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La psychanalyse, ni ange ni démon

L’hystérie – 6 –

Comme nous l’avons vu avec le Mythe de l’utérus baladeur, inventé par les Grecs et les Égyptiens (500 av. J-C) dans lequel l’utérus de l’hystérique se balade dans son corps à la recherche du sperme dont elle manque, et ce faisant comprime les différents organes, provoquant les différents symptômes hystériques, depuis toujours, l’hystérie est liée au sexe.

Par la suite, cela n’a pas échappé aux grands connaisseurs de l’hystérie comme le célèbre neuropsychiatre Jean-Martin Charcot (1825-1893), le médecin Joseph Breuer (1842-1825) et le gynécologue Rudolph Chrobak (1843-1910). Les trois ont influencé Freud en affirmant devant lui le rapport de l’hystérie avec la sexualité. Charcot disait : « Mais dans des cas pareils, c’est toujours la chose génitale, toujours... toujours... toujours » ; Breuer : « Il s’agit toujours de secrets d’alcôve » ; et Chrobak : « Penis normalis, dosim repetatur ». Ce dernier « prescrivait » aux maris des hystériques des rapports sexuels réguliers pour les guérir.

Depuis le début de la médecine, l’hystérique se présente au médecin comme une femme révoltée contre l’ordre patriarcal et en mal d’identité sexuelle. Mais la question de la maternité est toujours là. Car si dans le mythe de l’utérus baladeur, l’utérus de l’hystérique part à la recherche de sperme, c’est autant pour le coït lui-même dont elle manque que pour la procréation. La clinique le prouve. Bien avant la psychanalyse, les psychiatres et les gynécologues ont reconnu que lorsque l’hystérique tombait enceinte, ses symptômes disparaissaient. J’ajouterai : parce qu’enfin, elle peut démontrer qu’elle est une bonne mère.

Qu’est-ce qu’une femme, qu’est-ce qu’une mère ? Une femme peut-elle être femme et mère en même temps ? Une femme peut-elle jouir de son corps et laisser l’autre en jouir sans pour autant être une pute ? Si les fantasmes de viol et les fantasmes de prostitution sont très fréquents chez les hystériques, c’est parce qu’ils lui permettent de répondre : « Je n’y suis pour rien dans l’acte sexuel, j’ai été violée. » Si la prostituée incarne la figure de la jouissance interdite, à l’opposé, la mère incarne le sacrifice de la féminité sur l’autel de la maternité. Dans ses fantasmes, la mère hystérique s’attaque à ses propres enfants en laissant les autres enfants en paix. À l’opposé de la mère obsessionnelle.

Autres questions : une femme peut-elle laisser son compagnon jouir de son corps pendant qu’elle est enceinte ? Beaucoup de femmes hystériques, nouvellement enceintes, viennent à la psychanalyse avec ces questions : « Quelque chose pousse dans mon corps et me fait horreur. » Ou bien : « Je ne supporte pas que mon mari me pénètre, j’ai déjà quelque chose dans le ventre. » Une mère peut-elle laisser son nourrisson jouir de son corps une fois la fonction alimentaire remplie ? Beaucoup de femmes hystériques, nouvellement mères, viennent consulter avec cette autre question : « Je ne supporte pas que mon enfant continue à téter mon sein alors qu’il n’a plus faim. »

On le voit bien, le fantasme de la mauvaise mère ordonne beaucoup de questions, beaucoup de symptômes.

Mais, on le sait, la psychanalyse a permis aux symptômes hystériques de changer. On a, depuis 100 ans, moins vu de symptômes massifs à la Charcot, sauf dans quelques régions éloignées des villes. Nous n’avons plus de cécité hystérique et rarement des paralysies hystériques. Et les années soixante, années de luttes pour la libération de la femme, libération sexuelle entre autres, ont vu diminuer chez les femmes hystériques la fréquence de symptômes comme les pertes blanches, la douleur à la pénétration ou la frigidité : désormais, elles peuvent dire non à la pénétration quitte à frustrer leurs compagnons.


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