Plus jamais invisibles !

Avec des cadres internationaux pour les droits de l’homme tels que le CRC et le CRPD, la communauté internationale a fait de grand pas dans la modification de la perception des personnes handicapées, qui sont passées d’objets de charité à de véritables ayant-droits, auxquels on doit l’accès à une éducation appropriée, aux soins de santé et autres services, à la protection contre les abus et la négligence, tout comme à l’insertion sociale dans leurs communautés. On a ainsi observé un passage entre la conception de « remédier à la personne » à celle d’adapter son environnement de sorte à lui permettre de participer à tous les aspects de la vie. 

17/12/2019

J’ai discuté avec de jeunes personnes à besoins spéciaux souffrant particulièrement de handicaps mentaux, sur la manière dont il faut promouvoir l’insertion et construire la paix. Je suis fière de partager avec vous leurs messages, que j’ai divisés en trois parties : les personnes handicapées, les familles et les communautés.

Premièrement, à un niveau individuel, les personnes handicapées ont un grand potentiel et de multiples capacités qui doivent être nourries et développées.

« Arrêtez de nous dire ce que nous ne pouvons pas faire, nous sommes prêts à vous faire découvrir nos capacités. Nous sommes en premier lieu des êtres humains, et avec votre soutien, nous pouvons changer le monde », affirme Manal.

« A l’instar de tous les enfants et tous les jeunes adultes, les personnes handicapées ont besoin d’avoir accès à l’éducation et aux autres services en vue de donner libre cours à leur potentiel, explique Meri Poghosyan, spécialiste en éducation-inclusion à l’Unicef. Tous nos partenaires pédagogiques ont l’obligation d’inclure les enfants avec handicap dans leurs programmes réguliers. Davantage d’efforts sont requis de la part des différents services afin d’assurer une identification et un soutien appropriés aux enfants handicapés. »

Deuxièmement, afin de grandir en ayant confiance en eux-mêmes, les enfants ont besoin de rester au sein de leurs familles. Ils ont besoin de l’amour et de la tendresse de leurs parents, et il leur est utile de discuter et même de se disputer avec leurs frères et sœurs pour apprendre à affronter et à résoudre les problèmes. Ils doivent aussi apprendre les règles sociales en compagnie de leurs pairs.

« J’ai confiance en moi-même parce que j’ai été élevé dans une famille forte qui me respecte. Le respect et l’attention que me portent mes proches m’aident dans mes prises de décisions. J’ai toujours exprimé tout haut ma pensée parce que ma famille m’a appris que j’avais la même valeur que les autres. Mais pour mieux nous soutenir, la famille doit elle-même être soutenue. Les familles doivent se faire entendre afin que leurs questions trouvent des réponses », poursuit Manal.

« Ces revendications sont en phase avec l’action de l’Unicef auprès du gouvernement libanais dans l’objectif de renforcer l’éducation inclusive et de promouvoir les alternatives basées sur le maintien dans la famille plutôt que l’internat dans les institutions », poursuit Poghosyan.

Enfin, le message des jeunes à l’intention de leur communauté était puissant et clair.

En 2017, le recensement de l’Unicef sur les connaissances, attitudes et pratiques au Liban a révélé que seul un sondé sur quatre pense que des enfants avec des handicaps mentaux peuvent être intégrés dans la société. « L’Unicef travaille avec ses partenaires à modifier le comportement social par la communication, l’objectif étant de passer des idées fausses, des craintes, de la surprotection, de la pitié ou de l’indifférence qui caractérisent l’approche au handicap des enfants, à la normalisation du handicap par son acceptation comme faisant partie de la diversité humaine, et la perception de ces personnes comme des membres actifs de la société. »

« Les personnes handicapées souffrent de discrimination en société. Ils sont invisibles et ne participent pas à la vie de leur communauté. Cela contribue à renforcer les craintes découlant de l’ignorance de la réalité du handicap, surtout dans les sociétés qui n’acceptent pas la différence et n’ont pas de lois qui protègent les personnes handicapées », affirme Mia.

Elle conclut : « Nous sommes dans ce monde pour y rester, et nous voulons vivre heureux et participer à la vie de notre communauté afin que, tous ensemble, nous puissions contribuer à un monde meilleur. »


Fadia Farah est présidente de l'Association libanaise pour la défense de soi



Les articles, enquêtes, entrevues et autres, rapportés dans ce supplément n’expriment pas nécessairement l’avis du Programme des Nations Unies pour le développement, ni celui de L'Orient-Le Jour, et ne reflètent pas le point de vue du Pnud ou de L'Orient-Le Jour. Les auteurs des articles assument seuls la responsabilité de la teneur de leur contribution.

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