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L'ABL appelle à "la fermeture de toutes les banques du Akkar jusqu'à nouvel ordre"

révolte

Quatre contestataires arrêtés après avoir jeté des pierres sur des soldats à Nahr el-Kalb.

OLJ
03/01/2020

L'Association des banques du Liban a appelé vendredi à "la fermeture de toutes les banques se trouvant au Akkar jusqu'à nouvel ordre", après des agressions, notamment contre une branche de la BLOM Bank à Halba, au Liban-Nord. Dans un communiqué l'ABL a affirmé que ces agressions constituent "une menace pour la vie et la sécurité des employés comme des clients" des banques.

Cette décision intervient alors que les banques ont à nouveau été prises pour cibles dans la journée par des activistes du mouvement inédit de contestation contre la classe dirigeante, accusée d'incompétence et de corruption, qui secoue le Liban depuis deux mois et demi, dans un contexte de crise économique aiguë et de restrictions bancaires.

A Halba, des contestataires sont entrés dans une banque et se sont couchés au sol, affirmant qu'ils ne quitteront pas l'établissement "tant que les gens ne pourront pas accéder à leur argent". En début de soirée, la tension est montée d'un cran. Les forces antiémeute ont eu recours à des gaz lacrymogènes à l'intérieur de cette banque pour évacuer les protestataires, rapporte l'Agence nationale d'information (Ani, officielle). Une patrouille de l'armée s'est rendue sur place.

Tard en soirée, après un sit-in de plus de dix heures, les manifestants ont évacué la branche de la BLOM Bank après que la direction de la banque se soit engagée à remettre à un déposant l'entière somme qu'il réclame, a rapporté l'Ani. Ce déposant a eu un malaise et a été admis dans un centre médical de la région pour être soigné. 


Photo Ani


Beyrouth, une poignée de personnes répondant à un appel à manifester sous le slogan "Nous ne paierons pas" se sont rassemblées à l'entrée d'une branche de la Fransabank, dans le quartier de Hamra, où des forces antiémeute ont été déployées.

En soirée, à Jounieh, des protestataires ont coupé la route interne de la ville à l'aide de pneus enflammés en guise de protestation contre l'arrestation de plusieurs personnes qui ont tenté de bloquer l'autoroute durant la matinée.


Photo Ani


Par ailleurs, des contestataires sont entrés dans un établissement bancaire à Saïda, au Liban-Sud, pour réclamer la "libération de l'argent des citoyens" et "la fin de la limitation des retraits bancaires touchant les petits déposants". Selon l'Ani, les protestataires s'en sont verbalement pris aux employés de cette banque, les exhortant de "faciliter les démarches des gens".

Jeudi, deux manifestants avaient été hospitalisés suite à un incident survenu dans une banque de Saïda entre les forces de l'ordre et des manifestants qui tentaient d'entrer dans cet établissement pour protester contre les restrictions bancaires.

En outre, dans la nuit de jeudi à vendredi, une agence bancaire de la Byblos Bank a été incendiée dans la localité de Ras el-Metn, sur les hauteurs du caza de Baabda, ne causant que des dégâts matériels. Les forces de sécurité ont ouvert une enquête sur cette agression, dont l'origine et les circonstances restent à déterminer. Dans un communiqué publié dans la journée, la Byblos Bank a remercié les habitants du quartier et la Défense civile qui ont réussi à maîtriser le feu, assurant que l'agence œuvre pour rouvrir ses portes le plus rapidement possible. "La sécurité des employés et des clients de la banque est une priorité", indique ce texte.

Les clients des banques sont soumis à d’importantes restrictions, des plafonnements de leurs retraits en livres libanaises et de grandes difficultés pour obtenir des dollars américains. Face à cette crise, le taux de change de la livre libanaise a grimpé en flèche auprès des changeurs, dépassant les 2000 livres ces derniers jours pour un dollar, tandis que le taux officiel observé par les banques reste stable, entre 1515 et 1520 livres pour un dollar. Ces limites provoquent régulièrement des tensions au sein des établissements bancaires. Face à ces incidents, la Fédération des syndicats des employés de banques du Liban (FSEB) a mis en garde jeudi contre une grève générale si leur sécurité n'était pas assurée.

L'armée arrête des contestataires
La quasi-totalité des routes qui avaient été coupées la veille et tôt dans la matinée ont été rouvertes, notamment après l'intervention de l'armée libanaise.


L'autoroute coupée à hauteur de Jiyé, dans la matinée du 3 janvier 2020. AFP / Mahmoud ZAYYAT



Dans un communiqué publié dans la journée, l'armée a indiqué avoir arrêté dans la matinée quatre agitateurs sur l'autoroute côtière, à hauteur de Nahr el-Kalb, où la circulation avait été brièvement coupée, coupables d'avoir jeté des pierres sur les soldats. Cinq d'entre eux ont été blessés. Selon ce communiqué, des couteaux, des engins pyrotechniques et des talkies-walkies ont été saisis. La veille, 12 militaires avaient été blessés par des jets de pierre et trois véhicules de l'armée ont été pris pour cible par des individus devant la compagnie électricité à Deir Ammar, au Liban-Nord.

Hier, premier jour ouvrable de l'année 2020, les manifestants avaient repris leur mobilisation contre le pouvoir politique, les administrations publiques et les banques, dans le cadre de la révolte populaire inédite déclenchée le 17 octobre 2019, alors que le pays est sans gouvernement depuis plus de deux mois.

Sous la pression de la rue, mobilisée contre les dirigeants depuis le 17 octobre, le gouvernement du Premier ministre sortant Saad Hariri avait démissionné le 29 octobre. Le 19 décembre, à l'issue de consultations parlementaires, le président Michel Aoun a désigné l'ex-ministre Hassane Diab, appuyé par le Hezbollah et ses alliés, au poste de Premier ministre. Ce dernier a promis la formation d'un gouvernement de technocrates indépendants, comme le réclament les manifestants. Mais ceux là même qui ont appuyé la désignation de M. Diab sont pour un cabinet techno-politique. Selon plusieurs sources concordantes, la naissance du gouvernement pourrait intervenir la semaine prochaine. 



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