Rassemblement dans la banlieue sud de Beyrouth, le 1er mars 2026 à l’appel du Hezbollah en hommage au défunt guide suprême iranien, Ali Khamenei, et en soutien à la République islamique d’Iran. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
Le Hezbollah « a élaboré un plan d’action pour occuper Beyrouth afin de faire reculer les forces pragmatiques qui cherchent un rapprochement avec Israël », croit savoir l’agence israélienne Walla dans une dépêche publiée mardi. Les pourparlers directs entre le Liban et Israël au niveau des ambassadeurs débutent jeudi à Washington, suite à des efforts du gouvernement américain.
L'agence israélienne fait état « de pressions grandissantes sur le secrétaire général du Hezbollah Naïm Kassem, qui est persuadé qu’Israël a des plans en vue d’occuper de larges superficies au Liban ». Citant des sources de l’establishment israélien de sécurité, elle précise que le parti chiite « pense qu’Israël planifie de diviser le Liban, un plan qui ferait perdre à l’État libanais de larges portions du territoire national ». Walla rapporte aussi que « ce scénario imaginaire aux yeux du Hezbollah accroît la pression sur Naïm Kassem, qui se voit contraint de diviser ses forces entre Beyrouth, le Liban-Sud et la Békaa. » Selon les estimations israéliennes, « plus l’armée israélienne intensifie ses attaques, plus la pression s’accroîtra sur le chef du Hezbollah ».
En dépit du cessez-le-feu entré en vigueur le 17 avril, le Hezbollah et Israël poursuivent leur attaques réciproques quasi quotidiennement. Les forces israéliennes occupent désormais une partie du Sud, et elles ont récemment franchi la « zone tampon » établie dans la région. Le Hezbollah oppose de son côté une farouche résistance, mais ne peut empêcher que des villages entiers soient rasés par les explosifs et les bulldozers israéliens.
Walla soutient aussi que le parti pro-iranien fait face à la pire crise économique et financière de son histoire, étant donné que « le régime iranien a dramatiquement réduit ses transferts de fonds au Liban ». « Compte tenu des coups durs portés par l’armée israélienne aux responsables et aux infrastructures économiques du Hezbollah, notamment aux institutions financières, le parti traverse actuellement l'une de ses périodes les plus difficiles sur le plan économique », poursuit le texte. L’aviation israélienne a pris systématiquement pour cible, durant l’actuel conflit comme le précédent en 2024, les branches de la principale institution financière du Hezbollah, al-Qard al-Hassan, et nombre de ses stations-services et bureaux de change, tenus par ses membres ou ses proches. La guerre israélo-américaine contre l’Iran, débutée le 28 février, a parallèlement mis à mal son allié et parrain iranien.
L’article souligne enfin que ces difficultés économiques empêchent le Hezbollah de soutenir économiquement « les centaines de milliers de civils libanais ayant fui des villages désormais sous contrôle israélien, et ceux qui ont abandonné certaines localités de peur d’une extension de la zone de combats ». Ce conflit a fait plus d’un million de déplacés qui se sont dirigés plus au nord, dont des dizaines de milliers à Beyrouth seulement. C’est le gouvernement libanais, qui s’est pourtant distancié de la guerre ouverte par le Hezbollah, qui leur assure des centres d’accueil et un minimum d’aides.



Même en tenant compte de l'effet propagande, il y a, certainement, une bonne part de vérité dans les propos israéliens. Qu;un plan pour iccuper Beyrouth, voire un coup d’État, existe dans les cartons de l'E-M de la milice est assez vraisemblable, même s'il n'est pas, aujourd'hui, du moins, à l'ordre du jour. On se souvient qu'iIl y a une quinzaine d'années, un plan semblable avait été divulgué par la presse.
08 h 01, le 15 mai 2026