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"Nous sommes là pour rester" : à Jounieh, des étudiants déterminés à bloquer l'autoroute

Liban

Bloqués sur l'autoroute, des camionneurs et chauffeurs de taxi disent "être de tout cœur avec la révolution", mais se montrent sceptiques vis-à-vis du retour des blocages des routes.

OLJ
14/01/2020

Dans la matinée du premier jour de la "semaine de la colère" au Liban, près de trois mois après le début du mouvement de contestation populaire, des dizaines de jeunes étudiants et élèves ont bloqué mardi l'autoroute côtière au niveau de Jounieh, dans les deux sens de la circulation, afin de faire pression sur les autorités. Cette "semaine de la colère", qui se traduit notamment par des blocages de route à travers tout le pays, vise à lancer un ultimatum de 48 heures à la classe dirigeante pour former un gouvernement crédible.

Les étudiants, brandissant un grand drapeau libanais, se sont installés au centre de la voie rapide et ont placé des pneus, qu'ils ne font pas brûler, pour bloquer la route, tandis que les forces de sécurité redirigent les automobilistes vers les routes intérieures de la localité. 

Interrogée par notre journaliste sur place, Suzanne Baaklini, Sethrida indique qu'elle était en route pour aller en cours lorsqu'elle a vu les jeunes fermer la route de Jounieh et a décidé de les rejoindre. "Les autorités ne nous écoutent plus et il faut faire encore plus de pression", a-t-elle déclaré.



(Lire aussi : "La corruption a atteint des limites inacceptables !" : à Furn el-Chebbak, le retour de la colère)


De son côté, Élias, 15 ans, a décidé de ne pas aller à l'école pour pouvoir participer à cette "journée de la colère". Il explique avoir été rejoint par de nombreux amis après avoir posté une vidéo sur les réseaux sociaux. Ses revendications ? "Un dollar qui revient au même taux qu'avant et aucune nouvelle taxe". La semaine dernière, le dollar est monté à plus de 2 500 livres dans les bureaux de change, alors que le taux officiel est de 1 507,5 ll.


 Des ados libanais jouant aux cartes au milieu de l'autoroute de Jounieh, le 14 janvier 2020. Photo Suzanne Baaklini


Angelo et Pierre, 15 et 16 ans, sont mobilisés depuis 7h du matin. "Nous ne sommes pas descendus pendant plusieurs semaines pour recharger nos batteries, mais maintenant, nous sommes là pour rester", expliquent-ils, alors qu'ils jouent aux cartes, assis sur le bitume. Pierre regrette que "la révolution se politise et que certains partis veulent intervenir dans la contestation, alors qu'il faudrait que le mouvement reste totalement indépendant". "Mais au final, la révolution sera victorieuse", déclare le jeune homme. 

Plusieurs mères de famille étaient également présentes au sit-in. 

Bloqués sur l'autoroute, des camionneurs et chauffeurs de taxi disent "être de tout cœur avec la révolution", mais se montrent sceptiques vis-à-vis du retour des blocages des routes. "Les vrais affamés ne sont pas encore descendus dans la rue", estiment-ils, indiquant que les jeunes mobilisés aujourd'hui sont probablement "manipulés par les partis".

Le Liban est sans gouvernement depuis la démission fin octobre du Premier ministre Saad Hariri sous la pression de la rue, tandis qu'un nouveau cabinet peine à voir le jour depuis la désignation le 19 décembre du nouveau Premier ministre Hassane Diab. Et la situation économique et financière, déjà largement précaire avant le début du mouvement de protestation, n'a eu de cesse de se dégrader ces dernières semaines, sur fond de restrictions draconiennes sur les retraits bancaires et d'une dévaluation d'environ 40% de la monnaie nationale sur le marché parallèle ayant provoqué un bond des prix.


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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

BLOQUER LES RUES N,EST PAS UNE REVOLUTION... MEME PAS UNE CONTESTATION... C,EST RIEN FAIRE. OSEZ MONTER AU PLUS HAUT CRENEAU !

Chucri Abboud

Encore bloquer l'aotoroute ? Quels imbéciles ! Ils sont suicidaires et ne font du tort qu¡à eux même en paralysant économiquement le pays . Un grand bravo ! Quel masochisme !

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