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Liban

« L’atteinte à la liberté est une atteinte à l’identité du Liban »

Rassemblement

Un sit-in a été organisé samedi, place Samir Kassir, par la section des jeunes du Parti socialiste progressiste.

N. M. | OLJ
07/10/2019

Plusieurs voix se sont élevées durant le week-end pour dénoncer les atteintes récurrentes aux libertés publiques, notamment au lendemain de plusieurs convocations d’internautes et d’un journaliste qui avaient critiqué le chef de l’État, le gouvernement et la crise économique.

Rappelons dans ce cadre que deux militants du Parti socialiste progressiste (PSP) ont été convoqués la semaine dernière par la justice pour des messages contre le président Michel Aoun et le gouvernement, postés sur les réseaux sociaux. De même, un homme a été convoqué par la Sécurité de l’État pour avoir proféré des insultes dans un enregistrement vocal diffusé sur les réseaux sociaux. La semaine dernière également, le journaliste Atef Chibani a été convoqué par le bureau de cybercriminalité des Forces de sécurité intérieure, sur demande du parquet financier, pour avoir écrit sur Twitter qu’il n’avait pas pu retirer des dollars de l’établissement bancaire où il avait déposé son argent.

Face à cette situation, la section des jeunes du PSP, du leader druze Walid Joumblatt, a organisé samedi un sit-in place Samir Kassir, au centre-ville de Beyrouth, appelant à respecter les libertés publiques.

« Il y a quarante-six ans, se déroula la guerre d’octobre qui a brisé la légende de l’invincibilité de l’armée israélienne, a écrit hier M. Joumblatt sur son compte Twitter. Si l’Égypte avait alors récupéré tous ses territoires occupés, le Liban a perdu plus tard son indépendance, ainsi que son élite parmi les intellectuels, les hommes politiques et les militants en raison de la poigne de fer du régime syrien. Comme si rien n’avait changé. La presse est en péril et la liberté d’expression est presque interdite. »


Délimiter les frontières
« La frontière entre les libertés et l’application des lois est très délicate et doit être bien réglementée », déclare à L’Orient-Le Jour Michel Moussa, président de la commission parlementaire des Droits de l’homme. « Le Liban a toujours été le pays des libertés, poursuit-il. C’était le refuge des personnes qui, dans les pays arabes, étaient persécutées pour leurs opinions. C’est une caractéristique qu’il faudrait préserver. Il n’en reste pas moins qu’il faut connaître ses limites et savoir délimiter les frontières entre les libertés d’une part, la diffamation, les attaques et le chaos d’autre part. »

Pour M. Moussa, cette situation ne peut être réglementée sans un amendement des lois en vigueur, notamment la loi sur l’information et les libertés publiques. Il explique qu’une proposition de loi en ce sens « a été examinée par les différentes commissions et doit incessamment être présentée à l’Assemblée pour être votée ». « Cette loi réglemente la question des libertés », insiste le parlementaire, soulignant aussi la nécessité de « réglementer le Conseil national de l’audiovisuel de manière à préserver les libertés publiques et les libertés de la presse ». Et de conclure : « Nous vivons dans un espace mondialisé. Les médias sociaux doivent être utilisés de manière à préserver la caractéristique libanaise en matière de libertés. »


« Nul ne peut museler les gens »
Samedi, de nombreuses personnalités politiques se sont prononcées en faveur de la liberté d’expression qu’elles ont qualifiée de « sacrée ». Le député Kassem Hachem, membre à la fois du parti Baas et du groupe parlementaire de Nabih Berry, a ainsi affirmé dans une déclaration à la Voix du Liban libre que « la liberté est garantie par la Constitution », mais que « cette liberté a une limite de manière à préserver l’ordre public ». « Nul ne peut museler les gens et les libertés seront préservées », a-t-il ajouté.

Le député Marwan Hamadé a de son côté mis en garde contre « une grande intifada en faveur des libertés ». Dans une déclaration à la Voix du Liban 100.5, il s’est adressé « au gouvernement, au chef de l’État et à la justice républicaine », leur conseillant de « préserver les libertés » parce que, dans le cas contraire, ils « ne tiendraient pas ».

Pour le chef des Kataëb et député Samy Gemayel et le député Kataëb Élias Hankache, « le Liban n’existerait pas sans la liberté » et l’atteinte à sa liberté est « une atteinte à l’identité du Liban ». Les députés Anouar el-Khalil (groupe Berry) et Paula Yacoubian ont eux aussi critiqué les atteintes aux libertés publiques.



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