Arabie saoudite

Choc et colère après les attaques contre Aramco

L’attentat intervient à la veille de la fête nationale et alors que l’introduction en Bourse d’Aramco était « imminente ».

Capture d'écran montrant de la fumée se dégageant d'un site d'Aramco à Abqaiq. Photo AFP

« Un désastre. » À Riyad, le mot est sur toutes les lèvres. C’est aussi celui qu’utilisent les proches de la cour saoudienne pour qualifier l’attaque samedi contre les installations d’Aramco d’Abqaiq et Khurais, situées à quelques encablures de Dammam, non loin de la frontière koweïtienne et du Bahreïn. Deux stations qui à elles seules assurent la moitié de la production nationale de brut.

Le timing de cette attaque est particulier, car l’Arabie s’apprêtait à célébrer en grande pompe la fête nationale du 23 septembre – le gouvernement ayant décrété cette année, à cette occasion, deux jours de congé au lieu d’un seul.

De plus, l’attaque contre Aramco s’est produite alors que la veille au soir, la presse saoudienne annonçait l’introduction « imminente » de la société en Bourse. Comme chaque année à l’occasion de la fête nationale, les autorités profitent en effet de l’occasion pour faire de grandes annonces, et c’est peut-être ce qu’elles prévoyaient de faire avant l’attaque de samedi. Hier, la presse locale l’annonçait, l’opération d’introduction va vraisemblablement être « ajournée ». Ce n’est rien de moins que la dignité et la crédibilité du pays qui viennent de s’envoler en fumée en l’espace d’une nuit. Car même si Riyad se veut rassurant quant à l’impact de l’attaque sur la production et l’approvisionnement mondial en pétrole et gaz naturel, il n’en reste pas moins que sa vulnérabilité en termes de sécurité énergétique a été exposée au grand jour. Il n’est donc plus possible, pour l’establishment saoudien, de rester les bras croisés face à une telle agression.


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Gagner du temps
Pour le moment, « l’enquête » menée par Riyad pour faire toute la lumière sur cette attaque lui permet, surtout, de gagner un temps précieux afin de plancher, avec les alliés régionaux et internationaux, sur la suite à y donner.

Sur le plan interne, l’expectative est donc de mise, et la peur désormais réelle. La famille royale qui avait prévu, comme chaque année à la fin de l’été, de quitter Djeddah pour retrouver ses quartiers à Riyad, a pour le moment ajourné ses déplacements jusqu’à la semaine prochaine.

De source proche de la cour, on affirme qu’il n’y a désormais pas d’échappatoire à une riposte, le tout étant d’en déterminer la nature et l’envergure. Les regards sont à présent rivés sur les élections israéliennes dont les résultats seront de nature à déterminer la réponse saoudienne, ajoute la source citée.

Hier, en fin de soirée, un hashtag prenait Twitter d’assaut, « l’empreinte iranienne derrière l’attaque d’Abqaiq », repris par des centaines de Saoudiens. Une volonté des autorités de préparer l’opinion publique à une éventuelle offensive contre l’Iran ou ses milices satellites ? Difficile de l’affirmer, surtout parce que le pays n’a pas fini de s’enliser dans le bourbier que représente la guerre au Yémen.


(Lire aussi : MBS et le retour de flammesle commentaire d'Anthony SAMRANI)


Changement d’échelle
Lorsqu’en mai dernier, l’aéroport d’Abha et de La Mecque avaient tous deux été la cible de missiles en provenance du Yémen, Riyad avait délibérément choisi de faire le dos rond et s’est contenté de riposter au Yémen. Mais, cette fois, l’échelle de l’affrontement a clairement changé. Malgré une volonté palpable, dès les premières heures de samedi, de museler les réseaux sociaux, il était difficile de taire un événement de cette ampleur, qui impacte aussi violemment l’économie mondiale et sa sécurité énergétique.

Samedi matin, certains internautes continuaient d’affirmer que « les vidéos qui sont postées à propos d’un incendie à Aramco » sont « fausses » et qu’il ne se passe « rien » à Abqaiq. Plusieurs d’entre eux rappelaient également les amendes et les peines applicables par la loi en cas de diffusion de fausses informations. Mais les chaînes satellitaires mondiales ont tôt fait de s’emparer de l’information et de la repasser en boucle. Les Saoudiens sont à présent nombreux à poster des vœux « de sécurité » pour leur pays, à l’instar d’un certain Ahmad qui écrit : « Mon Dieu faites que ce pays demeure sûr. »


(Lire aussi : « Riyad se retrouve aujourd’hui piégé par la guerre au Yémen »)


Critiques
D’autres internautes s’insurgent de l’absence de réaction de leurs leaders, comme Nasser qui dit dans une vidéo à visage découvert que « les Saoudiens sont otages de leurs leaders, c’est eux qui nous empêchent de répondre à cette agression » et d’ajouter que la dignité de l’Arabie « ne peut être malmenée » et que cela est « inacceptable ». Les extrémistes ne manquent d’ailleurs pas de le rappeler, c’est très probablement le vent de libéralisation qui souffle sur le pays qui est à l’origine de ce désastre. Car, à en croire le site satirique sur Twitter, al-Tafrit (synonyme en arabe de gaspillage), « la majorité du budget de l’État est allouée à la Haute Autorité pour les loisirs au lieu d’être consacré à la défense » du territoire.

Le site va plus loin et critique le président de la Haute Autorité lui-même, Turki el-Cheikh, pour avoir dans un tweet minimisé les attaques d’Abqaiq et Khurais en affirmant que le pays « est en sécurité grâce à Dieu ».

La colère et l’amertume des Saoudiens est palpable. Ils sont toutefois peu nombreux à se faire des illusions sur la possibilité de sortir la tête haute de cette confrontation avec l’Iran qui semble désormais inévitable. Basilspics estime ainsi que « l’attaque est un 11 septembre dirigé cette fois contre l’Arabie » et que le président américain Donald Trump ayant décidé de « vendre son pétrole au monde entier et il se peut même que l’Arabie en achète aussi. Ce qui signifie que nos pertes sont doubles ».

« Attention, ô traître, la sécurité du royaume d’Arabie saoudite est une ligne rouge », martèle de son côté, comme en guise d’avertissement, un autre internaute sur Twitter.


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commentaires (3)

C,EST UNE AGRSSION IRANIENNE CONTRE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE CAR ELLE AFFECTE LE COMMERCE ET LE TRANSPORT MARITIME ET L,ECONOMIE MONDIALE ENORMEMENT.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

13 h 05, le 17 septembre 2019

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Commentaires (3)

  • C,EST UNE AGRSSION IRANIENNE CONTRE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE CAR ELLE AFFECTE LE COMMERCE ET LE TRANSPORT MARITIME ET L,ECONOMIE MONDIALE ENORMEMENT.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    13 h 05, le 17 septembre 2019

  • Si il ya bien quelque qui redoute une guerre avec L'IRAN NPR, c'est bien et avant tout le bensaoud. Ce larbin a encore plus la pétoche que son maître yanky , face aux armes MADE IN IRAN , il ne peut que opposer de la quincaillerie made in usa qui montre ses limites à chaque claque qu'il reçoit au Yémen et ailleurs . QUE LES BENSAOUDS N'ÉCOUTENT QU'EUX ET LEURS INTÉRÊTS PROPRES ET AILLENT TOQUER À LA PORTE DE LA NPR IRAN , LES SUPPLIER DE LES LAISSER SORTIR DU YÉMEN AVEC CE QU'ILS LEUR RESTE DE DIGNITÉ HUMAINE . LES RUSSES LEURS PROPOSENT DES S400, IMAGINEZ QU'ILS EN COMMANDENT COMME LA FAIT UN AUTRE LARBIN EN TURQUIE , LES YANKYS PASSERONT DU STATU D'ENCERCLEUR A ENCERCLÉ. L'IRAN NPR EN A ENCORE PLUS SOUS LA SEMELLE ET N'A MONTRÉ QUE CE QU'ILS VEULENT BIEN FAIRE VOIR .

    FRIK-A-FRAK

    12 h 53, le 17 septembre 2019

  • L AS n a pas d autre option que de declarer la guerreca l IRAN et l on verra bien qui gagnera....cela fait logtemps que ces deux dictatures siamoises ont envie d en decoudre.

    HABIBI FRANCAIS

    11 h 24, le 17 septembre 2019