La tente des contestataires, sur la place de Aley. Photo DR
Une tente du mouvement civil de Aley a été détruite dimanche soir par des sympathisants du Parti socialiste progressiste. L’action a été fermement condamnée par le PSP de Walid Joumblatt, qui a dénoncé toutefois une provocation et une atteinte, par les manifestants, aux symboles du parti, en particulier à son chef. Hier soir, des groupes de la société civile ont organisé un sit-in en soutien aux manifestants à Aley, suivi d’une marche jusqu’à une statue de Kamal Joumblatt installée dans la localité ainsi qu’une table ronde.
Interrogé par L’Orient-Le Jour, un manifestant de Aley, qui a requis l’anonymat, raconte qu’une vingtaine de sympathisants du PSP se sont attaqués dimanche, vers 19h, à la tente dressée par les militants dans la localité. Cette attaque a fait deux blessés légers parmi les manifestants, dont un à la tête.
« Notre tente a été détruite en soirée. Le téléphone d’une de nos amies a été volé, mais nous avons réussi à le récupérer. L’armée n’était pas loin de la tente, mais elle a tardé à réagir, souligne le militant. Les sympathisants du PSP étaient persuadés que nous avions critiqué Walid Joumblatt, alors que nous ne l’avions pas fait. Ils sont opposés au slogan: “Tous, ça veut dire tous” (scandé par les manifestants depuis le 17 octobre dernier, à l’adresse de l’ensemble de la classe politique). » Plus tôt dans l’après-midi, un autre incident s’était produit, alors que les militants avaient rejoint les protestataires du centre-ville de Beyrouth, laissant ainsi leur tente vide. « Nous avons reçu des vidéos montrant des partisans du PSP dans notre tente. Ces derniers ont profité de notre absence, lors d’une partie de l’après-midi », poursuit le jeune homme. Il confie par ailleurs à L’OLJ que la tente avait déjà été brûlée il y a une dizaine de jours, et qu’il avait reçu, ainsi que ses camarades, des menaces par téléphone et sur l’application WhatsApp.
(Lire aussi : Nativités, l'édito de Issa GORAIEB)
Provocation
Contacté par L’OLJ, un responsable au sein du PSP a condamné l’attaque. « Nous condamnons ce genre d’incidents et insistons sur le droit de tous à manifester. Sauf qu’un des manifestants avait lancé des slogans et des insultes contre des figures et des symboles du PSP. Ces propos ont provoqué certains de nos sympathisants. Nous sommes en train d’examiner avec le bureau du PSP à Aley les mesures à prendre après cet incident », assure le responsable.
Le Parti démocrate libanais, présidé par le député Talal Arslane, a pour sa part condamné hier « les attaques répétées contre la tente du mouvement civil à Aley », soulignant que « la liberté d’opinion et d’expression est garantie par la Constitution et sa préservation est un devoir ». Dans un communiqué, le Parti démocrate libanais a appelé « les forces de sécurité et les appareils judiciaires compétents à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les manifestants dans la tente », ainsi qu’à poursuivre les personnes qui ont attaqué la tente et les tenir responsables de leurs actes afin d’éviter qu’un pareil incident ne se reproduise.
Les régions de la montagne druze participent timidement au mouvement de contestation, souligne-t-on. Le mois dernier, un militant du PSP, Ala’ Abou Fakhr, qui participait à un rassemblement à Khaldé, où la route avait été coupée, avait été tué par un militaire libanais, aujourd’hui sous les verrous.
Lire aussi
Hale au Liban : lectures opposées et appui conditionnel au gouvernement en gestation, le décryptage de Scarlett Haddad
Le cabinet Diab bute déjà sur les premiers obstacles
Pour mémoire


C'est comme en France les casseurs sont partout , vous vous souvenez ils ont vandalisé l'Arc de Triomphe
19 h 07, le 24 décembre 2019