Ce que l’on sait :
L’Iran a mené dans la nuit de mardi à mercredi une série de frappes contre deux bases, al-Assad et Erbil, abritant des soldats américains en Irak. "L’Iran a tiré plus d’une douzaine de missiles balistiques contre les forces militaires américaines et de la coalition en Irak", a indiqué Jonathan Hoffman, porte-parole du ministère américain de la défense dans un communiqué.
Téhéran a revendiqué l’attaque, les gardiens de la révolution confirmant l'avoir menée pour venger la mort du général Kassem Soleimani, selon un communiqué relayé par la télévision publique iranienne. "La vengeance féroce des gardiens de la révolution a commencé", ont déclaré les pasdaran sur Telegram. Téhéran a promis des "réponses encore plus dévastatrices" en cas de nouvelle attaque et menacé de frapper "Israël" et des "alliés des États-Unis". L’Iran a aussi menacé de prendre pour cible les pays à partir desquels des éventuelles représailles américaines seraient lancés. Le guide suprême de la République islamique a de son côté affirmé dans la journée que les tirs nocturnes de missiles constituaient "une gifle en pleine face" des Etats-Unis, jugeant toutefois que des "actions militaires du genre ne sont pas suffisantes" pour venger la mort de Soleimani. Le président iranien, Hassan Rohani, a, lui, déclaré que les Etats-Unis ont peut-être "coupé le bras" du général Kassem Soleimani mais l'Iran ripostera en leur coupant "la jambe" au Moyen-Orient.
Alors que les forces américaines évaluent les dégâts des frappes, aucun mort ou blessé n’a encore été signalé. Dans un tweet au ton particulièrement léger et plutôt apaisant, le président américain Donald Trump a indiqué qu'il ferait une déclaration mercredi matin et laissé entendre que le bilan n'était pas très lourd. "L'évaluation des dégâts et des victimes est en cours. Jusqu'ici, tout va bien !" a-t-il lancé.
Mercredi matin, la télévision iranienne a indiqué que quinze missiles avaient été tirés et aucun d'entre eux n'a été intercepté. Elle a précisé que 80 "terroristes américains" ont été tués.
De son côté, l'armée irakienne a souligné que 22 missiles avaient été tirés et qu'aucun soldat irakien n'avait été touché lors de ces frappes. Londres et Paris ont de leur côté souligné qu'aucun des militaires français et britanniques déployés en Irak n'ont été touchés par les frappes.
Dans quel contexte :
Les frappes iraniennes interviennent cinq jours après l’élimination par les États-Unis du général iranien Kassem Soleimani et alors que ses funérailles viennent de se terminer. Elles auraient été symboliquement lancées à l’heure où le raid américain a tué le chef de la force al-Qods, l’unité d’élite des gardiens de la révolution. Téhéran avait prévenu qu’il y aurait des frappes de représailles à l’assassinat de Soleimani et que celles-ci viseraient les sites militaires américains. Le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah a déclaré que la réponse à l’élimination de Soleimani doit être le départ des troupes américaines du Moyen-Orient. Les troupes américaines sont mises sous pression en Irak alors qu’une large partie de la classe politique alliée des Iraniens réclame leur départ.
Donald Trump avait pour sa part affirmé, dans un tweet le 5 janvier, qu’en cas "d’attaque contre une personne ou une cible américaine les États-Unis frapperont rapidement et totalement en retour, et peut-être de manière disproportionnée”.
Importance de l’attaque :
La puissance iranienne au Moyen-Orient s’appuie essentiellement sur son réseau de milices au Liban, en Irak, en Syrie et au Yémen. Ce sont d’habitude ces milices qui mènent les attaques au nom de l’axe iranien. Les frappes ont cette fois-ci été lancées depuis Téhéran, dans une claire volonté d’assumer l’attaque. Washington avait rapidement revendiqué le raid contre Soleimani. Deuxième fait notable : l’Iran a utilisé ses missiles balistiques, une façon de démontrer sa force de frappe et de rappeler que ses missiles peuvent viser les alliés des Etats-Unis dans la région, en particulier les pétromonarchies du Golfe.
Téhéran semble avoir calibré sa réponse pour que celle-ci soit significative sans qu’elle ne soit considérée comme une déclaration de guerre par les États-Unis. L’attaque est spectaculaire et symbolique. Mais le fait qu’aucun soldat américain n’ait, a priori, été tué minimise sa portée.
L’attaque semble avoir pour principal objectif de démontrer que l’Iran n’a pas perdu la face et est capable de répondre à la perte de son plus emblématique général. Le message est avant tout destiné à la scène interne. Celui adressé aux États-Unis semblent plutôt être : "nous pouvons vous faire mal, faire mal à vos alliés dans la région, mais nous préférons ne pas poursuivre l’escalade".
Mohammad Javad Zarif, chef de la diplomatie Iranienne, a ainsi affirmé que son pays avait mené et "terminé" dans la nuit des représailles "proportionnées". "Nous ne cherchons pas l'escalade ou la guerre", a-t-il insisté.
Les possibles conséquences :
Les Iraniens étaient contraints de répondre à l’élimination de Soleimani, alors que Washington souhaitait rétablir l’équilibre de la dissuasion grâce à cette opération. Téhéran semble faire le calcul que Donald Trump ne veut toujours pas s’engager dans une guerre ouverte avec l’Iran et mise certainement sur le fait que cette attaque, qui lui permet de sauver la face sans pour autant être un camouflet pour les États-Unis, peut être le pic de l’escalade avant un retour à la diplomatie.
La balle est désormais dans le camp américain. La première puissance mondiale peut-elle ne pas répondre à une attaque ennemie ? Aucun des deux pays ne souhaitant un conflit ouvert - les pays de la région, particulièrement l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, ne voulant pas non plus d’une guerre qui se jouerait notamment sur leur territoire -, il est possible que les États-Unis renoncent à répondre au raid iranien et amorcent un dialogue avec l’Iran en vue de calmer les tensions.
Le président américain étant réputé pour son impulsivité et son absence de maîtrise des enjeux internationaux, il est extrêmement difficile de prévoir comment il réagira. En pleine année électorale, il peut considérer qu’il vaut mieux ne pas jouer l’escalade qui mènerait cette fois-ci sans doute à la guerre. A l’inverse, il peut penser qu’une absence de réponse renverrait une image de faiblesse qui profiterait tant à ses adversaires qu’à ses ennemis. Conseillé par une équipe de faucons anti-iraniens, Donald Trump va prendre la décision la plus importante de son mandat. Le Moyen-Orient retient son souffle.
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11 missiles zero fatalite des missiles de bruit non destructives? probablement informe a l'avance par les Iraniens que c'est juste pour la propagande, les Americains n'ont meme pas fait l'effort de lancer une seule roquette anti missile contre ces missiles ESPERONS QUE CELA S'ARRETERA LA COMME NASRALLAH A ARRETTE SES FANFARONADES QUAND IL A TIRE A FOND PERDU CONTRE UN VEHICULE ISRAELIEN QUI N'A PAS ETE ATTEINT ET ABATTU UN MINI DRONE NON ARME AU SUD LIBAN Merci a l'Iran et a Hezballah pour ne pas avoir envenime la situation pour eux et surtout pour NOUS
17 h 48, le 08 janvier 2020