Des navires sont visibles au mouillage dans le détroit d’Ormuz, au large de Khasab, ville portuaire du nord de la péninsule omanaise de Musandam, le 17 mai 2026. Photo AFP
La fermeture prolongée du détroit d’Ormuz risque de provoquer un choc agroalimentaire systémique susceptible de déclencher une grave crise mondiale des prix alimentaires d’ici six à douze mois, a mis en garde mercredi la FAO. L'organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) préconise, pour éviter une telle issue, de « mettre en place des routes commerciales alternatives, faire preuve de modération en matière de restrictions à l'exportation, protéger les flux humanitaires et constituer des réserves pour absorber la hausse des coûts de transport ». Le moment est venu de « commencer à réfléchir sérieusement à la manière d'accroître la capacité d'absorption des pays, d'augmenter leur résilience face à ce goulot d'étranglement, afin de commencer à minimiser les impacts potentiels », a déclaré Maximo Torero, économiste en chef de la FAO, dans un nouveau podcast publié mercredi. Selon la FAO, la fenêtre pour prendre des mesures préventives se referme rapidement.
Les décisions prises maintenant par les agriculteurs et les gouvernements concernant l'utilisation d'engrais, les importations, le financement (...) détermineront si une grave crise mondiale des prix alimentaires éclatera d'ici six à douze mois, estime encore l'agence onusienne dont le siège est à Rome. L'indice des prix alimentaires de la FAO, qui suit l'évolution mensuelle des prix internationaux d'un panier de produits alimentaires commercialisés à l'échelle mondiale, a augmenté pour le troisième mois consécutif en avril, sous l'effet des coûts élevés de l'énergie et des perturbations liées au conflit au Moyen-Orient.
Le choc se propage par étapes: énergie, engrais, semences, baisse des rendements, hausse des prix des matières premières, puis inflation alimentaire, rappelle la FAO. La situation pourrait s'aggraver avec l'arrivée d'El Niño, qui devrait entraîner des sécheresses et perturber les régimes pluviométriques et thermiques dans plusieurs régions, selon l'agence. Pour éviter ce risque, la FAO préconise plus d'une vingtaine de mesures à court, moyen et long terme, dont des routes alternatives au détroit d'Ormuz, des crédits à des conditions abordables pour les agriculteurs ou la création de réserves régionales.


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