Rechercher
Rechercher

Rapport

Situation financière au Liban : les agences de notation n’y croient presque plus

Standard & Poor’s avait jusqu’ici fait preuve d’une plus grande patience que ses consœurs, Moody’s et Fitch. Brendan McDermid/Reuters

Cette fois-ci, rien ne va vraiment plus. Vendredi, Standard & Poor’s a fini par baisser la note souveraine du Liban d’un cran, de « B- » à « CCC », moins d’un mois après avoir placé le pays « sous surveillance ». L’agence de notation financière américaine, l’une des trois principales avec Moody’s et Fitch, avait jusqu’ici fait preuve d’une plus grande patience que ses consœurs en prenant le parti de ne pas déclasser la notation du pays, malgré la dégradation notable de sa situation financière cette année. Une attitude qui a fini par changer, alors que le pays vit depuis un mois au rythme de manifestations organisées dans tout le pays contre la classe politique, qui n’a toujours pas réussi à calmer la rue ou à rassurer les marchés. La nouvelle évaluation de S&P est désormais à nouveau alignée sur celle de Fitch (CCC), tandis que Moody’s a déjà abaissé la note du Liban à deux reprises cette année (de B3 à Caa1 en janvier, puis Caa2 il y a une dizaine de jours). « Les trois agences ont déjà répercuté la baisse de leurs évaluations respectives du risque de défaut du pays sur son secteur bancaire et n’excluent pas une nouvelle dégradation à très court terme si la situation continue à stagner », souligne pour L’Orient-Le Jour une source financière.


Décalage entre les dirigeants et la réalité
« Les agences de notation comme les marchés ne croient presque plus à la possibilité que le pays s’en sorte sans restructurer sa dette. Cela est également visible à travers la chute vertigineuse des prix des eurobonds – titres de dette en devise – et l’explosion de ceux des Credit Default Swap – CDS, contrats qui permettent de se couvrir contre le risque de défaut de l’État libanais dans les douze mois », ajoute-t-elle. Selon les données publiées par Bloomberg, le prix des CDS sur 12 mois a en effet atteint près de 5 000 points à la fin de la semaine (contre environ 600 à 700 points il y a un an et 1 300 points il y a moins d’un mois). « Le choix des leaders politiques, que ce soit au niveau de la nomination avortée de Mohammad Safadi pour former un nouveau gouvernement ou de l’obstination du président du Parlement Nabih Berry à vouloir faire passer une loi d’amnistie au moment où la rue réclame des réformes et une lutte sans concession contre la corruption, symbolise l’ampleur du décalage qui existe entre les dirigeants et la réalité », poursuit l’analyste.



(Lire aussi : Les conditions de la communauté internationale pour sauver le Liban de la faillite)



Dans son rapport, S&P a justifié sa décision en faisant valoir la baisse de confiance « dans la gouvernance libanaise et dans son économie », auxquels ils attribuent la diminution des dépôts bancaires constatée à fin septembre (-2,3 % en un an, soit environ 4 milliards de dollars) qui ont « historiquement permis de financer les déficits budgétaires et commerciaux élevés » du pays. L’agence relève également que la fermeture des banques en marge des manifestations contre les dirigeants politiques qui se poursuivent depuis le 17 octobre a alimenté les inquiétudes concernant la viabilité de la politique de taux de change fixe entre la livre et le dollar (1 507,5 livres pour un dollar depuis 1997).

S&P considère de plus que les perspectives de plus en plus fragiles de voir le gouvernement réduire les deux déficits rend de plus en plus probable la nécessité qu’il doive avoir recours à une aide extérieure ou une « réforme budgétaire » pour continuer d’assurer le service de sa dette publique, dont le ratio dette/PIB atteint 148 %, selon les calculs de l’agence. S&P estime en outre que les réserves des devises utilisables de la BDL devraient atteindre 18 milliards de dollars à la fin de l’année (en utilisant une méthode de calcul différente de Moody’s, qui table sur 5 à 10 milliards de dollars). Elle maintient enfin que seul un « financement extérieur immédiat » ou « la mise en place d’un gouvernement capable de lancer un ensemble de réformes à même de restaurer la stabilité positive » pourrait éviter une nouvelle dégradation de la note du Liban.


Lire aussi

Liban : Les banques adoptent des mesures « temporaires » pour pouvoir rouvrir leurs agences

S&P a baissé les notes de trois banques et maintient sa surveillance

La BDL accorde un sursis pour les incidents de paiement par chèque

Les dépôts bancaires en baisse même avant le début des manifestations au Liban

Les banques desserreront-elles l’étau sur les entreprises ?


Cette fois-ci, rien ne va vraiment plus. Vendredi, Standard & Poor’s a fini par baisser la note souveraine du Liban d’un cran, de « B- » à « CCC », moins d’un mois après avoir placé le pays « sous surveillance ». L’agence de notation financière américaine, l’une des trois principales avec Moody’s et Fitch, avait jusqu’ici fait preuve...

commentaires (3)

Du coup, tout le monde est intelligent et économiste ! Comment expliquer des 15% sur la Livre et des 6%sur des USD quand un pays ne produit rien ! La conclusion est connue depuis le début !

Jack Gardner

13 h 17, le 18 novembre 2019

Tous les commentaires

Commentaires (3)

  • Du coup, tout le monde est intelligent et économiste ! Comment expliquer des 15% sur la Livre et des 6%sur des USD quand un pays ne produit rien ! La conclusion est connue depuis le début !

    Jack Gardner

    13 h 17, le 18 novembre 2019

  • ON SEN PASSERA DE CES PASSEREAUX DE MAUVAISE AUGURE . LE LIBAN VIVRA À SON RYTHME QUI EST CELUI DE LA RESISTANCE AUX PILLEURS PRÉDATEURS USURPATEURS REGIONNAUX ET LOCAUX.

    FRIK-A-FRAK

    11 h 16, le 18 novembre 2019

  • LE PAQUEBOT LIBAN CHAVIRE ET LES ABRUTIS CAPITAINE, OFFICIERS ET EQUIPAGE SE QUERELLENT ET LE LAISSE ALLER. DI3ANAK YIA LEBNEN !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    05 h 43, le 18 novembre 2019