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Politique - Droit International

Épandage de glyphosate et militaires tués : le Liban porte plainte contre Israël auprès du Conseil de sécurité

« Le ciblage par Israël de militaires libanais compromet directement les efforts diplomatiques » avec l’État hébreu, écrit la diplomatie libanaise.

Épandage de glyphosate et militaires tués : le Liban porte plainte contre Israël auprès du Conseil de sécurité

Des secouristes de la Croix-Rouge libanaise, des membres de la Défense civile et des militaires de l'armée libanaise se rassemblent autour d'une dépouille recouverte après une frappe israélienne ayant visé un véhicule militaire sur la route de Khardali-Nabatiyé, le 6 juin 2026. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour

Le ministère libanais des Affaires étrangères a indiqué dimanche avoir déposé les 10 et 11 juin auprès du Conseil de sécurité de l'ONU deux plaintes contre Israël, la première pour « épandage de glyphosate » au Liban-Sud le 1er février, et la seconde pour le meurtre de trois soldats de l'armée libanaise le 6 juin ainsi que les « agressions israéliennes continues au Liban ». « Le ciblage par Israël de militaires libanais compromet directement les efforts diplomatiques » avec l’État hébreu, dénonce le ministère dans son communiqué.

La première plainte est « fondée sur un rapport préparé par le Conseil national de la recherche scientifique », sachant que « la Convention sur l'interdiction des armes chimiques prohibe l'utilisation d'herbicides comme moyen de guerre », relate le communiqué, cité par l'Agence nationale d'information (ANI, officielle). Le glyphosate est un herbicide toxique, ayant des conséquences graves sur la santé, les sols et les cultures. Les analyses chimiques et examens de laboratoire réalisés sur des échantillons de sol prélevés à Aïta el-Chaab (caza de Bint Jbeil), Ras Naqoura et Dhaïra (caza de Tyr) ont « confirmé l'utilisation de glyphosate à des concentrations élevées atteignant 22 750 microgrammes par gramme, un niveau largement supérieur aux taux habituellement enregistrés dans les sols agricoles après un usage direct de ce produit par les agriculteurs, lesquels varient généralement entre 0,5 et 2 microgrammes par gramme au maximum », rapporte le ministère.

Au moment de l'incident, les autorités libanaises, avaient dénoncé une « nouvelle violation du droit international », et avaient dit qu'elles préparaient une plainte auprès de l'ONU.

Le « ciblage » de soldats de l'armée

La seconde plainte, quant à elle, porte sur les « agressions israéliennes continues au Liban », et plus spécifiquement sur le « ciblage, le 6 juin 2026, par l'armée israélienne, d'un véhicule militaire de l'armée libanaise sur la route Kfar Tebnit-Khardali », dans le caza de Nabatiyé. Le communiqué rappelle que cette attaque a « entraîné la mort de deux officiers, de grades de général de brigade et de capitaine, ainsi que d'un soldat, alors qu'ils accomplissaient leur devoir national au Liban-Sud ». L'armée israélienne avait alors justifié son attaque en affirmant que le véhicule militaire se déplaçait de manière « suspecte » en direction des soldats israéliens près de Kfar Tebnit, dans une « zone de combat active ayant fait l'objet d'un ordre d'évacuation ».

Le ministère libanais a demandé aux Nations unies de « condamner cette attaque et de prendre les mesures immédiates nécessaires pour mettre fin à ces agressions répétées et garantir le respect de la Charte des Nations unies ainsi que des résolutions internationales pertinentes, y compris la résolution 1701 (2006). » Le Liban ajoute que le ciblage par Israël de l'armée libanaise « compromet directement les efforts diplomatiques » entre Beyrouth et Tel-Aviv, alors que les négociations directes entre les deux pays ont débuté en avril dernier, et « menace les démarches visant à renforcer l'autorité de l'État libanais et à étendre sa souveraineté sur l'ensemble de son territoire ».

Les plaintes soumises au Conseil de sécurité des Nations unies sont fondamentalement de nature politique et diplomatique, et ne sont pas des procédures judiciaires. Leur objectif principal est de documenter les incidents, d’exercer une pression et d’attirer l’attention de la communauté internationale sur ces questions. En fonction de la nature et de la gravité de la plainte, ainsi que de la volonté politique des membres du Conseil de sécurité, celui-ci peut réagir de plusieurs manières. Il peut notamment convoquer des réunions (publiques ou à huis clos), publier des déclarations officielles ou informelles ou, dans des cas plus rares, adopter une résolution. Cependant, la plupart des plaintes ne donnent lieu à aucune mesure concrète.

Le ministère libanais des Affaires étrangères a indiqué dimanche avoir déposé les 10 et 11 juin auprès du Conseil de sécurité de l'ONU deux plaintes contre Israël, la première pour « épandage de glyphosate » au Liban-Sud le 1er février, et la seconde pour le meurtre de trois soldats de l'armée libanaise le 6 juin ainsi que les « agressions israéliennes continues au Liban ». « Le ciblage par Israël de militaires libanais compromet directement les efforts diplomatiques » avec l’État hébreu, dénonce le ministère dans son communiqué.La première plainte est « fondée sur un rapport préparé par le Conseil national de la recherche scientifique », sachant que « la Convention sur l'interdiction des armes chimiques prohibe l'utilisation d'herbicides comme moyen de guerre », relate le...
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