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Liban

Agression contre une élue municipale : la décision de justice se fait attendre

Incident
15/08/2019

Gisèle Ibrahim Farès a 29 ans. Cette docteure en droit administratif, passionnée par la chose publique, a été élue haut la main au conseil municipal de la localité de Sarba dans le caza de Nabatiyé, au Liban-Sud. C’était en 2016. Une première pour une femme, dans cette région connue pour son attachement aux valeurs patriarcales. Mais il y a deux mois, un sérieux différend entre elle et le président du conseil municipal, E.H., a failli virer au drame, à l’issue de la réunion du conseil. La jeune femme avait émis des doutes sur des factures municipales qu’elle estimait gonflées. À elle seule, la facture de mazout indiquait 160 millions de LL pour un mois, ce qu’elle jugeait excessif pour un village d’à peine 800 âmes. Mais le président du conseil municipal lui a refusé le droit de prendre en photo le procès-verbal des réunions du conseil municipal et les factures litigieuses, afin de les étudier de plus près. Une violente altercation verbale a suivi, ponctuée de cris et d’insultes, relayée par message audio par la télévision al-Jadeed TV sur son site web et reprise par les réseaux sociaux.

On y entend les voix supposées de Mme Farès et de E.H. La dispute tourne autour du droit de regard sur le procès-verbal. « Moi seul j’ai ce droit. Et vous, contentez-vous d’émettre des commentaires et de signer », lui a-t-il ordonné. Face au refus de la jeune femme qui défend ses droits, le ton monte rapidement. Gisèle Farès hurle, semble se défendre, appelle au secours. Une autre élue, qui assiste à la scène, crie aussi, tente de défendre sa collègue et tance vertement le président du conseil qui déballe son flot d’insultes, en l’exhortant de cesser de frapper la jeune femme.

Une élue peut-elle s’opposer à un élu ?

« Dès le jour de l’incident, la victime a porté plainte. Parce qu’il est inadmissible qu’elle soit battue à cause d’une facture, dans le cadre de son travail municipal. Et qui plus est, il est de son droit de s’opposer. » C’est ce qu’indique à L’Orient-Le Jour une personne proche de la jeune élue, qui préfère garder l’anonymat. « Ce n’est pas la première fois que ce président de conseil municipal agresse sa collègue pour cause de désaccord », révèle-t-elle. Et d’ajouter que la première fois, l’incident s’est limité à une agression verbale. « Peu de temps après, E.H. a présenté ses excuses. Mais cette fois, les choses ont pris une tournure grave. Il a frappé Gisèle. Il l’a jetée sur une chaise. Il l’a giflée à maintes reprises en lui tenant les mains pour ne pas qu’elle se défende. À tel point qu’elle en a eu le visage tuméfié. Ce qu’a d’ailleurs constaté le médecin légiste », poursuit la source.

Comment se porte aujourd’hui la victime ? « Elle récupère et s’est mariée le week-end dernier. Mais le choc était dur », fait remarquer la personne contactée. « Et puis l’inquiétude ne quitte pas ses proches, même s’ils ont confiance dans la justice. Non seulement il aurait pu tuer la jeune femme, mais il continue de proférer des menaces à son encontre et de dire tout haut qu’il a l’intention de la tuer s’il la croise », souligne la source. Dans l’attente que « la justice se prononce enfin » et « prenne la chose au sérieux », une question demeure entière : « Une élue peut-elle s’opposer à un élu sans risquer des représailles ? » demande-t-elle.

Également contacté par L’OLJ, le président du conseil municipal affirme dans un premier temps que « le dossier est entre les mains de la justice » et qu’il « ne peut donner aucune information sur l’affaire ». Soucieux toutefois d’utiliser son droit de réponse, il souligne que « l’affaire telle que présentée ne reflète pas la réalité ». « Ce sont des mensonges », lance-t-il, précisant que le procès-verbal de la réunion du conseil municipal est enregistré. « C’est moi qui ai été agressé », conclut-il, refusant d’en dire plus.


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Salim Dahdah

En matière de "Procédure", le Ministère de l'Intérieur saisi de ces différents incidents, et en attendant que la Justice ne donne son verdict, n'a-t-il pas la possibilité de geler provisoirement les activités administratives du Président de la dite municipalité et demander au Conseil Municipal de choisir un remplaçant à ce dernier, pour cette période transitoire...?

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

HOMME OU ANIMAL ? ON PEUT LE JUGER.

NAUFAL SORAYA

Belles manières... Ca fait plaisir...

Pourquoi donc le protéger en taisant son nom????

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