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Liban

Gouvernement : vers une désignation de Saad Hariri

Ghattas Khoury, envoyé par le Premier ministre sortant, reçu samedi par Samir Geagea deux jours après s'être entretenu avec le président Michel Aoun.

L'ancien ministre Ghattas Khoury, conseiller politique de Saad Hariri, et le président libanais Michel Aoun, le 29 août 2019 au palais de Beiteddine, la résidence d'été du chef de l'Etat. Photo d'archives Ani

Le Premier ministre sortant Saad Hariri, qui avait démissionné le 29 octobre dernier sous la pression du mouvement inédit de contestation contre le pouvoir, a de fortes chances d'être désigné pour former le prochain cabinet lors des consultations parlementaires contraignantes prévues lundi au palais de Baabda.

Selon des sources proches de la présidence de la Répubique citées samedi par la chaîne locale LBCI, les consultations ne seront pas reportées une deuxième fois, à moins que la majorité des blocs parlementaires ne le demande. 

Concernant la position du chef de l'Etat Michel Aoun sur la composition du gouvernement, ces sources assurent que le président est contre la formation d'un cabinet exclusivement formé de technocrates indépendants des formations politiques, car ce gouvernement devra prendre des mesures économiques et financières douloureuses qu'il ne pourra pas mettre en oeuvre sans couverture politique.

Après le désistement de l'homme d'affaires Samir Khatib, pressenti ces dernières semaines pour diriger un cabinet techno-politique, et le soutien apporté par Dar el-Fatwa, la plus haute instance religieuse sunnite du pays, à Saad Hariri, les consultations prévues lundi dernier avaient été reportées d'une semaine. M. Hariri a affirmé à maintes reprises qu'il n’acceptera de présider qu’un gouvernement de technocrates, libre de toute figure politique conventionnelle et doté de pouvoirs exceptionnels pour être en mesure de faire face à une crise exceptionnelle, alors que le chef de l’État et le tandem chiite, composé du Hezbollah et du mouvement Amal, prônent un gouvernement techno-politique. Les contestataires, qui manifestent au Liban depuis le 17 octobre, réclament eux aussi la formation d'un gouvernement de technocrates sans plus de retard.



(Lire aussi : Consultations : comment se présentent les positions des partis chrétiens ?)



Ghattas Khoury reçu par Samir Geagea
Toujours selon la chaîne locale LBCI, Ghattas Khoury, conseiller de Saad Hariri, s'est entretenu jeudi dernier avec le président Aoun. Samedi, M. Khoury a été reçu par le chef des Forces libanaises, Samir Geagea.

A l'issue de cet entretien, le leader des FL a annoncé que le bloc parlementaire de la République forte participerait aux consultations parlementaires de lundi, ajoutant cependant que sa formation politique "ne participerait en aucun cas au futur gouvernement". Accusant "certaines formations de camper sur leurs positions et vouloir le même portefeuille ministériel dans le futur cabinet", M. Geagea a exprimé son rejet d'un gouvernement "techno-politique", une option plébiscitée par le Courant patriotique libre et le tandem chiite.

De son côté, M. Khoury a fait savoir qu'"une partie de la rue soutient Saad Hariri et il y a peut-être une autre partie qui refuse" qu'il soit reconduit à la tête du gouvernement, ajoutant que le Premier ministre sortant "met tout en œuvre pour trouver une solution" à la situation actuelle et veut répondre aux revendications du mouvement de contestation. 



(Lire aussi : Fumant !, l'éditorial de Issa GORAIEB)



"Un gouvernement réformateur"
Pour sa part, le ministre sortant des Affaires étrangères et chef du CPL, Gebran Bassil, qui se trouve au Qatar, a affirmé samedi que la formation d'un gouvernement "réformateur" était en préparation.

"Nous avons des divergences politiques. Certes, nous devons répondre aux demandes des manifestants, mais sans violer la Constitution. Nous cherchons à former un gouvernement réformateur oeuvrant à régler les problèmes de l'électricité, des déchets et des services aux citoyens", a déclaré M. Bassil lors de la conférence annuelle du Forum de Doha, qui réunit un large panel de décideurs régionaux et mondiaux.

Jeudi, le bloc du Liban fort, dont le Courant patriotique libre est la principale composante (27 députés au départ), avait annoncé, par la voix de son chef, Gebran Bassil, qu’il ne nommera pas le Premier ministre sortant lors des consultations et qu’il ne participera pas à un cabinet dirigé par Saad Hariri. Une position qui pourrait toutefois encore changer.



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Le Premier ministre sortant Saad Hariri, qui avait démissionné le 29 octobre dernier sous la pression du mouvement inédit de contestation contre le pouvoir, a de fortes chances d'être désigné pour former le prochain cabinet lors des consultations parlementaires contraignantes prévues lundi au palais de Baabda.

Selon des sources proches de la présidence de la Répubique citées...

commentaires (9)

""car ce gouvernement devra prendre des mesures économiques et financières douloureuses qu'il ne pourra pas mettre en oeuvre sans couverture politique"" Voila ou reside le vrai probleme/piege -ILS l'ont repete sans honte : Ils ne sont pas prets au moindre sacrifice-donc honorer la Nation en se retirant de la scene ne serait ce que 8 mois, en FERMANT leur grosses gueules, en ne mettant pas des batons dans les roues des ministres independants !

gaby sioufi

11 h 25, le 15 décembre 2019

Tous les commentaires

Commentaires (9)

  • ""car ce gouvernement devra prendre des mesures économiques et financières douloureuses qu'il ne pourra pas mettre en oeuvre sans couverture politique"" Voila ou reside le vrai probleme/piege -ILS l'ont repete sans honte : Ils ne sont pas prets au moindre sacrifice-donc honorer la Nation en se retirant de la scene ne serait ce que 8 mois, en FERMANT leur grosses gueules, en ne mettant pas des batons dans les roues des ministres independants !

    gaby sioufi

    11 h 25, le 15 décembre 2019

  • Un drôle de lapin sortira du chapeau des magiciens rodés à la triche.

    Citoyen

    11 h 00, le 15 décembre 2019

  • Le gouvernement devra prendre des mesures financières et économiques douloureuses. Mais ces mesures seront supportées par qui : le peuple innocent ou cette clique de voleurs qui a sévi en toute impunité durant des années en pillant l’argent public ?

    Liberté de Penser

    10 h 06, le 15 décembre 2019

  • "...a déclaré M. Bassil, lors de la conférence annuelle du Forum de Doha, qui réunit un large panel de décideurs régionaux et mondiaux..." Donc, maintenant il fait aussi partie de ce "panel de décideurs"...pour le Liban ? Ne reste plus qu'a espérer que son ambition et son énergie soient aussi utilisées pour des décisions bénéfiques pour notre pays ! Irène Saïd

    Irene Said

    09 h 43, le 15 décembre 2019

  • La désignation de Hariri va poser deux problèmes. - La majorité des sunnites va le soutenir, tandis qu'une partie du mouvement de contestation va le récuser comme membre à part entière de la classe corrompue. D'où une division dans le mouvement. - Aoun va systématiquement refuser toutes les propositions qui seront présentées par Hariri de gouvernement apolitique. Bloquer pendant deux ans et demi l'élection présidentielle ou bloquer d'autant la formation du gouvernement, c'est du pareil au même. Et si, pendant ce temps, le Liban coule, qui s'en soucie?

    Yves Prevost

    08 h 18, le 15 décembre 2019

  • Saad Hariri a échoué de façon flagrante durant les trois années passées. Ce n'est plus le temps des essais. La réussite en politique , obéit très rarement à la science de l'hérédité. Il doit proposer aujourd'hui même un autre candidat que lui,pour faciliter la naissance rapide d'un gouvernement adéquat sans problèmes. Son image de zaïm restera plus ou moins respectée de tous.

    Chahine

    07 h 41, le 15 décembre 2019

  • C'est trop drôlissime! Notre président a peur que le nouveau gouvernement technocrate ne soit trop dure avec nous lorsqu'il prendra des décisions pour les réformes et remettra le pays en marche. Ha. Ha. Ha. Ça ne lui fait pas mal au cœur de savoir que ce même peuple souffre depuis des années et surtout depuis qu'on lui a interdit l'accès à son argent parce que ses ministres, députés et responsables politiques ont tout pillé et que depuis le 17 novembre il est dans la rue lui réclamant un nouveau gouvernement et que la date des consultations parlementaires contraignantes ne sont toujours pas fixées par lui faute d'autorité malgré la banqueroute qui a détruit l'économie du pays et ruiné les citoyens . Il laisse le peuple affamé, dépouillé et enclin aux suicides subir des violences de la part des bandes de voyous et des FIS sans avoir un mot pour remédier aux chaos qui règne en rappelant les responsables à l'ordre et en sanctionnant toute bavure ou abus de pouvoir. Au lieu de ça il ne dit rien et les encourage à persévérer par son silence coupable. Il s'inquiète pour le peuple pour des raisons hypothétiques et le laisse dépérir lorsque les causes sont flagrantes et qu'il suffisait qu'il y ait un prèsident à la tête de ce pays pour que les choses rentrent en ordre. Ne vous inquiétez surtout pas de ce peuple. Il s'est toujours débrouiller pour s'en sortir sans l'aide de personne. Qui vivra verra.

    Sissi zayyat

    01 h 45, le 15 décembre 2019

  • On se débarrasse de lui pour qu’il revienne ! Quelle blague

    Roger Xavier

    01 h 08, le 15 décembre 2019

  • LA DESIGNATION EST FACILE MEME QUAND ELLE AURAIT PRISE PLUS DE QUATRE SEMAINES. LE FORMATION D,UN GOUVERNEMENT EST LE PROBLEME CAR SUJET A DES MARCHANDAGES POUR PARTAGER LES POSTES COMME AVANT. BIEN QUE LA CONTESTATION LE REFUSERA.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    00 h 47, le 15 décembre 2019