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Syrie : la Banque centrale gèle les comptes bancaires d’importants hommes d'affaires, dont Tarif Akhras

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Selon The Syria report, cette décision "confirme la pression croissante du gouvernement sur le monde des affaires et constitue la première mesure pratique à l’encontre d’individus spécifiques".

OLJ
08/10/2019

En Syrie, la Banque centrale a ordonné le gel des comptes bancaires de plusieurs importants hommes d'affaires, dont Tarif Akhras, un proche d’Asma el-Assad, a rapporté mardi The Syria Report.

Le gel a été annoncé dans une circulaire datée du 7 octobre envoyée par la Banque centrale aux banques locales, indique le site spécialisé qui a pu obtenir une copie de ce document. "La circulaire ordonne aux banques de geler les comptes de plusieurs hommes d’affaires et d’arrêter toutes leurs facilités de crédit", rapporte The Syria Report. 

Les hommes d’affaires listés dans la circulaire sont : Tarif Akhras, Samer el-Dibs, Akram Hourieh, Issam Anbouba, Ibrahim Cheikh Dib, Mohammad Burhan el-Bardan, Mohammad Ammar el-Bardan et Mohammad Mofleh el-Jandali.  "Cette liste d'investisseurs a deux caractéristiques. Beaucoup sont des partenaires commerciaux dans diverses entreprises et tous appartiennent à l'élite des affaires d'avant 2011, explique le site spécialisé. De plus, peu semblent avoir participé à la récente réunion à l’hôtel Sheraton à Damas. la plupart d'entre eux sont des importateurs".

La réunion du Sheraton avait eu lieu le 28 septembre 2019 dans la capitale syrienne. Autour du président de la Banque centrale, Hazem Karfoul, des hommes d'affaires avaient alors juré face à la caméra de soutenir l’économie et surtout la livre syrienne, à son plus bas niveau depuis le début de la guerre.

The Syria report rappelle que M. Akhras, dont le nom figure dans la circulaire, est un important importateur de produits agroalimentaires. "Il possède une raffinerie de sucre et est actionnaire de diverses sociétés, y compris une banque".

Tarif Akhras est un des "huit hommes d’affaires qui se partagent le gâteau syrien".  "Akhras a un accès direct à Bachar, il ne passe pas par les autres", avait indiqué à L'Orient-Le Jour Jihad Yazigi, économiste et rédacteur en chef de The Syria Report. L’homme d’affaires de 68 ans est le cousin de Fawaz el-Akhras, père d’Asma el-Assad. Il est le plus grand importateur de matières premières, notamment de sucre et de blé d’Ukraine et de Russie, et il préside la Chambre de commerce de Homs. Lorsque ses usines à Alep ont brûlé en 2012, il n’a pas pu être remboursé par son assureur Lloyd’s de Londres parce qu’il avait été placé sous sanctions internationales quelques mois plus tôt. "Contrairement à d’autres, Akhras ne finance pas directement le régime", avait de son côté indiqué un businessman libanais interrogé par L'OLJ. 

Le 27 septembre dernier, le véhicule du fils du Homsiote, Merhef, avait été retrouvé à Brital, dans la Békaa libanaise, "le paradis des voitures volées", dans des circonstances suspectes. Le quadragénaire, qui vit au Liban depuis trois ans, avait été porté disparu. Quelques heures plus tard, il était réapparu. Les autorités locales avaient évoqué un enlèvement tout en restant évasives. 


(Lire aussi : Le torchon brûlerait-il entre Assad et des hommes d’affaires syriens ?)


Par ailleurs, The Syria report indique que "Samer el-Dibs est président de la chambre d'industrie de Damas et est également une personnalité très importante". 

"La Banque centrale n'a pas motivé sa décision et n'a pas précisé pendant combien de temps le gel devrait être maintenu, ajoute le site d'information spécialisé. La décision s’applique également aux entreprises et aux particuliers associés aux investisseurs. Au moins une des banques du secteur privé en Syrie a ordonné à sa direction de refuser d'importantes opérations bancaires pour les comptes détenus par les enfants de ces personnes".

Selon The Syria report, "la décision de la Banque centrale confirme la pression croissante du gouvernement sur le monde des affaires et constitue la première mesure pratique à l’encontre d’individus spécifiques". "La raison pour laquelle ces individus spécifiques ont été ciblés n’est pas claire, bien que le fait qu’ils soient majoritairement des importateurs et donc enclins à manipuler d'importantes quantités de devises étrangères puisse être un facteur", indique encore The Syria report.


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Amère Ri(s)que et péril.

Tant que ce n'est pas fait par des kidnapping, tortures , démembrements et dilué dans l'acide , ce que fait le gouvernement du héros Bashar est tout à fait normal pour un pays en guerre agressé de toute part par les 3/4 du monde dit démocratique .

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