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Diab devant les députés : Nous ne bloquerons pas un budget préparé par le gouvernement précédent

Liban

Voici les principales déclarations faites lors de la séance parlementaire sur la loi de finances 2020.

OLJ
27/01/2020

Alors que les Libanais étaient mobilisés dans le centre-ville de Beyrouth contre le vote du budget 2020, les députés réunis au Parlement se sont exprimés tour à tour sur le texte, une fois que le quorum a été atteint avec 65 députés présents. A l'issue des débats, le projet de loi a été adopté : 49 députés ont voté en faveur du texte, 13 ont voté contre tandis que huit se sont abstenus.

Plusieurs groupes parlementaires ont boycotté la séance, tels que le bloc des Forces libanaises (15 députés) du chef chrétien Samir Geagea qui a souligné avoir longuement examiné "les problèmes entourant la séance parlementaire" et pris la décision de ne pas y assister. Les Kataëb (3 députés), Paula Yacoubian, Fayçal Karamé, Fouad Makhzoumi, Oussama Saad et Neemat Frem ont également boycotté la séance. Les députés du bloc du Futur ont décidé de participer, à l'issue d'une réunion ce matin. Le député M. Jisr, membre de ce bloc, a toutefois quitté la salle après s'être exprimé.



Voici les principales déclarations faites lors de la séance : 

Le Premier ministre libanais Hassane Diab a affirmé au début de la session qu'au vu de la situation exceptionnelle, son gouvernement ne bloquera pas l'approbation de la Loi de finances. "Il n'y a rien de normal au Liban aujourd'hui, tout est exceptionnel et la complexité des circonstances nous oblige à agir avec une logique de nécessité et d'urgence", a déclaré M. Diab. "Le gouvernement dans son état actuel, avant d'obtenir la confiance des députés, est un gouvernement d'affaires courantes et son travail devrait se limiter à préparer la déclaration ministérielle. Par conséquent, il ne peut pas participer à une séance de débat sur le budget", a-t-il déclaré, ajoutant toutefois : "Nous ne bloquerons pas un budget préparé par le gouvernement précédent et débattu par la commission des Finances et dont les procédures ont été achevées".


Le député Samir Jisr (Courant du Futur) est intervenu au début de la séance et a jugé que cette dernière n'était "pas constitutionnelle". "Nous demandons au Premier ministre Hassane Diab s'il compte adopter ce budget ou non". "Nous sommes dans une situation de législation de nécessité. Vu la situation de nécessité, M. Diab peut récupérer le budget.  Mais la question principale est de savoir s'il approuve ce budget ou non ?"

Le président de la Chambre Nabih Berry a alors répondu que "le droit de légiférer est absolu pour la Chambre des députés. La situation est exceptionnelle. Le gouvernement a 3 ou 4 mois pour gagner la confiance du peuple et s'il n'y a pas de budget, ce gouvernement ne pourra pas agir ".



Le président de la Commission des Finances et du Budget, le député Ibrahim Kanaan, a ensuite pris la parole appelant à l'adoption de la Loi de finances 2020 et confirmant que le Liban est confronté à crise une financière".

"Le Liban se trouve à un tournant critique en termes de situation financière, ce qui nécessite de sortir le dossier du budget du cercle des tensions politiques et des prises de positions, a déclaré M. Kanaan. Le budget est un choix responsable qui s'inscrit dans le cadre de la continuité des institutions". "Nous traversons une crise financière, et nous devons l'admettre d'abord et ensuite travailler dur pour la traiter. En étudiant et ajustant le projet de budget de 2020 nous avons essayé d'aborder la crise, mais notre travail n'est  suffisant que s'il est suivi d'un plan urgent pour sortir de la crise", a-t-il encore dit.

S'exprimant sur la légalité de la séance, considérée par de nombreuses formations politiques comme inconstitutionnelle, Ibrahim Kanaan a affirmé que selon l'article 69 de la Constitution, en cas de démission du gouvernement, le Parlement doit tenir une séance extraordinaire jusqu'à la formation et l'obtention de la confiance au nouveau cabinet". il a encore indiqué que l'article 86 de la Constitution prévoit que le Parlement a jusqu'à la fin du mois de janvier pour adopter le budget si cela n'a pas été fait avant l'expiration de la session ordinaire consacrée à la Loi de finance.

Par ailleurs, le député a affirmé que la commission parlementaire des Finances est parvenue à réduire de 800 milliards de livres les dépenses prévues dans le projet de budget présenté par le cabinet Hariri, avant que ce chiffre ne soit revu à la baisse, à 700 milliards, après négociation avec le ministère des Finances. "Ces réductions portent sur les subventions accordées à certaines associations et d'autres dépenses jugées futiles", a souligné M. Kanaan. "Nous avons imposé une surveillance plus stricte des prêts et dons" accordés à l’État et décidé du versement direct des recettes du port et du secteur des télécoms au Trésor public, "afin de mettre un terme au gaspillage" à ce niveau, a-t-il poursuivi.

Le député Jamil Sayyed, a affirmé que le nouveau gouvernement n'était pas le sien, alors que plus responsables politiques, dont le leader druze Walid Joumblatt, affirment que l’ancien directeur de la Sûreté générale serait derrière la désignation de Hassane Diab.  "Je ne parlerai pas du gouvernement et du fait qu'on dit que c'est le gouvernement de Jamil Sayyed. Je le ferai lors du vote de confiance", a indiqué M. Sayyed tout en soulignant que "ce gouvernement n'est pas celui de Jamil Sayyed".  "Ce Parlement représente le peuple et le peuple est dans une situation tragique. Si ce Parlement et les anciens gouvernements avaient ressenti ce que ressent le peuple nous n'en serions pas arrivés là", a-t-il affirmé au début de son discours. "Nous sommes dans une situation surréaliste, chaotique, sans précédent sur laquelle ne s'applique aucun texte constitutionnel", a dénoncé M. Sayyed. "Les députés ont le droit de demander de renvoyer le projet de budget au gouvernement", a-t-il souligné.  "Après l'adoption du budget, je souhaite que nous ayons des séances pour aborder ce qui se passe dans la rue", a demandé le député au président de la Chambre Nabih Berry. "Que Dieu pardonne à ceux qui nous ont amené à cette situation", a-t-il conclu.

Le député CPL Alain Aoun a de son côté estimé que chaque nouveau déficit public est une menace pour les dépôts des Libanais, appelant les banques à assumer leurs responsabilités dans la crise financière actuelle et à regagner la confiance. 

Aucun député du Hezbollah ni du mouvement Amal ne se sont exprimés lors de la séance.


Le budget avait été adopté à la hâte le 21 octobre dernier par le précédent gouvernement (de Saad Hariri) quelques jours après le début de la révolte populaire déclenchée le 17 octobre, alors que la situation économique et financière du pays s’est considérablement dégradée cette année. Amendé par la commission parlementaire des Finances et du Budget, le texte avait été transmis le 7 janvier au Parlement.

Le contexte politique tendu dans lequel se tenait la réunion parlementaire est notable. Il s’agissait de la toute première séance plénière depuis le 19 novembre dernier (date à laquelle les manifestants avaient empêché la tenue d’une séance consacrée à une loi d’amnistie), mais aussi après la formation du gouvernement de Hassane Diab, mardi dernier.

La séance intervenait aussi à l’heure où le mouvement de contestation reste mobilisé et continue d’exprimer son rejet de la classe politique en général et du nouveau cabinet en particulier. Dans ces circonstances, le centre-ville de Beyrouth s'apparentait ce matin à une véritable forteresse, alors qu'en plus des barrières et murs installés au cours des dernières semaines, l'armée et les Forces de sécurité intérieure se sont déployées en force en prévision de la séance parlementaire.

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Ô Liban

L'intelligence de la réponse de Diab a fait toute la différence.
Ça promet une bonne gouvernance.
Avec peu de bavardage.
Donnons une chance à cette équipe et promettons - nous des jours meilleurs.
Avec des élans qui feraient toute la différence avec le passé.

Sissi zayyat

Ils ne sont pas sans savoir que le palais présidentiel, le serail et tous les autres bâtiments publiques appartiennent au peuple et non pas à leurs occupants surtout lorsque ceux-là sont là par effraction.
Les citoyens à défaut de récupérer leurs biens dans les banques ont le droit de récupérer leurs biens immobiliers qui leur revientnent de droit et mettre tous ces voleurs et ces vendus dehors.

THAWRA.

Honneur et Patrie

Le Généralissime de l'armée privée du Parlement, Nabih Berry, vient de demander aux députés de ne pas quitter le Parlement pour des raisons de sécurité.
C'est une première depuis la création du Grand-Liban en 1920.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

MAIS LES DONNES CES TROIS DERNIERS MOIS ONT CHANGE ENORMEMENT. LE BUDGET DEVRAIT ETRE REVU ET CORRIGE EN CONSEQUENCE.

Wlek Sanferlou

S'il y avait encore des doutes sur la nature et les intentions de ce supposé-être-gouvernement ils ont été dissipés et la feuille de figues est bien tombée montrant une farce de gouvernement!!!

A ces pseudo ministres à la réputation d'honnêteté : quittez au plus tôt pour préserver l'atome de respect que vos familles ont pour vous! Bientôt vous serez blâmés pour tout alors que vos maîtres vous trouveront des remplaçants qui serviront à leurs tours de kébch el mahra'a. Les baltagiés seront à vos trousses!!!

Aaaakh ya lébnèn!!!

TrucMuche

De toutes façons ce budget n'est pas réaliste et ne servira qu'à établir un semblant de légitimité vis-à-vis du FMI et de la Banque Mondiale qui vont obliger ce gouvernement à adopter les mesures qui sont inévitables.
Haircut et retour aux niveaux économiques qui prévalaient dans les années 1960.
Les guerres se payent, l'aveuglement de nos élites à Taëf et depuis aussi!

Le Point du Jour.

Une réunion entre charlatans qui se félicitent de leur présence pour statuer sur la mort du Liban.

Ecoeuré je prie Dieu qu’il vienne au secours du Liban.

Vive le Liban LIBRE!

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