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Liban

Le Conseil des ministres donne gain de cause à Abousleiman

Main-d’œuvre étrangère

Le gouvernement forme un comité de suivi du plan du ministère du Travail. « C’est une victoire éclatante pour l’État de droit », se félicite le ministre.

Nada MERHI | OLJ
23/08/2019

Le ministre du Travail, Camille Abousleiman, a finalement eu gain de cause. Contrairement à toutes les attentes, le Conseil des ministres, réuni hier à Beiteddine, a décidé de former un comité ministériel de suivi du volet palestinien dans le cadre du plan du ministère du Travail visant à réguler la main-d’œuvre étrangère, alors que pendant plusieurs semaines, avec les mouvements de protestation des Palestiniens qui s’opposaient à l’application de cette loi, il a été question de geler cette décision par le cabinet. Présidé par le Premier ministre Saad Hariri, ce comité compte les ministres Camille Abousleiman, Akram Chehayeb, Salim Jreissati, Mahmoud Comati et Youssef Fenianos.

« C’est une victoire éclatante pour l’État de droit », se félicite M. Abousleiman, qui explique à L’Orient-Le Jour que diverses parties politiques ont exercé des pressions sur lui pour qu’il arrête les mesures affectant les Palestiniens. Mais celles-ci se sont heurtées à un refus catégorique de la part de M. Abousleiman qui a réitéré qu’il appliquait la loi, qu’il ne prenait aucune mesure contre les Palestiniens et qu’il ne pouvait pas suspendre l’application de la loi en privilégiant les étrangers aux Libanais.


(Lire aussi : Les réfugiés palestiniens, cet épouvantail qu’« on » agite...)


Depuis l’entrée en vigueur, le 11 juillet dernier, du plan de travail élaboré par le ministre du Travail pour appliquer la loi sur la main-d’œuvre étrangère illégale, certaines parties palestiniennes s’opposent à cette mesure, estimant que cette campagne ne doit pas englober les Palestiniens « vu la particularité de leur présence au Liban, puisqu’ils sont des réfugiés et non des (expatriés) étrangers ». Des manifestations en guise de protestation ont été organisées, notamment dans le camp de Aïn el-Héloué.

« Ce qui était étonnant, poursuit M. Abousleiman, c’est que lorsque le ministre Chehayeb a proposé la formation de ce comité, Mahmoud Qmati (membre du Hezbollah, parti qui avait jusqu’à une période récente appelé à un “compromis réaliste” sur la question de l’emploi illégal de la main-d’œuvre étrangère) a déclaré que je ne faisais rien de faux, que je ne fais qu’appliquer la loi et que je n’ai pas pris de décision à l’encontre des Palestiniens. Il a dit que le problème était dans la loi et qu’il fallait la changer. Personne n’a parlé de geler ma décision. » M. Abousleiman a confié avoir « accueilli favorablement la formation de ce comité » de suivi, affirmant qu’il poursuit l’application de la loi. « On a gagné la bataille », conclut-il.


(Lire aussi : Emploi des Palestiniens : le ministre Abousleiman remet le gouvernement à sa place)


Grèves à Aïn el-Héloué et Tyr
Parallèlement à la tenue du Conseil des ministres, les mouvements de protestation palestiniens se sont poursuivis hier. À Aïn el-Héloué, une grève générale a été observée. Toutes les entrées menant au camp ont été fermées et « une marche de colère » a été effectuée.

À Tyr également, une grève générale a été observée dans les camps palestiniens où les entrées qui y mènent ont totalement été fermées. Les manifestants ont appelé le gouvernement libanais à « annuler la décision du ministre du Travail, puisque la loi sur la main-d’œuvre étrangère qui vient travailler au Liban volontairement ne s’applique pas au peuple palestinien ». Les manifestants ont également appelé le gouvernement libanais à traiter les Palestiniens comme des réfugiés en attendant qu’ils rentrent dans leur pays. Ils ont affirmé en outre que les Palestiniens ne sont pas venus au Liban « à la recherche d’un travail ». « Notre peuple a le droit de vivre dignement jusqu’à ce qu’il rentre en Palestine », ont scandé les manifestants.

À Beyrouth, le Parti social nationaliste syrien et le rassemblement des groupes de jeunes Palestiniens ont observé un sit-in devant le siège du ministère du Travail pour protester contre la décision du ministre Abousleiman et appeler le gouvernement à tenir ses promesses en la gelant.


Lire aussi
La question du permis de travail des Palestiniens bientôt aux mains du gouvernement

Lettre ouverte de Camille Abousleiman à ses détracteurs


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Marie Claude

ENFIN!! Bravo!
Tous les refugiés,allez chez vous!On ne vous retient pas. Mais ici,c est chez moi et vous faites comme moi alors!!

Irene Said

Une partie de la population est tellement habituée, depuis des années, à vivre dans l'anarchie, qu'elle n'arrive pas à admettre...qu'il y ait brusquement un Etat et des lois du travail appliquables à tous, même aux Palestiniens et Syriens vivant et travaillant chez nous.
Sans oublier certains Libanais qui profitent largement de ce système anarchique !
Irène Saïd

Tabet Karim

Enfin un ministre hors norme, intègre, travailleur, qui oeuvre pour le bien de son pays et non pour ses intérêts personnels. Une dizaine d'hommes de la même trempe suffirait à insuffler un brin d'espoir à ce pays et à le faire avancer dans la bonne direction, avec l'appui des Libanais, toutes categories et confessions confondues.

NAUFAL SORAYA

Bravo!

ON DIT QUOI ?

Le hezb n'était pas contre la loi , on le voit bien .

Il demandait de l'adapter à une situation provoquée par le pays de l'usurpation.

Elle est passée, c'est bon pour le Liban.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

UNE BONNE RESOLUTION EN FAVEUR DU MINISTRE ABOU SLEIMANE.

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