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Deux manifestants tués après un rassemblement antiaméricain à Bagdad

Irak

L'ONG française SOS Chrétiens d'Orient annonce que quatre de ses collaborateurs, trois Français et un Irakien, sont portés disparus depuis lundi dans la capitale irakienne.

OLJ/AFP
24/01/2020

Deux manifestants hostiles au régime irakien ont été tués vendredi à Bagdad lors d'affrontements avec les forces de sécurité, quelques heures après un rassemblement de partisans du puissant leader chiite Moqtada Sadr réclamant l'expulsion des troupes américaines d'Irak.

L'ONG française SOS Chrétiens d'Orient a par ailleurs annoncé que quatre de ses collaborateurs, trois Français et un Irakien, étaient portés disparus depuis lundi dans la capitale irakienne.

Afin de ne pas être éclipsés par la marche antiaméricaine, qui s'est tenue sans incident en début de journée, des milliers de manifestants antigouvernementaux ont afflué vendredi après-midi sur la place Tahrir, épicentre de la contestation qui réclame depuis le 1er octobre des réformes politiques profondes.

Deux protestataires sont morts dans des affrontements, selon des sources médicales et policières. L'un a été tué d'une balle dans le cou et le second par une grenade lacrymogène, selon ces sources, tandis que des dizaines ont été blessés.

Quelques heures plus tôt, dans le quartier de Jadriyah, une foule de fidèles de Moqtada Sadr, hommes, femmes et enfants parfois venus en bus d'autres régions, se sont rassemblés aux cris de "Dehors, dehors, occupant" ou "Oui à la souveraineté", agitant des drapeaux irakiens. Certains brandissaient des panneaux où était inscrit "Mort à l'Amérique" en arabe et en anglais, tandis qu'un manifestant tenait une pancarte montrant le président américain Donald Trump sur un gibet.

Dans un communiqué lu par un porte-parole, Moqtada Sadr a appelé au retrait des forces américaines d'Irak, à l'annulation des accords sécuritaires entre Bagdad et Washington et à la fermeture de l'espace aérien irakien aux avions militaires américains. Le leader chiite a aussi appelé M. Trump à ne pas être "arrogant" face aux responsables irakiens. "Si tout cela est fait, nous traiterons (avec les Etats-Unis) comme avec un pays non-occupant --sinon, nous les considérerons comme un pays hostile à l'Irak", a-t-il ajouté.

Le sentiment antiaméricain est à son comble en Irak depuis la mort, le 3 janvier, du général Kassem Soleimani, émissaire iranien, dans un raid de drone américain à Bagdad, qui a entraîné une escalade des tensions entre Téhéran et Washington, ennemis jurés mais puissances agissantes en Irak.



(Lire aussi : Moqtada Sadr à l’assaut de la révolution)


"Retour à Tahrir"
L'Iran avait riposté le 8 janvier par des tirs de missiles sur deux bases irakiennes abritant des militaires américains. 34 soldats américains ont été victimes de commotion cérébrale après l'attaque de la base aérienne d'Aïn al-Assad, a affirmé vendredi le Pentagone.

Deux jours après la mort de Kassem Soleimani, le Parlement irakien a voté en faveur du départ des troupes étrangères, dont 5.200 militaires américains déployés pour aider les Irakiens dans la lutte antijihadiste.

L'appel de Moqtada Sadr a été soutenu par plusieurs factions paramilitaires irakiennes comme celles, pro-iraniennes, du Hachd al-Chaabi, habituellement rivales de M. Sadr.

Le quartier de Jadriyah se situe sur la rive du Tigre opposée à la Zone verte, ultrasécurisée, qui abrite l'ambassade américaine et les principales institutions, et des responsables irakiens et diplomates craignaient qu'elle ne soit prise d'assaut par les pro-Sadr, ou qu'ils s'en prennent aux manifestants antipouvoir sur la place Tahrir.

Vendredi après-midi, quelques milliers de manifestants hostiles au pouvoir ont afflué sur cette place, craignant que leurs revendications --des élections anticipées, un Premier ministre indépendant et la fin de la corruption-- ne soient éclipsées.

Les manifestants antigouvernementaux ont relancé leur mouvement ces derniers jours en bloquant de nombreuses routes à Bagdad et dans le sud. Les violences depuis le début octobre ont fait plus de 470 morts, en majorité des protestataires, selon des sources sécuritaires et médicales.

Karrar al-Saadi, l'un des manifestants, a déclaré à l'AFP que "le retour des manifestants à Tahrir" visait à montrer qu'ils étaient toujours là, et à "protéger le caractère pacifique" du mouvement.



(Lire aussi : Les Irakiens, pris en étau entre Washington et Téhéran)


"Leader de la résistance"
Sous la pression de la rue, le Premier ministre Adel Abdel Mahdi a démissionné en décembre mais continue de gérer les affaires courantes, les partis politiques ne parvenant pas à s'entendre sur un successeur.

Ce retard a été dénoncé vendredi par le grand ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité chiite en Irak, qui n'a pas explicitement soutenu le rassemblement des pro-Sadr.

Dans son sermon lu vendredi par son représentant, il a toutefois souligné le droit des Irakiens à manifester "pacifiquement" pour la souveraineté du pays.

Les pro-Sadr avaient déjà paralysé le pays en prenant la Zone verte en 2016 pour obtenir des réformes. Aujourd'hui, Moqtada Sadr dirige le plus gros bloc au Parlement et plusieurs de ses alliés occupent des postes ministériels.

Pour Harith Hasan, expert au Carnegie Middle East Centre, Moqtada Sadr tente de jouer sur plusieurs plans en soutenant différentes contestations. "D'un côté, il tente de se positionner en tant que leader réformiste (...) de l'autre il veut garder son image de leader de la résistance à +l'occupation américaine+" pour gagner les faveurs de l'Iran, explique-t-il.



Pour mémoire
Rester ou partir d’Irak : le dilemme de Washington

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SOUS LES PAVÉS LA PLAGE

Le clown déséquilibré mental américain ne va pas quitter l'Irak, il va détaler à la vietnamienne avec armes ( PAS TOUTES) et bagages humains .

On ne plaisante avec des gens DÉTERMINÉS qui n'en ont rien à foutre des miroirs aux alouettes , comme en parle Gaby Nasr aujourd'hui sur le nouveau gouvernement libanais .hahahahahaha. ..

Yanky go home !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

COMBLE D,INGRATITUDE ! CEUX QUI ONT ASSASSINE PRESQUE 500 MILITANTS DES MANIFESTANTS IRAKIENS ET BLESSE PLUS DE 20.000.- ET ENLEVE DES CENTAINES NE SONT PAS DES AMERICAINS.

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