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Liban

Accusé de détenir un faux diplôme, le président de l’UL attaque... la liberté d’information

Libertés

Une quarantaine de journalistes et propriétaires de média réunis au siège du quotidien « an-Nahar » réclament la révocation immédiate de Fouad Ayoub.

Fady NOUN | OLJ
20/09/2019

La polémique opposant le président de l’Université libanaise (UL), Fouad Ayoub, à un groupe de professeurs qui contestent la validité de son diplôme universitaire de médecin légiste a connu un rebondissement spectaculaire hier. En effet, on apprenait qu’au cours du dernier mois, une quarantaine de publications, dont L’Orient-Le Jour, sites d’information et médias audiovisuels ont reçu du juge des référés de Beyrouth un jugement leur enjoignant « de retirer ou d’éliminer tous les articles » portant préjudice à la réputation de M. Ayoub sous peine d’amendes lourdes.

Réunis dans les locaux du quotidien an-Nahar, des journalistes concernés et des professeurs d’université ont pris acte de la grave atteinte à leur liberté que constitue l’action en justice portée par le président de l’UL et ont formé un comité de suivi pour cette affaire.

Au terme de leur réunion, à laquelle assistaient des rédacteurs en chef des principaux médias, des ténors de la presse écrite, la chaîne LBCI et les deux présidents de l’ordre de la presse et du syndicat des rédacteurs, Aouni el-Kaaki et Joseph Kossaïfi, un communiqué a été lu par le directeur de la rédaction du quotidien an-Nahar, Ghassan Hajjar. Le texte demande rien moins que la révocation du président de l’UL, tout en insistant sur le fait que « l’unique instance de recours pour tout ce qui concerne la presse est le tribunal des imprimés et non le juge des référés ».

Informé, le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Akram Chehayeb, s’est dit « surpris » par une démarche dont il n’avait pas connaissance.


La réputation de l’UL

Le communiqué lu par M. Hajjar affirme que « la requête (…) de M. Ayoub n’est rien d’autre qu’une atteinte à la liberté d’information ». M. Hajjar a réclamé « la révocation du président de l’UL, après toutes les accusations et les anomalies qui entachent sa carrière universitaire, ainsi que les accusations infondées qu’il lance à l’encontre des médias et instituts de recherche et professeurs dont la compétence est solidement établie, ce qui place l’université nationale dans une situation peu enviable ».

« La demande du président de l’UL est sans précédent dans l’histoire de la presse libanaise », a renchéri M. Hajjar, qui a ajouté : « Le maintien en poste de M. Ayoub à la tête de l’Université libanaise menace le devenir de l’institution, sa réputation et son unité. Cet homme a bafoué toutes les lois et coutumes en vigueur, fort d’un appui politique bien précis, qui a fini par porter préjudice à tous ceux qui l’appuient ou le défendent. »

De son côté, Joseph Kossaïfi a fait paraître un communiqué reprochant à Fouad Ayoub d’avoir engagé son procès sans avoir usé des droits de mise au point et de réponse que lui accorde la loi sur les imprimés, seule instance de recours, selon lui, des différends concernant la presse.

Curieusement, M. Ayoub s’est apparemment contredit dans la journée en publiant un communiqué dans lequel il affirme que son recours en justice visait uniquement un groupe de professeurs qu’il accuse de le diffamer, mais soulignant « qu’il ne vise absolument pas un quelconque média ».


Falsification ?

L’une des bêtes noires de Fouad Ayoub, Issam Khalifé, professeur à la retraite de l’Université libanaise, a assisté à la réunion au siège d’an-Nahar. M. Khalifé avait notamment été entendu en 2018 par le bureau de lutte contre la cybercriminalité, dans le cadre d’une plainte en diffamation déposée par M. Ayoub. Il a donc évoqué à nouveau hier la question de la falsification du diplôme de médecin légiste que le recteur affirme détenir et rappelé que c’est un collègue de M. Ayoub, Imad Mohammad Husseini, médecin légiste, qui avait présenté à la justice tous les documents nécessaires prouvant le faux et l’usage de faux dans le dossier professionnel constitué par M. Ayoub.

Selon une autre source bien informée, l’enquête judiciaire n’a jamais abouti et les poursuites n’ont jamais eu lieu. Elle évoque des pressions politiques exercées pour geler le dossier et faire en sorte qu’aucun jugement ne soit rendu dans cette affaire.

Pour sa part, Me Naoum Farah, avocat de la LBCI, dont le PDG Pierre Daher assistait à la réunion, a notamment soulevé, dans une note adressée au juge des référés dont L’Orient-Le Jour a pu avoir copie, que la Constitution libanaise consacre la liberté d’opinion et d’expression. M. Farah a même parlé de « l’obligation d’informer », en particulier pour tout ce qui concerne les agents publics.


Pour mémoire 

Issam Khalifé entendu encore une fois dans l’affaire du recteur de l’UL

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gaby sioufi

pour confronter le mec, pardon pour aboutir a la verite vraie,
il suffirait d'obtenir les notes, les transcriptions de presence a l'universite au cours des annees d'etudes de ce mr, faire témoigner les professeurs ET eleves de cette meme periode.... FACILE a faire....FACILE A CONFONDRE LES MENTEURS/MENSONGES /

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