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Seize jeunes Afghanes bénéficient d’une bourse d’études à l’AUB

ÉDUCATION AU LEADERSHIP

Grâce à une bourse d’études complète de premier cycle, les étudiantes entament leur première année à l’université, dans le cadre du programme « Éducation pour le leadership dans les situations de crise ».

05/10/2019

Éducation pour le leadership dans les situations de crise. Elles ont entre 17 et 21 ans, ces seize étudiantes afghanes, accueillies à l’Université américaine de Beyrouth. Sélectionnées parmi 400 jeunes candidates, aux quatre coins de l’Afghanistan, elles bénéficient d’une bourse d’études complète de premier cycle, couvrant les frais de scolarité, d’hébergement, de repas et de voyages internationaux, pendant quatre ans. « Être sélectionnée afin d’étudier à l’AUB gratuitement a été, en soi, synonyme de réussite, se réjouit Nasreen Azizi, 19 ans, originaire de Ghazni. Cela m’a encouragée à me donner davantage. J’étais optimiste pour mon futur. » Venant de la province de Parwane, sa camarade, Nargis Naseri, ajoute : « Depuis que j’étais à l’école, je rêvais d’étudier à l’étranger, dans une université bien classée, d’acquérir une éducation de qualité et d’aller au-delà des frontières », explique cette étudiante de 17 ans, évoquant la joie et la fierté ressenties, mais aussi le sentiment d’angoisse à l’idée de quitter son pays et sa famille. D’ailleurs, ce sentiment, la plupart des candidates sélectionnées l’ont éprouvé, comme Sadia Hofiani, 17 ans, elle aussi de Parwane : « L’un des défis a été d’être loin de mes parents et de devoir me débrouiller seule. » Cependant, une fois ces jeunes sur place, l’appréhension s’est vite dissipée grâce à l’accueil de l’équipe de l’AUB et au programme d’inclusion préparatoire auquel elles ont participé en été.C’est en partenariat avec une ONG afghane locale (Women for Afghan Women) que l’AUB lance le programme « Éducation pour le leadership dans les situations de crise (ELC) », ce programme de bourses au mérite destiné aux femmes afghanes et financé par le département d’État américain, section des affaires publiques de l’ambassade des États-Unis à Kaboul. « Les jeunes femmes ont beaucoup moins d’opportunités que leurs homologues masculins, et l’enseignement supérieur pour les femmes est un moyen d’améliorer les communautés », affirme Carmen Geha, directrice du programme et professeure adjointe au département d’études politiques et d’administration publique. Un concept qui a eu des échos, vu le nombre de candidatures venant de tout l’Afghanistan. D’ailleurs, Shafiqa Hussaini, originaire de la province de Bamiyan, le confirme : « C’est une opportunité en or, non seulement pour moi mais pour les femmes afghanes aussi, d’avoir la possibilité de bénéficier d’une bourse complète à l’AUB. Je n’ai pas les moyens de venir ici sinon », confie cette Afghane de 20 ans.


Après les études, s’investir dans son pays

Basé sur le mérite, le programme ELC est axé, par ailleurs, sur trois critères auxquels devaient répondre les candidates : leur résultat académique, leur potentiel de leadership et leur volonté de retourner en Afghanistan pour jouer un rôle dans les différents types de crises. « Par crise, on ne signifie pas nécessairement la crise sécuritaire en Afghanistan, mais aussi les crises personnelles, éducatives ou celles liées aux problèmes des femmes dans leur région », clarifie Carmen Geha.

En effet, pour ces jeunes Afghanes, effectuer ses études à l’AUB est un passeport qui leur permettrait d’atteindre leurs objectifs, une fois rentrées chez elles. « J’ai pensé à mon futur, aux changements que je pourrais apporter durant les prochaines années, dans ma communauté, et ceci m’a incitée à persévérer », avoue Nargis.

Ainsi, pensant déjà aux besoins de son pays, chacune de ces jeunes Afghanes est déterminée à se spécialiser dans une discipline qui pallierait les problèmes posés. « Les femmes afghanes sont talentueuses, elles ont le potentiel d’être les meilleures, mais personne ne les soutient ni les motive pour transformer leur rêve en réalité. Mon rêve est ainsi d’étudier les sciences politiques pour les aider à surmonter les défis et à croire en leurs aptitudes et leurs connaissances », assure Shafiqa Hussaini. D’ailleurs, le domaine des sciences politiques attire également Nasreen qui rappelle que le président d’Afghanistan, Ashraf Ghani, est un ancien de l’AUB : « Je l’ai toujours considéré comme un modèle ! » lance-t-elle.

Quant à Palwasha Popal, 19 ans, originaire de Kandahar, elle souhaite étudier la gestion, vu la mauvaise situation économique de son pays : « On n’a pas de grandes entreprises dirigées par des femmes. Je rêve de devenir une femme d’affaires prospère ! » Comme elle, Zahra Ahmadi, 18 ans, venant de Parwane, souhaite percer dans ce domaine : « Dans notre pays, les femmes n’exercent pas vraiment la gestion. J’ai voulu figurer parmi les premières qui changeront la donne. » La femme dans le monde des affaires préoccupe aussi Maryam Sadr. « En Afghanistan, les femmes sont créatives, mais elles ont besoin qu’on leur présente des opportunités pour qu’elles développent leurs idées, deviennent entrepreneuses et gagnent leur vie. Je souhaite étudier l’économie pour leur fournir ces opportunités », espère cette Afghane de Kaboul, du haut de ces 17 ans.

En outre, les sciences informatiques représentent une autre discipline qui répond aux besoins de l’Afghanistan, selon Nargis. « Je sais que je ne serais pas en mesure de résoudre tous les problèmes, mais l’un des problèmes majeurs de l’Afghanistan est la corruption. Et je pense qu’informatiser le système pourrait diminuer le problème et résoudre une petite partie de celui-ci », assure-t-elle.

Finalement, ce qui caractérise ces jeunes étudiantes, c’est leur motivation, leur persévérance et leur volonté de contribuer à l’amélioration de la situation des femmes afghanes. Et comme le dit si bien Nasreen, « le changement commence de l’intérieur. Si nous voulons changer le monde, nous devons en premier lieu changer notre état d’esprit. Lorsque nous voulons nous améliorer, nous devons accepter les risques, et aller de l’avant ! »



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