Finances

S&P a baissé les notes de trois banques et maintient sa surveillance

Standard & Poor’s a indiqué qu’elle maintenait le pays « sous surveillance ». Photo Reuters

Standard & Poor’s (S&P), l’une des trois agences de notation américaine avec Moody’s et Fitch, a abaissé hier les notes de plusieurs banques libanaises qu’elle observe, Bank Audi, BLOM Bank et Bankmed, de « B- » à « CCC » avec « perspectives négatives », sans toutefois modifier la notation souveraine du pays, qui reste à « B- ».

L’agence a également indiqué qu’elle maintenait le pays « sous surveillance » avec implication « négative », une décision qu’elle avait initialement prise fin octobre en faisant valoir que « la baisse des flux de devises vers le pays pouvait aggraver la situation budgétaire et monétaire du pays » tout en limitant la marge de manœuvre du gouvernement face à des « revendications sociales pressantes ». Le Liban, dont la situation financière s’est dégradée de façon spectaculaire cette année suite à la conjonction de plusieurs facteurs, vit depuis un mois au rythme de manifestations organisées dans tout le pays contre la classe politique.


Banques toujours fermées

Pour justifier la dégradation de la note des banques, S&P a pointé du doigt la baisse de leur niveau de liquidités provoquée par la baisse des dépôts (-2,3 % sur les neuf premiers mois de l’année comparé à septembre 2018, soit un recul de 4 milliards de dollars, NDLR) combinée à la méfiance grandissante des clients suite à la décision des établissements bancaires de fermer leurs agences en marge des manifestations.

Les banques possèdent une grande part de la dette souveraine et sont donc exposées au risque de l’État. Or l’agence considère en outre que « l’asymétrie des échéances dans le bilan des banques » (le fait que les échéances de leurs actifs sont décalées avec celles des dettes qu’elles doivent honorer) limite leur « flexibilité » pour gérer « d’importants retraits de dépôts dans un contexte de crise de liquidités ». « L’essentiel des banques ont placé les dépôts à court terme de leurs clients à la BDL. Les placements libanais à la Banque du Liban comptaient pour 57 % du total des actifs des banques à fin juillet 2019 (…) en incluant les dépôts à terme et les certificats de dépôt avec des maturités à moyen et long terme », explique S&P.

L’agence rappelle en outre que la BDL a proposé aux banques d’emprunter à court terme leurs besoins en liquidités à un taux de 20 % (en leur interdisant cependant d’utiliser cet argent pour des transferts à l’étranger). Elle juge néanmoins que la capacité de la BDL est limitée en raison de son « rôle-clé » pou assurer le financement de l’État. S&P considère enfin que les banques sont exposées à un risque « moins imminent mais néanmoins significatif » lié à la « vulnérabilité de leur capitalisation au risque souverain ».

Fermées du 18 au 31 octobre, les banques ont ouvert leurs portes du 1er au 8 novembre, une période au cours de laquelle elles ont mis en place d’importantes mesures de contrôle de facto des capitaux, qui se sont ajoutées à celles du change que la BDL a initié à la fin de l’été. Les agences bancaires du pays ont enfin refermé leurs portes, cette fois en raison de la grève lancée par les syndicats de leurs employés qui se poursuit depuis le début de la semaine. Ces derniers demandent que la sécurité des salariés dans les agences soit assurée « pour gérer les demandes des clients face à la pression qui a pesé sur le secteur ». Contactée par L’Orient-Le Jour, l’Association des banques du Liban (ABL) a confirmé que les banques seraient toujours fermées aujourd’hui.

Au début du mois, Moody’s avait déjà dégradé la note des trois banques libanaises qu’elle observe – Bank Audi, BLOM Bank et Byblos Bank – de « Caa1 » à « Caa2 » en les gardant « sous surveillance », après avoir abaissé deux fois la note souveraine libanaise, la première fois en janvier et la seconde au début de ce mois, passant de « Caa1 » à « Caa2 », mais toujours « sous surveillance ». Fitch a aussi diminué la note souveraine d’un cran, à « Caa1 » avec perspective stable. S&P est la seule agence de notation qui a dégradé la note des banques, avant la note souveraine. La dette du pays a atteint la barre des 86 milliards de dollars cette année, soit un ratio dette/PIB d’environ 150 %. Selon Moody’s, la BDL n’a plus que 5 à 10 milliards de dollars de réserves de devises utilisables, une enveloppe qui sera probablement utilisée pour régler le financement du service de la dette en devises entre 2019 et 2020, lequel s’élève à 6,5 milliards de dollars en comptant les 1,5 milliard de dollars d’eurobonds qui arrivent à maturité le 28 novembre.


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commentaires (4)

Ce Standard and Poor et autres agences américaines rêvent de dévaliser le Liban , de le ruiner , pour anéantir le Hezbollah . Ils sont d'une mauvaise foi extraordinaire !

Chucri Abboud

21 h 09, le 20 novembre 2019

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Commentaires (4)

  • Ce Standard and Poor et autres agences américaines rêvent de dévaliser le Liban , de le ruiner , pour anéantir le Hezbollah . Ils sont d'une mauvaise foi extraordinaire !

    Chucri Abboud

    21 h 09, le 20 novembre 2019

  • la BDL a proposé aux banques d’emprunter à court terme leurs besoins en liquidités à un taux de 20 % (en leur interdisant cependant d’utiliser cet argent pour des transferts à l’étranger). les banques doivent s'emprunter a 20% CE N'EST PAS UNE NOTE C , C'EST UNE FAILLITTE EN BONNE ET DUE FORME QU'ON LE VEUILLE OU PAS QUI S'ANNONCE POUR L'ENSEMBLE DES BANQUES LIBANAISES VOILA LE PRIX A PAYER POUR RETARDER 8 MOIS LA FORMATION D'UN GOUVERNEMENT ET ELIRE UN MINISTERE DE 30 ( OU POUR ETRE PLUS HONNETES ,) D'AUX MOINS 20 BRIGANTS DE HAUT BORD UNE FOIS LA REVOLUTION TERMINEE TOUS CES GENS SERONT SOIT EN PRISON SOIT HORS DU PAYS ( VIA LA SYRIE )AVEC LEURS BIENS BLOQUEES LE PRIX DE LA LIBERTE RETROUVEE EST LOURD MAIS VAUX LA PEINE

    LA VERITE

    11 h 18, le 15 novembre 2019

  • LA GUERRE CONTRE LE SECTEUR BANCAIRE LIBANAIS A COMMENCE. LES AMERICAINS POUR PUNIR LE HEZBOLLAH QU,ILS SOUPCONNENT DE SE SERVIR DU SYSTEME BANCAIRE DU PAYS, REPONDANT AUX EXIGENCES ISRAELIENNES QUI DEPUIS PLUS D,UN AN LEUR DEMANDE DE DETRUIRE LE SECTEUR BANCAIRE LIBANAIS POUR SUPPOSEMENT DETRUIRE LE HEZBOLLAH, ONT DECIDE DE LE FAIRE. EN TOUT CAS C,EST LA PRESENCE DES DEUX MILICES IRANIENNES QUI EST LA MALEDICTION SUR LE PAYS.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    09 h 58, le 15 novembre 2019

  • De Montreal j'attends le soir la parution de votre journal avec impatience....J'ai peur pour notre cher Liban et j'espere que tous ses ennuis finiront rapidement. Bon courage pour tous les journalistes et l' equipe de L'Orient le Jour.

    nada younes

    01 h 09, le 15 novembre 2019