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Un étudiant libanais à la NASA

STAGES

Georges Kanaan, stagiaire libanais à la NASA, a consacré son été à monter un outil de gestion de la nouvelle génération de protocoles pour réseaux informatiques appliqué à la communication intersatellite.

Karine HAYEK | OLJ
14/09/2019

« Ce qui m’a aidé à obtenir un stage à la NASA, c’est mon CV bien fourni ; car c’est depuis l’âge de 14 ans que je fais des stages en informatique. » C’est ainsi que Georges Kanaan, 20 ans, explique l’obtention d’un stage d’une durée de 2 mois et demi au centre aérospatial de la NASA, au campus du Goddard Space Flight Center dans l’État du Maryland, aux États-Unis. « Je ne peux pas dire que c’est un rêve qui se réalise. Je n’ai jamais rêvé de devenir astronaute. Je cherchais un stage qui puisse me permettre d’appliquer ce que j’ai appris en sciences informatiques aux sciences de la Terre et aux sciences planétaires ; je suis très sensible aux questions de réchauffement climatique », précise cet ancien de l’International Collège (IC) de Beyrouth qui poursuit actuellement une licence en sciences informatiques à l’université de Toronto, au Canada. Parmi les milliers de candidatures pour un stage à la NASA, 400 jeunes hommes et femmes ont été acceptés, dont Georges Kannan, le seul en provenance de l’université de Toronto, et l’unique Libanais à être sélectionné. Rien de surprenant pour ce jeune homme féru de programmation et passionné d’informatique qui a créé, à tout juste 13 ans, un jeu ludique pour smartphone « Mémé jump », et à l’âge de 15 ans, une application – téléchargée plus d’un million de fois – permettant de modifier les paramètres du téléphone portable.



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« On se sent comme dans un film »
Le jeune stagiaire libanais, qui possède également la nationalité américaine – un prérequis pour être accepté comme stagiaire à la NASA – a effectué son stage à la division SCaN pour communication et navigation spatiales (Space Communications and Navigation). « Mon stage s’est déroulé sur le campus principal de la NASA, il accueille des milliers de personnes, des chercheurs, des astrophysiciens, des géologues... », poursuit Georges Kanaan. Selon le jeune homme, ce centre a trois fonctions. On y construit des satellites pour l’étude de la Terre ; on y gère les communications de la NASA, et enfin on y effectue des recherches sur les informations que la NASA collecte de l’espace. Dans ce contexte, le travail du jeune homme consistait à monter un outil de gestion de la nouvelle génération du protocole pour réseaux informatiques appliqué à la communication intersatellite.

Travaillant en équipe avec d’autres stagiaires, l’étudiant était encadré par un mentor qui lui donnait quotidiennement, dès son arrivée, « à 9h précises », les instructions à suivre pour la matinée. Dans l’après-midi, après une pause déjeuner, Georges exécutait les tests du code qu’il avait travaillé l’avant-midi.

« Le moment le plus intense de mon stage a été la visite de ce que l’on appelle MOC, le centre d’opération de la mission, l’endroit d’où l’on contrôle le satellite. On s’y sent comme dans un film : un écran géant, des centaines d’ordinateurs avec autant de personnes derrière et le satellite qui montre sa position par rapport à la Terre. C’est là où j’ai senti que je vivais une expérience intense. J’ai compris la chance que j’avais de voir ces diverses machines qui testent et simulent l’environnement spatial. C’est à couper le souffle ! » s’enthousiasme-t-il, en se remémorant cette expérience enrichissante.

Aujourd’hui, son objectif est l’apprentissage automatique (AA). « J’aimerais poursuivre mon master en l’AA et en science planétaire ou science cognitive. Par exemple, à travers la classification automatisée d’informations scientifiques, ou aussi le développement de nouveaux réseaux neuronaux inspiré par ceux du cerveau. » Toujours positif, Georges, ou « Gio » pour ses proches, se voit revenir au Liban dans les dix prochaines années, estimant que le pays a besoin de jeunes qui mettent leurs expériences à son service. « J’y ai de la famille, des amis, dit-il encore. Mon parcours, je le dois à l’amour de mon entourage et à ma formation scolaire qui fut exceptionnelle ! »


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