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Liban

Débats sur le budget 2020 : les manifestants peu mobilisés, lundi matin, dans le centre-ville de Beyrouth

Le fil des événements de cette journée de débats sur le budget 2020 au Parlement et de mobilisation populaire. 

Un manifestant, drapeau au vent, face aux forces de l'ordre, dans le centre-ville de Beyrouth, lundi. Photo Joao Sousa

Alors que le Parlement libanais était convoqué à une séance plénière pour voter le budget de l'Etat pour l'exercice 2020 ce lundi, les manifestants, qui étaient appelés à former dans le centre-ville de Beyrouth un "bouclier humain" afin d'empêcher ce vote, n'étaient que timidement mobilisés le matin. En prévision des manifestations, les forces de l'ordre ont transformé le centre-ville en véritable forteresse, alors qu'en plus des barrières et murs installés au cours des dernières semaines, l'armée et les forces de sécurité intérieure se sont déployées en force en prévision de la séance parlementaire. Les manifestants reprochent notamment aux autorités le fait que le budget avait été approuvé par le gouvernement de Saad Hariri, dont ils ont obtenu peu après le début du mouvement de contestation, le 17 octobre, la démission, et qu'il doit être défendu devant la Chambre par le cabinet de Hassane Diab, formé mardi dernier, et auquel les députés n'ont pas encore accordé leur confiance. De manière générale, les protestataires rejettent la classe politique dans son ensemble.

Voici le déroulé de la journée :


15h00 : Le budget 2020 est adopté. Quarante neuf députés ont voté en faveur du projet de loi, 13 ont voté contre tandis que huit se sont abstenus. Dans le centre-ville, le nombre de manifestants se réduit alors que les forces de l'ordre maintiennent les mesures de sécurité renforcées.


12:30 : "Je manifeste pour les plus pauvres, et parce que j’ai peur de rejoindre leurs rangs"

Parmi les manifestants, dans le centre, ville, Danièle, une mère de famille venue de Mtayleb. "Je suis contre la tenue de cette séance parlementaire. Et je suis venue dans le centre-ville, ce matin, pour maintenir l’esprit de la thaoura. Est-ce que cela va changer quelque chose ? Je ne sais pas. Je veux rester optimiste, mais je suis réaliste aussi. La décision n’est, finalement, pas entre nos mains. Mais manifester, aujourd’hui, est un devoir citoyen", déclare-t-elle à notre journaliste sur place, Nada Merhi.

Geneviève, elle, est du côté du Nahar, à l’écart du face à face entre manifestants et forces de l’ordre.

"Quand je pense à l’avenir, je ne vois rien de bien brillant, parce que des États étrangers nous gouvernent de l’extérieur, qu’il s’agisse de l’Iran, des Etats-unis ou de la Syrie. Dans ce Parlement, la majorité des députés sont corrompus. Il n’y aura pas de restitution des fonds volés, par d’élections anticipées, comme nous le réclamons. Quant aux réformes, elles sont trop lentes", dit-elle. "Aujourd’hui, mon mari et moi travaillons, et nous pouvons encore subvenir aux besoin de notre famille. Mais je manifeste pour les plus pauvres, et aussi parce que j’ai peur de rejoindre leurs rangs. J’ai un visa pour l’Allemagne, où j’ai de la famille. Mais aujourd’hui, je ne veux pas partir. J’espère encore qu’un changement est possible au Liban".




12h13 : La Croix-Rouge libanaise indique que quatre blessés ont été hospitalisés depuis le début de la journée et huit personnes ont été soignées sur place. Cinq équipes différentes sont actuellement déployées dans le centre-ville afin de traiter les blessés, a ajouté la CRL. 


11h30 : début de la séance parlementaire.


Lire aussi, sur le déroulement de la séance parlement : Diab devant les députés : Nous ne bloquerons pas un budget préparé par le gouvernement précédent


11h29 : Pour Zaher, 36 ans, originaire de Tripoli, "les autorités sont illégitimes et corrompues et nous les refusons". "Nous leur avons donné assez de chances pendant trente ans et nous ne pouvons leur donner aucune autre chance", affirme-t-il, interrogé par notre journaliste Matthieu Karam. Alors qu'un convoi tente de se frayer un passage, il exhorte les personnes autour de lui à "couper la rue et empêcher le convoi d'un dirigeant corrompu de passer". Soulignant être en faveur d'une contestation pacifique, il critique les violences des forces de l'ordre envers les contestataires.


11h20 : Après les violences devant le bâtiment d'an-Nahar, les policiers antiémeute chargent en direction des manifestants afin de les disperser, arrêtant plusieurs des contestataires impliqués dans les jets de pierres en direction des forces de l'ordre.


11h08 : Un manifestant a été hospitalisé après avoir été battu par plusieurs agents de la brigade antiémeute. Grièvement blessé, notamment à la tête, selon des informations de la chaîne de télévision locale LBC, le jeune homme a reçu les premiers soins avant d'être transporté par la Croix-rouge libanaise vers un hôpital proche des lieux. 


10h46 : Le Premier ministre Hassane Diab est arrivé au Parlement.


10h22 : Le nombre de manifestants augmente devant le bâtiment d'An-Nahar et de jeunes manifestants tentent de déplacer les fils barbelés placés pour bloquer l'accès en direction de la municipalité de Beyrouth. Les manifestants lancent des pierres et d'autre projectiles, dont des bouteilles d'eau, en direction des forces de l'ordre.


10h20 : Dans la rue Foch, plusieurs dizaines de personnes tapent sur des casseroles, face aux militaires, scandant que le chef du Parlement (Nabih Berry) est "un voyou". Non loin, des dizaines de personnes sont assises à même le bitume et chantent le slogan "le peuple et l'armée au Parlement". Selon des informations de la chaîne de télévision locale LBC, les parlementaires peuvent pénétrer dans le quartier du Parlement via la rue menant du siège local de l'ONU, l'Escwa, à la place Riad el-Solh, d'où sont absents les protestataires. 


09h28 : Plusieurs dizaines de manifestants ont tenté, sans succès, de forcer l'une des entrées de la place de l'Etoile. Les contestataires ont essayé d'atteindre la place à partir d'une rue perpendiculaire à la rue Foch, mais ils en ont été empêchés par l'armée qui les a éloignés. 


09h19 : En prévision de la séance, plusieurs axes routiers ont été fermés dans la matinée, dans plusieurs régions du pays. Dans le sud de la capitale, les axes de Kaskas, Corniche Mazraa et de la Cité sportive ont été fermés à plusieurs reprises par des manifestants, au moyen notamment de bennes à ordures enflammées, tandis que les forces de l'ordre tentaient de garder les voies ouvertes. La route menant au rond-point de Chatila a également été bloquée. A Zouk Mosbeh, dans le Kesrouan, la voie du pont dit du "Christ-Roi" menant à Beyrouth a été fermée à l'aide de pneus enflammés. A Tripoli, au Liban-Nord, les contestataires ont bloqué la route principale menant au rond-point el-Manar en s'asseyant à même le sol. 


08h59 : Plusieurs groupes parlementaires ont annoncé qu'ils ne participeraient pas à la séance parlementaire. Le groupe parlementaire des Forces libanaises (15 députés) du chef chrétien Samir Geagea a souligné avoir longuement examiné "les problèmes entourant la séance parlementaire" et pris la décision de ne pas assister à la séance. Les Kataëb (3 députés), Fayçal Karamé, Fouad Makhzoumi et Neemat Frem vont également boycotter l'Assemblée générale. 



Alors que le Parlement libanais était convoqué à une séance plénière pour voter le budget de l'Etat pour l'exercice 2020 ce lundi, les manifestants, qui étaient appelés à former dans le centre-ville de Beyrouth un "bouclier humain" afin d'empêcher ce vote, n'étaient que timidement mobilisés le matin. En prévision des manifestations, les forces de l'ordre ont transformé le...

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