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Liban

Melhem Khalaf à Aoun : « Il ne faut pas avoir peur » du soulèvement populaire

Présidence

« Vous verrez bientôt des choses qui vous satisferont », affirme le chef de l’État sans plus de précision.

OLJ
03/12/2019

Alors que les Libanais attendent depuis le début du mouvement de contestation des réalisations tangibles, c’est encore à des promesses qu’ils ont eu droit de la part du chef de l’État, qui leur a annoncé sans précision aucune qu’ils seront bientôt témoins de développements qui les satisferont.

« Vous allez assister prochainement à des choses qui vous satisferont ainsi que l’ensemble des Libanais », a assuré le président Aoun, s’adressant au nouveau bâtonnier de Beyrouth, Melhem Khalaf, aux membres du conseil de l’ordre et à d’anciens bâtonniers, qui lui ont rendu une visite protocolaire à Baabda. Le chef de l’État n’a apporté aucune précision quant à ce que pourraient être les développements annoncés.

« Il s’est contenté de prononcer sa phrase dans le cadre d’un discours à bâtons rompus devant les présents », indique un ancien bâtonnier qui faisait partie de la délégation.Invoquant le mouvement de contestation dont l’élection de Melhem Khalaf, le 17 novembre, a été l’un des fruits, M. Aoun s’est félicité de ce que le nouveau bâtonnier « se soit forcé un passage dans de nombreuses chasses gardées et ait fait tomber de nombreuses barrières ».

« Nous voulons tous la réforme en dépit de tous les obstacles », a-t-il ajouté en parlant de la corruption, indiquant que les obstacles « ne sont pas seulement les personnes corrompues au sein de l’appareil du pouvoir, mais aussi dans la protection dont ces derniers jouissent au sein de la société ». « Or il faut que le peuple coopère avec nous, sachant que d’aucuns ne rapportent pas (les actes de corruption) parce qu’ils en profitent », a-t-il poursuivi, citant comme exemple « la connivence avec des fonctionnaires en vue de l’évasion fiscale ».Le président Aoun s’est en outre penché sur la question des libertés, indiquant qu’« il n’y a pas de journalistes dans les prisons parce que leur liberté d’expression est garantie ». Il a toutefois jugé que ces libertés sont arrivées au stade du « chaos », « les insultes faisant désormais partie de la liberté d’information », ce qui, a-t-il dit, « est inacceptable ».


(Lire aussi : Irresponsabilité criminelle, l’édito de Michel TOUMA)


Khalaf : Les avocats, un levier pour l’État

Selon un membre du conseil de l’ordre interrogé par L’OLJ, les réflexions du président Aoun se sont inscrites dans le cadre d’une réponse à une brève allocution du nouveau bâtonnier. Ce dernier y avait insisté sur son attachement aux libertés. « Monsieur le Président, a-t-il dit, il n’y a pas lieu d’avoir peur de la liberté du peuple, ni de ses revendications légitimes, ni non plus de son intifada qui a surgi d’une grande douleur. » M. Khalaf avait également exprimé son « attachement à la Constitution, ainsi qu’aux institutions constitutionnelles et à leur symbolique ».

« Notre principale préoccupation est d’injecter de la démocratie dans ces institutions, en commençant par combler le vide au sein du pouvoir exécutif selon les mécanismes constitutionnels et les demandes du peuple, source de tous les pouvoirs, a insisté M. Khalaf. L’ordre des avocats est un levier pour l’État, aux côtés d’un pouvoir judiciaire efficient, intègre et indépendant, attaché à la lutte contre la corruption et à la reddition des comptes. »

À cet égard, le président Aoun a proposé de faire amender certaines lois ayant trait à la procédure judiciaire qui, a-t-il jugé, « conduisent parfois à retarder le cours des actions », citant comme exemple la possibilité de présenter des exceptions de forme plus de six fois pour une même affaire.

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LA GHALEB OU LA MAGHLOUB EST LA FORMULE MAGIQUE QU,IL VEUT PONDRE POUR APAISER LA RUE. ET TOUT REPRENDRA COMME AVANT... CORRUPTION, CLIENTELISME, VOLS ET HERITAGES POLITIQUES. TITI TITI !

DINTILHAC bernard

Le Liban n'est pas sous un régime dictatorial pour qu'il soit souhaitable de le soumettre à une révolution démagogique avant de procéder aux réformes urgentes. Ce n'est pas faire injure au peuple que d'exprimer cela, au contraire.

Yves Prevost

"Notre principale préoccupation est (...) de combler le vide au sein du pouvoir exécutif selon les mécanismes constitutionnels et les demandes du peuple"'
Alors, pourquoi, n'a-t-il pas encore, après plus d'un mois, lancé, "selon les mécanisme constitutionnels",les consultations parlementaires?
Pourquoi refuse-t-il la formation d'un gouvernement technocrate, conforme à "la demande du peuple"?

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