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Justice

Bisri : les neuf militants sortent libres de leur interrogatoire

Des militants écologiques enfonçant une barrière dans la plaine de Bisri. Photo tirée du compte Twitter du Mouvement écologique libanais

Les neuf militants, dont le président du Mouvement écologique libanais, Paul Abi Rached, et l’acteur Wissam Hanna, convoqués hier au poste de gendarmerie de Mazraat el-Dahr, dans le caza du Chouf, sont sortis libres de leur audition. Une plainte avait été déposée contre eux par l’entrepreneur turc chargé de la construction du barrage de Bisri, contesté par de nombreux écologistes et habitants, pour des raisons en rapport avec l’écologie, le patrimoine ou encore la faisabilité du projet. Aucune charge n’a été retenue contre ces neuf personnes, accusées par l’entrepreneur d’avoir ouvert par la force les entrées menant à la plaine de Bisri.

« Nous allons poursuivre notre mouvement pour la sauvegarde de Bisri », a lancé M. Abi Rached, une écharpe aux couleurs du drapeau libanais au cou, à l’issue de son interrogatoire. « Nous nous sommes rendus à la convocation parce que nous sommes en faveur de l’État de droit », a lancé de son côté Wissam Hanna aux dizaines de militants de la cause rassemblés en signe de soutien. Les sept autres militants sont Amani Beaïni, Hassan Hajjar, Ajwad Ayache, Amer Machmouchi, Saadé Saadé, Roland Nassour et Claude Habib.

Interrogé par L’OLJ sur cette convocation, M. Abi Rached a précisé que c’est la compagnie turque qui a porté plainte contre les militants, « bien que, sur le terrain, nous n’ayons rencontré que le personnel de l’entrepreneur libanais Dany Khoury ». Les enquêteurs des forces de l’ordre « se sont comportés de manière très professionnelle avec nous, même s’ils nous ont posé des questions assez strictes ».

Selon les avocats des écologistes, le résultat de l’enquête sera transféré au procureur général qui décidera d’engager des poursuites ou pas. « Nos arguments étaient cependant solides, précise Paul Abi Rached. La plainte a été déposée suite à ce que l’entrepreneur a considéré comme une tentative de forcer une barrière près de l’église Mar Moussa. Or, ce jour-là, nous avions emmené un groupe visiter cette église que fréquentent toutes les communautés. Le sentier d’été était inondé, suite aux premières pluies d’hiver. Nous avons alors dû emprunter un autre chemin, celui qui relie l’église Mar Moussa à la route en bitume. Le personnel sur place ayant refusé de nous ouvrir la porte, les plus jeunes parmi nous ont sauté au-delà de la portière et l’ont ouverte pour nous permettre de passer. Il ne s’agit donc pas d’une entrée par effraction, mais d’une ouverture de la porte pour sortir de l’endroit, et cela fait toute la différence. »

Selon l’écologiste, « il s’agit d’une tentative d’intimidation à l’encontre de militants bien en vue », soulignant que l’un d’eux, Hassan Hajjar, « n’était même pas avec le groupe au moment des faits ».

La réalisation du projet de barrage de Bisri reviendrait de fait à inonder la vallée. Financés par un prêt de la Banque mondiale, les grands travaux n’ont pas vraiment débuté, même si le secteur a été bouclé en début d’année et de premiers arbres abattus.

Pour un coût de 617 millions de dollars, le barrage doit permettre de répondre aux besoins en eau de 1,6 million de Libanais, selon la Banque mondiale.

Mais les militants dénoncent des expropriations. Ils craignent aussi des tremblements de terre – car le barrage doit être érigé sur une faille sismique– un risque néanmoins écarté par le gouvernement et la Banque mondiale.

Encouragés par le mouvement de contestation, environnementalistes et manifestants se sont réapproprié les lieux : depuis le 9 novembre, ils organisent cortèges et sit-in.


Les neuf militants, dont le président du Mouvement écologique libanais, Paul Abi Rached, et l’acteur Wissam Hanna, convoqués hier au poste de gendarmerie de Mazraat el-Dahr, dans le caza du Chouf, sont sortis libres de leur audition. Une plainte avait été déposée contre eux par l’entrepreneur turc chargé de la construction du barrage de Bisri, contesté par de nombreux...

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"les neuf militants sortent libres de leur interrogatoire". Heureusement, encore!

Yves Prevost

06 h 56, le 26 novembre 2019

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Commentaires (1)

  • "les neuf militants sortent libres de leur interrogatoire". Heureusement, encore!

    Yves Prevost

    06 h 56, le 26 novembre 2019