faire des concessions dans ce but, et l’une d’elles est sa reconnaissance du rôle turc dans la nouvelle Syrie. C’est donc en Turquie que Donald Trump a rencontré le président syrien Ahmad el-Chareh et, pour la quatrième fois, il a suggéré à ce dernier d’aider les Américains dans le processus de désarmement du Hezbollah.

Cette démarche aurait pu rassurer Tel-Aviv, mais ce n’est pas le cas. D’une part, les Israéliens ne se sentent pas rassurés par les déclarations hostiles du président turc à leur égard. D’autre part, ils reprochent clairement à la Turquie d’avoir mis en échec le plan américano-israélien d’armer les Kurdes d’Iran pour qu’ils renversent le régime des mollahs. Mais les autorités turques ont probablement estimé qu’un État kurde en Iran engloberait aussi forcément une partie de leur territoire, et elles ont tout fait pour empêcher la réalisation de ce projet. Les Israéliens ne se sentent en outre pas rassurés au sujet de la possibilité de confier au régime syrien, en qui il n’ont aucune confiance, la mission de désarmer le Hezbollah au Liban.

Face à ces données complexes, les Israéliens estiment, selon les sources précitées, que le meilleur scénario pour eux, c’est de profiter de cette période floue pour détruire autant que possible le Hezbollah et pousser les Libanais à une confrontation interne en profitant de la paralysie actuelle du mémorandum d’entente entre les États-Unis et l’Iran... tout en souhaitant que la guerre reprenne entre ces deux pays et en s’apprêtant à y participer.

Est-ce à dire qu’un nouveau round de violence au Liban et dans la région est inévitable ? Les sources précitées ne sont pas catégoriques à ce sujet. Pour elles, les Israéliens pourraient profiter du laps de temps qu’il reste avant le prochain round de négociations prévu la semaine prochaine, et avant la visite du président libanais à Washington, pour provoquer une escalade destinée à améliorer leur position. Jusqu’où pourraient-ils aller dans ce sens ? Cela dépendra en grande partie de la position du président américain et de sa détermination à préserver un minimum de statu quo au Liban, mais aussi de celle du Hezbollah, qui est en train de reprendre le langage des menaces.

Des informations peu rassurantes sont en train de parvenir aux autorités libanaises sur la possibilité pour Israël d’élargir de nouveau le champ de confrontation au Liban. Des sources diplomatiques arabes auraient ainsi alerté sur une détermination israélienne à prendre rapidement le contrôle de la colline de Ali Taher à n’importe quel prix, d’abord parce qu’elle permet de surveiller une zone stratégique au Sud et même au Sud-Est, et ensuite à cause de son symbolisme. Pour y parvenir, les Israéliens seraient aussi prêts à frapper des zones jusque-là relativement épargnées, profitant du fait que le président américain a annoncé lui-même que le mémorandum d’entente signé entre les États-Unis et l’Iran était terminé. Autrement dit, le point évoquant un cessez-le-feu au Liban, qui avait d’ailleurs...
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